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Manuel Valls annonce de nouvelles mesures contre la radicalisation

Published on 13 mai 2016
Le 9 mai 2016, le Premier ministre a présenté un plan de 80 mesures pour lutter contre le terrorisme.

Manuel Valls a présidé, le 9 mai 2016, le Comité interministériel pour la prévention de la délinquance et de la radicalisation, en présence de 10 ministres. Le Premier ministre a présenté un nouveau plan pour lutter contre la radicalisation et le terrorisme. 80 mesures, dont 50 nouvelles, qui constituent une nouvelle impulsion à la politique du Gouvernement contre le terrorisme et la radicalisation.

Une nouvelle étape dans la lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation a été franchie par le Gouvernement pour faire face au grand défi de la lutte contre le djihadisme. Ce phénomène d’ampleur, qui ne touche pas que la France, concerne aujourd’hui plus de 2 000 personnes identifiées dans les filières syro-irakiennes.

"Depuis l’Europe, ce sont 5 000 individus qui sont partis depuis le début du conflit. Un bon nombre est resté sur place. 627 d’entre eux sont français – soit le contingent le plus important parmi les combattants européens", a précisé le Premier ministre. Par ailleurs, près de 9 300 personnes ont été signalées pour radicalisation. Il est à présent nécessaire de bâtir une stratégie nationale de lutte contre la radicalisation et le terrorisme, qui mobilise tous les pans de l’action publique.

Plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme

Ce plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme (PART) se substitue dès le 9 mai 2016 à celui adopté en 2014. Ces 80 mesures, dont 50 nouvelles, se répartissent en 7 priorités.

1. Détecter la radicalisation
Repérer les cibles radicalisées, mesurer leur dangerosité, comprendre la manière dont les filières s’organisent sont autant de préalables pour les empêcher de nuire. Un numéro vert national, activé en 2014, a permis le recueil et le traitement des signalements. Une grille d’analyse commune a été élaborée sur ce qu’est un signalement dangereux et ce qui ne l’est pas.

Il faut agir sur les déplacements des terroristes pour "empêcher les terroristes de circuler, de trouver des armes ou des financements". Pour ce faire, le PNR (Passenger Name Record) français sera progressivement mis en service à compter de cet été.

"La radicalisation en prison doit faire l’objet d’un traitement spécifique", a souligné le Premier ministre. "L’administration pénitentiaire sera dotée d’un service de renseignement de plein exercice, après avoir déjà créé des unités dédiées de regroupement de détenus radicalisés", a annoncé le Premier ministre.

2. Agir contre la radicalisation
Une lutte opérationnelle contre les filières est menée sur le sol français. Tout d’abord, en coupant toutes sources de financement : "quiconque s’engage dans les filières terroristes perd le bénéfice des droits sociaux", a déclaré le Premier ministre. "Le ministère du Budget procède également au gel des avoirs financiers de groupes ou d’associations suspectées de financer le terrorisme."

"La répression du terrorisme appartient à l’autorité judiciaire", a poursuivi Manuel Valls, réaffirmant cette "vérité intangible : un terroriste doit être traduit en justice et condamné". Lorsque la justice ne dispose pas d’éléments suffisants pour engager des poursuites, "le dispositif de contrôle et d’évaluation doit être très strict. Je pense notamment à ceux qui reviennent en France après être partis faire le djihad."

Combattre la radicalisation, c’est aussi agir militairement contre les sanctuaires terroristes à l’étranger. L’action militaire à l’international sera poursuivie contre un ennemi parfaitement désigné : Daech et Al Qaïda qui opèrent en Syrie, en Irak et au Sahel.

3. Prévenir la radicalisation
L’École est en première ligne pour agir en amont de la prévention de la radicalisation. "Le contrôle des établissements hors contrat et de l’enseignement à domicile sera poursuivi et intensifié", a déclaré Manuel Valls. La culture est également un des acteurs principaux contre la radicalisation, en agissant contre "l’obscurantisme et la manipulation des esprits". De plus, "l’éducation aux médias doit prendre de l’ampleur, elle est la meilleure arme contre le complotisme".

4. Prendre en charge les personnes radicalisées ou en voie de radicalisation
1 600 jeunes et 800 familles concernés par la radicalisation font aujourd’hui l’objet d’un accompagnement adapté par les cellules de suivi des préfectures de leur département. Police, enseignants, travailleurs sociaux ont appris à partager leurs informations, à mutualiser leurs actions.

Le plan présenté le 9 mai se donne pour objectif de doubler, d’ici à deux ans, les capacités de prise en charge des personnes radicalisées. Cela suppose que le pilotage national soit renforcé.

Le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) sera porté à 100 millions d’euros. Les autres seront financées dans le cadre des lois de finances, sur les budgets des ministères.

5. Des centres de citoyenneté et de réinsertion
D’ici à 2017, chaque région devra être dotée d’un centre d’hébergement de longue durée pour la prise en charge de personnes radicalisées. Ces centres accueilleront des individus "dont nous éprouverons la sincérité et la volonté de réinsertion dans la durée", a précisé Manuel Valls.

"Les services publics gérés par les collectivités ont un rôle fondamental à jouer dans la prise en charge de certaines personnes radicalisées", a expliqué le Premier ministre. "L’État souhaite nouer un partenariat beaucoup plus actif avec les collectivités territoriales." Il a annoncé la tenue d’une journée de mobilisation et d’échanges avec les collectivités locales pour renforcer les actions conjointes entre l’État et ces dernières.

6. Mobiliser la recherche et construire des contre-discours
Mais au-delà de la prise en charge immédiate du danger terroriste, il est indispensable d’analyser l’ensemble des ressorts qui conduisent à l’enfermement dans la radicalisation. "Les champs d’analyse sont larges : social, sociologique, mais aussi psychologique. La mission de l’État est de fournir à la recherche publique les moyens d’investir ce terrain d’étude encore pionnier, par des créations de postes, l’attribution de bourses de recherche, ou encore la création d’un Conseil scientifique.", a précisé le Premier ministre.

Combattre la radicalisation se fait aussi à l’échelle des idées et des valeurs. Outre le fait "de renforcer les partenariats avec les géants du Net, pour qu’ils nous aident à stopper la diffusion de propagande filmée", il convient aussi de faire entendre les voix de l’islam de France qui doivent "parler encore plus fort qu’elles ne le font aujourd’hui. Nous serons toujours aux côtés de ceux qui prônent l’apaisement et l’adhésion aux valeurs de la République", a affirmé le Premier ministre.

7. Protéger les Français
"Ce plan agit pour protéger les français", a expliqué Manuel Valls, qui a sensibilisé sur le danger toujours imminent "d’une menace qui, n’en doutons pas, frappera de nouveau […] dans l’ère de hyper-terrorisme."

La protection des sites sensibles est une dimension primordiale de la stratégie. Elle mobilise de nombreux agents de polices et de militaires dont 7 000 dans le cadre de l’opération Sentinelle. Plusieurs dispositifs renforcés entreront en œuvre dès cet été, avec une vigilance particulière pendant l’Euro 2016.

La prise en charge des victimes est une dimension que le Premier ministre a également tenu à souligner.

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