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M. Ayrault reçoit de jeunes dirigeants français et américains

Published on 6 juillet 2016
Réception par le ministre des Affaires étrangères et du Développement international de la nouvelle promotion des "Young Leaders" de la French-American Foundation.

spip_logoJean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, a reçu la nouvelle promotion française des "Young Leaders" ce mardi 7 juillet au Quai d’Orsay.

Jean-Marc Ayrault a félicité les jeunes sélectionnés pour l’excellence de leur parcours et leur volonté de contribuer au développement des relations franco-américaines. Il a salué l’action de la "French-American Foundation", qui est depuis quarante ans au service du renforcement de l’amitié franco-américaine.

Ce programme vise à développer les liens entre jeunes personnalités américaines et françaises appelées à jouer un rôle important dans les relations transatlantiques. Une vingtaine de jeunes, français et américains, sont sélectionnés chaque année par un jury en France et aux États-Unis. Plus de 400 membres ont pris part à ce programme depuis sa création en 1981.
Personnalités ayant participé au programme « Young Leaders »

Parmi les anciens « Young Leaders » américains, on compte de nombreuses personnalités. Le président Bill Clinton, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, les sénateurs Evan Bayh et Bill Bradley, le général Wesley Clark, le chef de cabinet de la Maison Blanche Joshua Bolten, le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, le cinéaste oscarisé Charles Ferguson et les chefs d’entreprise Frank Herringer (Transamerica Corporation) et John Thain (CIT Group).

Côté français, plusieurs « Young Leaders » servent dans le cabinet du président français François Hollande, lui-même « Young Leader » en 1996 : Pierre Moscovici (1997), Arnaud Montebourg (2000), Najat Vallaud-Belkacem (2007), Emmanuel Macron (2012), Fleur Pellerin (2012). Les participants français incluent également l’ancien Premier ministre Alain Juppé, l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse, et plusieurs chefs d’entreprise, y compris Henri de Castries (AXA), Alexandre de Juniac (Air France-KLM), Michel Combes (Alcatel-Lucent), Frédéric Lemoine (Wendel), Anne Lauvergeon (ancien président-directeur général d’AREVA), et Michel Bon (ancien PDG de France Télécom).

Le discours du ministre

Mesdames et Messieurs,

Merci d’être là, nombreuses et nombreux à l’occasion de la nouvelle promotion des « Young Leaders » de la French American Fondation.

Tout d’abord, toutes mes félicitations aux lauréats qui vont se présenter tout à l’heure. Vous n’êtes pas là par hasard, vous le savez, vous avez été sélectionnés pour l’excellence de vos parcours, pour votre potentiel et votre volonté de contribuer aux relations franco-américaines. Donc, évidemment, tous ceux qui sont là comptent sur vous et bien d’autres aussi.

Cette relation avec les États-Unis - vous le savez, nous sommes ici au Quai d’Orsay - est l’un des piliers de notre politique étrangère. Nos deux pays sont alliés et ils le sont depuis la création des États-Unis. Nous devons, c’est notre responsabilité, préserver ce patrimoine commun, mais surtout le développer.

Il y a aussi un autre lien transatlantique qui est également indispensable, c’est le lien entre l’Union européenne et les États-Unis. La décision du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne ne doit pas aboutir à fragiliser cette alliance et cette relation. En tout cas, c’est l’intention de la France d’y veiller scrupuleusement.

Depuis sa création, la French American Fondation est un partenaire précieux de ce ministère. Je remercie son équipe, dont le président Arnaud de Puyfontaine qui nous dira aussi quelques mots, et le président d’honneur, Jean-Luc Allavena, pour leur engagement constant.

Vous conduisez beaucoup d’initiatives et vous le faites en lien avec une institution soeur, celle de New York, qui constitue une vraie contribution au développement des relations franco-américaines. Ce ne sont pas des propos de circonstances. Effectivement, je pense qu’à travers cet investissement humain, quelque chose de plus se produit qu’il faut à tout prix préserver.

Cette fondation a été lancée il y a quarante ans par deux présidents : le président Gerald Ford et le président Valéry Giscard d’Estaing. C’était à l’occasion du bicentenaire de la déclaration de l’indépendance américaine. Les personnalités à l’origine de ce projet voulaient alors donner un nouveau souffle aux relations franco-américaines en renforçant le dialogue entre la France et les États-Unis.

Nous avons eu plusieurs occasions de célébrer l’ancienneté et la solidité de l’amitié franco-américaine.

Le 6 juin 2014, le président Hollande et le président Obama ont commémoré, côte-à-côte en Normandie, le 70e anniversaire du débarquement alliés. J’étais présent et j’étais très ému par cette cérémonie, comme tous ceux qui y ont assisté. Voir arriver sur les grands écrans les personnalités à la tête des grands pays du monde, surtout après la crise ukrainienne au sujet de laquelle nous étions soucieux de ce qui allait se produire ; c’était la première atteinte au respect des frontières depuis la seconde guerre mondiale en violation d’ailleurs des accords d’Helsinki signés par les parties concernées. Effectivement, ce jour-là, il s’est passé quelque chose. Tous étaient présents : le Russe, l’Américain, l’Ukrainien. C’est de là qu’est née le Format Normandie où la France et l’Allemagne ont désormais la responsabilité de faire avancer la mise en oeuvre des accords de Minsk. Je puis vous dire que c’est difficile. Nous en reparlerons d’ailleurs vendredi et samedi à l’occasion du sommet de l’OTAN où le président américain sera aussi présent. Ce sont des moments essentiels qui montrent que les circonstances peuvent aider à faire avancer les grandes causes même si c’est difficile.

L’année dernière, il y a eu cette belle réplique de l’Hermione qui a rejoint les États-Unis depuis la France, rappelant la traversée effectuée en 1780 par Lafayette pour prêter main forte aux insurgés de la guerre d’indépendance. Il y a d’ailleurs une exposition en ce moment au château de Versailles.

Aujourd’hui, Chers « Young Leaders », c’est aussi à vous qu’il revient de faire vivre les valeurs qui fondent l’amitié franco-américaine. C’est à vous qu’il appartient de contribuer à l’approfondissement des liens entre nos deux pays. Vous pourrez certainement vous inspirer de vos illustres prédécesseurs puisque le programme des « Young Leaders » compte parmi ses anciens lauréats le président de la République française, François Hollande et un ancien président des États-Unis, Bill Clinton, et qui sait peut-être, une future présidente des États-Unis en la personne d’Hillary Clinton. Bonne chance !

Ils sont d’ailleurs aussi représentés au Quai d’Orsay puisque le secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, Matthias Fekl, est lui-même lauréat de la promotion 2013, c’est vraiment récent. Plus largement, d’autres membres du gouvernement sont concernés : je pense à Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem et Emmanuel Macron. Dans tous les cas, grâce à votre talent mais aussi à la diversité de votre parcours, vous nous en direz quelques mots.

Vous pourrez, j’en suis sûr, contribuer chacun dans votre domaine à une meilleure compréhension réciproque et à un rapprochement des points de vue entre nos deux pays. Nous avons beaucoup de choses en commun mais nous avons aussi beaucoup de différences qui sont liées à la formation de nos nations et à l’Histoire. Mais pour mieux comprendre et pour mieux décider, nous avons besoin de mieux nous connaître, et ces échanges sont pour moi essentiels. Même quand les points de vue ne se rapprochent pas toujours, le débat, parfois vif est toujours enrichissant, passionnant, fécond et nécessaire. Vos idées sont donc les bienvenues pour nourrir cette relation franco-américaine et c’est bien entendu dans le champ politique aussi que nous devons la poursuivre.

Le partenariat franco-américain joue un rôle essentiel dans les grands succès diplomatiques récents : je pense à l’accord sur le nucléaire iranien mais aussi à l’accord de Paris sur le climat. Chacun y a participé et a apporté sa propre part. Nous, les Européens, puisque la France a accueilli cet événement majeur, mais c’est l’Europe qui a négocié. Chaque membre de l’Union européenne a apporté sa contribution. Imaginez que la France ait été seule pour négocier ? Quel aurait été notre poids ? Réel par l’influence qui est la nôtre, par le rayonnement historique qui est le nôtre, mais enfin, à 28, nous étions plus forts et nous avons pesé. Nous avons pu peser avec les Américains qui eux-mêmes ont pesé dans la négociation avec la Chine, puisqu’un premier accord avait été signé, ce qui ensuite a permis d’entraîner le reste du monde.

La coopération franco-américaine doit être étroite sur toutes les grandes crises internationales, de l’Ukraine - que j’ai évoquée - au Mali, de la Syrie au conflit israélo-palestinien, bien entendu dans la lutte contre le terrorisme. Bientôt, les 20 et 21 juillet, aura lieu à Washington le sommet de la coalition contre Daech auquel je participerai. C’est une priorité pour nos deux pays ; c’est un long combat mais il faut le mener avec courage et détermination.

Les relations franco-américaines s’appuient aussi sur la vitalité d’un partenariat économique majeur, avec des échanges commerciaux bilatéraux représentant, en 2015, 65 milliards d’euros, soit une hausse de 15% par rapport à l’année précédente. Des investissements mutuels au coeur de cette relation : plus de 300.000 emplois créés. Les États-Unis sont ainsi le premier investisseur et le premier employeur étranger en France.

Dans le même temps, les États-Unis sont la première destination des investissements directs français à l’étranger qui sont à l’origine de plus de 600.000 emplois outre atlantique.

Ce dynamisme se manifeste aussi dans le domaine de l’innovation et des nouvelles technologies, avec des initiatives comme la French Touch Conference, à New York, dont la troisième édition s’est tenue il y a 15 jours. New York est également devenue, en 2015, la première ville hors de France à bénéficier du label French Tech que Los Angeles a également obtenu cette année.

Comme vous le voyez, beaucoup de choses se font entre nos deux pays, qui sont parfois ignorées ou mal connues.

Je souhaite d’ailleurs que vous nous aidiez dans vos pays respectifs à mieux faire connaître à nos compatriotes respectifs ce que nous faisons ensemble, en sortant des clichés, en sortant aussi des images du passé, pour montrer que, face au défi du monde, la France et les États-Unis sont des partenaires qui inventent ensemble, apportent des solutions ensemble et progressent ensemble.

Les échanges sont nombreux. Ils le sont notamment dans le domaine culturel. Je me suis rendu compte que cela provoquait beaucoup d’émotions à New York lorsque je m’y suis rendu, les 9 et 10 juin dernier, pour présider le Conseil de sécurité que la France présidait durant tout le mois de juin.

J’ai eu l’occasion de rencontrer l’association des amis américains de l’opéra de Paris qui s’engagent pour assurer la promotion de l’opéra de Paris aux États-Unis, comme j’ai reçu également, il y a quelques jours, mes amis de la danse à New York où j’ai d’ailleurs assisté à des spectacles. La culture joue un rôle essentiel ; il y a une envie de culture. J’ai également assisté à une cérémonie tout à fait amicale à la librairie française qui s’est ouverte sur la 5e Avenue, près du consulat, comme on en trouve dans les quartiers de nos villes, quartiers qui avaient tendance à disparaître et qui reviennent, comme un besoin de contacts et d’échanges. À New York, cela a un succès formidable. Cette librairie est tenue par un libraire de Toulouse. Dans sa boutique, j’ai rencontré beaucoup de personnalités américaines et franco-américaines qui sont très attachées à cette dimension émotionnelle, culturelle et sensible qui fait partie de notre relation et qu’il faut à tout prix préserver et consolider.

Je pense aussi à nos échanges scientifiques, nos échanges entre universités, qui doivent promouvoir encore plus la mobilité étudiante qui est essentielle. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé en 2014 une grande initiative visant à doubler les échanges d’étudiants entre la France et les États-Unis d’ici 2025. C’est d’ailleurs une politique constante de la France. Il y a quelques années, nous avions peur, nous faisions des circulaires pour limiter le nombre d’étudiants étrangers en France comme s’ils allaient nous envahir. C’est une chance extraordinaire, vous faites partie de ceux-là même si vous n’êtes plus des étudiants. N’ayons pas peur, échangeons.

Voilà ce que nous pouvons faire, au-delà de ce que nous avons en commun depuis si longtemps entre les États-Unis et la France. Voilà comment la jeunesse de nos pays peut trouver sa place et jouer son rôle. Nous comptons sur vous, Chers « Young Leaders ».

Vous allez parler de vous à présent, nous avons besoin de mieux vous connaître. Félicitations et vive l’amitié franco-américaine.

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