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Conférence internationale sur l’Irak à Paris (15/9/14)

Published on 9 septembre 2014
Conférence internationale sur la paix et la sécurité en Irak

Communiqué du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international

Paris, 15 septembre 2014

Conclusions

1. A l’invitation du Président de la République française et du président de la République d’Irak, une conférence internationale sur la paix et la sécurité en Irak s’est réunie aujourd’hui à Paris.

2. Les participants à cette conférence (Allemagne, Arabie saoudite, Bahreïn, Belgique, Canada, Chine, Danemark, Egypte, Émirats arabes unis, Espagne, États-Unis d’Amérique, France, Irak, Italie, Japon, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Pays-Bas, Qatar, Norvège, République tchèque, Royaume-Uni, Russie, Turquie, Ligue des États arabes, Organisation des Nations Unies, Union européenne) ont exprimé leur attachement à l’unité, à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Irak. Ils ont salué la formation d’un nouveau gouvernement sous l’autorité du premier ministre, M. Haïdar al-Abadi, et lui ont apporté leur plein soutien pour conforter l’Etat de droit, mettre en œuvre une politique de rassemblement et assurer la juste représentation de toutes les composantes au sein des institutions fédérales et l’égalité de tous les citoyens, toutes mesures nécessaires pour lutter efficacement contre Daech (EIIL) et les groupes terroristes qui sont une menace pour tous les Irakiens.

3. Les participants à la conférence de Paris ont affirmé que Daech (EIIL) constitue une menace pour l’Irak mais aussi pour l’ensemble de la communauté internationale et que faire face à une telle menace nécessitera une action sur le long terme de la part de la communauté internationale. Ils ont condamné les crimes et les exactions massives qu’il commet contre les populations civiles, y compris les minorités les plus vulnérables, qui peuvent être considérés comme des crimes contre l’Humanité. Ils sont convenus de coopérer et de tout faire pour veiller à ce que les auteurs de ces crimes en rendent compte devant la justice. Ils confirment leur soutien à l’enquête menée par le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme à cet effet.

4. Tous les participants ont souligné l’urgente nécessité de mettre un terme à la présence de Daech (EIIL) dans les régions où il a pris position en Irak. Dans cet objectif, ils se sont engagés à soutenir, par les moyens nécessaires, le nouveau gouvernement irakien dans sa lutte contre Daech (EIIL), y compris par une aide militaire appropriée, correspondant aux besoins exprimés par les autorités irakiennes et dans le respect du droit international et de la sécurité des populations civiles.

5. Les participants à la Conférence ont également rappelé leur détermination à mettre en œuvre les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives à la lutte contre le terrorisme et ses sources de recrutement et de financement, notamment la résolution 2170. Ils veilleront à la bonne application de celle-ci et prendront les mesures nécessaires pour qu’elle produise tous ses effets. Ils sont convaincus qu’une action déterminée est nécessaire pour éradiquer Daech (EIIL), notamment en prenant des mesures pour prévenir la radicalisation, en coordonnant l’action de tous les services de sécurité et en renforçant la surveillance des frontières. Ils ont accueilli avec satisfaction la perspective de travailler à un plan d’action pour lutter contre le financement du terrorisme.

6. Réaffirmant leur soutien au gouvernement irakien, les partenaires internationaux ont rappelé la nécessité de soutenir les aspirations du peuple irakien au respect des droits de l’homme dans un cadre fédéral respectueux de la constitution, des droits des régions et de l’unité du pays.

7. Ils ont salué le rôle des Nations unies en Irak, notamment pour coordonner et faciliter l’assistance internationale au gouvernement irakien. Les participants à la Conférence reconnaissent également que la Ligue des Etats arabes et l’Union européenne sont des partenaires stratégiques essentiels à long terme pour l’Irak. Ils se sont également félicités des résultats de la conférence de Djeddah du 11 septembre 2014.

8. Les participants à la Conférence sont convenus de poursuivre et renforcer, en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain, les efforts déployés jusqu’ici en matière d’aide humanitaire d’urgence apportée au gouvernement irakien et aux autorités locales, afin de les aider dans l’accueil et l’aide aux réfugiés et déplacés qui doivent pouvoir retourner dans leurs foyers en toute sécurité.

9. Les partenaires internationaux ont marqué leur disponibilité à assister l’Irak dans ses efforts de reconstruction, dans une optique de développement régional équitable, notamment par l’apport d’expertise et de savoir-faire et un soutien financier approprié, grâce par exemple à un fonds mondial spécifique pour aider à reconstruire les zones dévastées par Daech (EIIL).

10. Les partenaires internationaux sont convenus de rester pleinement mobilisés dans leur soutien aux autorités irakiennes et dans la lutte contre Daech (EIIL). Ils s’assureront de la mise en œuvre et du suivi des engagements pris aujourd’hui, notamment dans le cadre des Nations unies, et à l’occasion des réunions de haut niveau qui se tiendront en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies.


Déclaration du Président de la République lors du discours d’ouverture de la conférence sur l’Irak

Paris, 15 septembre 2014

Monsieur le Président Cheikh Fouad MASSOUM, votre présence ici à nos côtés traduit le sens de l’initiative que nous avons nous-mêmes lancée. Nous voulions que se tienne ici à Paris, avec vous, une Conférence pour la sécurité et la paix en Irak et contre le terrorisme.

Je remercie tous les pays qui sont ici présents, près d’une trentaine. Je salue également l’Union européenne, la Ligue arabe, le représentant spécial des Nations Unies parce que c’est la communauté internationale qui est aujourd’hui présente à Paris pour l’Irak.

Cette Conférence a un seul objectif : apporter aux nouvelles autorités irakiennes le soutien politique qui leur est nécessaire, pour lutter contre une menace majeure qui s’appelle Daech et qui fait peser sur l’Irak, sur la région du Moyen-Orient et sur le monde un risque majeur. Le lâche assassinat de David HAINES en est une illustration effrayante, s’il en était besoin.

Ce groupe terroriste a non seulement décapité des journalistes, des humanitaires mais a perpétré des massacres, des exactions contre la population civile. Ce mouvement terroriste s’en est pris aux plus faibles, aux plus fragiles, aux femmes, aux enfants. Ce mouvement terroriste s’en est pris également aux minorités religieuses qu’il a pourchassées pour éliminer un certain nombre de communautés. Ce mouvement terroriste s’est déployé sur tout un territoire, en Irak, en Syrie. Ce mouvement terroriste se joue des frontières et prétend même fonder un Etat. Telle est la menace, elle est globale, il doit donc y avoir une réponse globale.

Cette réponse doit venir des Irakiens eux-mêmes, et c’est pourquoi je salue le sens des responsabilités des nouvelles autorités en Irak qui ont su ouvrir le dialogue, former un gouvernement d’union nationale sous l’autorité du Premier ministre Haïdar AL-ABADI, permettant le respect de chacune des composantes du peuple irakien et assurant ainsi son unité et sa souveraineté. C’était la condition indispensable pour rétablir la confiance et assurer le rassemblement.

Mais l’unité, elle est aussi nécessaire sur le plan international. Le Conseil de sécurité dans sa résolution 2170 a déclaré que Daech constitue un danger immense pour la sécurité du monde. Le combat des Irakiens contre les terroristes est donc aussi le nôtre. Et nous devons nous engager ensemble, c’est le sens de cette conférence, aux côtés des autorités irakiennes, clairement, loyalement et fortement. Et il n’y a pas de temps à perdre.

Cette aide, elle doit d’abord être humanitaire. Près de 2 millions de personnes ont été déplacées, et j’ai vu moi-même, vendredi à Erbil, la détresse de celles et de ceux qui ont tout quitté face à l’avancée des terroristes. Pour ces familles, pour ces femmes, ces enfants, nous devons engager un effort exceptionnel.

Il faut mettre en place un véritable pont humanitaire et renforcer l’action – remarquable d’ailleurs – des Nations Unies sur le terrain. Mais il convient d’être efficace, là aussi c’est le sens de cette conférence, recueillir des fonds des pays amis, acheminer des vivres et les matériels indispensables et accueillir dans la région, et parfois au-delà, les populations les plus menacées.

L’Irak a également besoin d’un appui militaire. Les amis de l’Irak doivent coordonner leur action pour répondre aux demandes des autorités irakiennes. La France pour sa part a déjà livré des équipements, en liaison avec l’Europe et les pays qui pouvaient s’associer à nous. Les Etats-Unis ont agi et c’est le sens de l’initiative du président OBAMA de former une large coalition pour lutter contre Daech. Beaucoup de pays y ont répondu dans la région et au-delà, la France y prendra sa part.

Mais le territoire irakien n’est pas le seul concerné, Daech est installé en Syrie et menace l’ensemble du Moyen-Orient. Il fait aussi appel – ce mouvement terroriste – à des combattants venus du monde entier et chaque pays, y compris le mien – est concerné. Nous devons donc tout faire pour lutter contre l’endoctrinement de nos jeunes, empêcher leur embrigadement, casser les filières jihadistes, priver Daech de ses ressources et punir tous ceux qui lui sont associés, de près ou de loin. En ce moment même, le Parlement français débat d’une loi qui, justement, veillera à prévenir ces mouvements et à lutter contre les filières et à punir les responsables.

La réponse à la menace terroriste est enfin politique, et la communauté internationale doit trouver une solution durable là où est né ce mouvement, c’est-à-dire en Syrie. Je rappelle que depuis maintenant 3 ans, la crise en Syrie a fait 200 000 victimes, 200 000 morts. Le chaos fait le jeu des terroristes, il faut donc soutenir ceux qui peuvent négocier et faire les compromis nécessaires pour préserver l’avenir de la Syrie. Et pour la France, ce sont les forces de l’opposition démocratique, elles doivent être appuyées par tous les moyens. Là-encore, la France y prend sa part avec les partenaires régionaux qui ont compris ce qui se jouait en Syrie.

Je veux enfin alerter, à l’occasion de cette Conférence, sur l’urgente nécessité de préserver l’unité et la souveraineté du Liban, car le Liban accueille près de 2 millions de réfugiés syriens. Avec l’Arabie Saoudite, nous avons décidé – la France – de soutenir l’armée libanaise dans son effort d’équipements pour assurer là-encore la sécurité, l’unité du Liban. Je sais aussi que sous l’égide du secrétaire général des Nations Unies, le groupe de soutien au Liban coordonne l’aide internationale en direction de ce pays. Je pense aussi à la Jordanie qui doit également bénéficier du soutien de la communauté internationale.

Voilà l’ordre du jour de notre Conférence, qui doit prendre toutes les dimensions de la solidarité que nous devons apporter à l’Irak : soutien politique aux nouvelles autorités permettant la réconciliation et le rassemblement ; aide humanitaire pour assurer protection et assistance aux populations civiles et aux réfugiés ; enfin lutte contre Daech, mouvement terroriste qui n’exclut – on le sait – aucun moyen et c’est l’affaire de tous.

En tenant cette conférence, les pays qui sont réunis ici font preuve de leur solidarité à l’égard de l’Irak et je les en remercie. Mais ils expriment aussi leur volonté commune de se protéger contre le terrorisme et d’agir en conséquence.

C’est pourquoi je vous remercie pour votre présence qui fera de cette Conférence de Paris, une étape importante dans la mobilisation de la communauté internationale pour l’Irak et pour les nouvelles autorités.

Je salue, ici, une fois encore, la présence du président Fouad MASSOUM. Merci.


Communiqué du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international

Paris, 12 septembre 2014

Le président de la République s’est entretenu au téléphone avec le président de la République d’Irak, M. Fouad MASSOUM. Il s’est ensuite entretenu avec le Premier Ministre, M. Haïdar AL-ABADI, qu’il a félicité pour l’investiture du nouveau gouvernement irakien.

En accord avec les autorités irakiennes, le président de la République a confirmé qu’une conférence internationale sur la paix et la sécurité en Irak aura lieu à Paris le 15 septembre. Elle rassemblera les partenaires internationaux et régionaux qui adhèrent à cet objectif et contribuent à sa réalisation. Elle sera inaugurée conjointement par le président de la République et le Président MASSOUM.

Dans la perspective de cette conférence, le président de la République effectuera une visite en Irak le 12 septembre. Il apportera aux autorités irakiennes le soutien de la France pour lutter efficacement contre les terroristes de Daech, protéger les populations civiles et rétablir l’Etat de droit sur l’ensemble du territoire national.


Déclaration de M. Laurent Fabius Ministre des Affaires étrangères et du Développement international
Paris, 9 septembre 2014

Formation du Gouvernement

Je salue la formation du gouvernement irakien. Elle marque une étape importante dans la transition politique engagée depuis les dernières élections législatives.

Les défis à venir sont considérables. Ils exigent à la fois que l’Irak s’engage sur une voie respectueuse de toutes les composantes du pays et que la communauté internationale se mobilise à ses côtés.

La France exprime sa confiance au président Fouad Massoum et au Premier ministre Haïder al-Abadi auxquels elle renouvelle son plein soutien.

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