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Le Pacte Briand-Kellogg

Published on 11 août 2010

Dix ans après la fin du premier conflit mondial, dix ans avant le début du second, la France d’Aristide Briand et l’Amérique de Frank Kellogg unissent leurs efforts pour mettre à tout jamais la guerre hors-la-loi.
« Plus jamais ça ! » C’est une véritable lune de miel, inimaginable hier encore, que vivent Paris et Berlin en cette année 1927. Comme l’avait souhaité le président Wilson, la Société des Nations s’est vigoureusement attelée à la construction de la paix universelle.

Pourtant, malgré leur accession au rang de grande puissance mondiale, les Etats-Unis sont redevenus isolationnistes et ils ne siègent même pas dans l’institution qu’ils ont inspirée ! En avril, à l’occasion du dixième anniversaire de leur entrée en guerre, Aristide Briand, qui fut plusieurs fois président du Conseil avant d’être, sous les gouvernements de droite comme sous ceux de gauche, abonné au portefeuille des Affaires étrangères, leur adresse un message remarqué, véritable invitation au rapprochement. Un rapprochement d’autant plus opportun que les travaux préparatoires à la Conférence du désarmement ne donnent guère de résultats, et que la question du remboursement des dettes de guerre pèse sur les relations franco-américaines. En juin, Briand transmet au secrétaire d’Etat Frank Kellogg, qui l’accepte, une proposition suggérant la conclusion d’une convention de renoncement mutuel à la guerre. Cet accord, purement symbolique bien sûr, s’agissant de deux nations unies depuis toujours par de solides liens d’amitié, doit, à terme, être étendu à l’ensemble de la planète. Signé le 6 février 1928 entre la France et les Etats-Unis, il interdit tout recours à la guerre comme instrument politique. Aucune sanction n’est prévue, autre que la réprobation générale des cosignataires, mais, comme le note un journal de l’époque, « du moins l’engagement moral contracté est-il un sérieux obstacle à toute infraction ». Déposé à Washington, sous la garde du gouvernement des Etats-Unis, où il demeurera ouvert dans l’attente des adhésions ultérieures, le « pacte Briand-Kellogg », comme on ne tardera pas à l’appeler, sera bientôt ratifié par 63 nations, dont I’Allemagne, I’Empire britannique, le Japon, la Pologne, I’Italie et la Tchécoslovaquie. II vaudra à ses deux promoteurs, le Français et l’Américain, le prix Nobel de la Paix.

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