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Conférence de presse de M. Le Drian au Pentagone

Published on 3 octobre 2014
Conférence de presse du Ministre de la Défense, M. Jean-Yves Le Drian, au Pentagone en présence de son homologue américain, M. Chuck Hagel
Pentagone, le 2 octobre 2014

PROPOS LIMINAIRE DU MINISTRE DE LA DEFENSE :

Merci mon cher Chuck, d’abord pour les propos que tu viens de tenir et ensuite - et en même temps - pour ton invitation à me rendre ici à Washington afin d’évoquer l’ensemble des enjeux liés la coopération entre nos deux pays en matière de défense.

C’est la quatrième fois que je me rends ici au Pentagone depuis ma nomination en mai 2012. Nous nous sommes vus aussi dans d’autres lieux. Chuck a rappelé le sommet de l’OTAN au pays de Galles ; nous nous sommes vus aussi il n’y a pas très longtemps en Normandie pour l’anniversaire du Débarquement.

Je suis venu plusieurs fois ici rencontrer Chuck Hagel et à chaque rencontre nous avons une complicité d’analyse et une cohérence dans les fondamentaux que je tenais à souligner et qui a été rappelée tout de suite par lui-même.

Au cours de ces entretiens, aujourd’hui, nous avons évoqué le Sahel. Vous savez, au cœur de l’Afrique, de la Mauritanie à la Libye, les groupes terroristes d’inspiration djihadiste constituent une menace pour la sécurité des Etats de la région et pour l’Europe. Et dans cette zone la coopération entre Africains, Américains et Français s’avère déterminante pour continuer de manière incessante, à maintenir la pression sur des groupes comme Al-Qaida au Maghreb islamique, Ansar Edine, Al-Mourabitoun, qui continuent à vouloir revenir sur le terrain de leurs actions antérieures, que l’opération d’intervention de la France avait permis de juguler.

Nous avons mis en place un dispositif plus large depuis le 1er août dernier qui s’appelle l’opération Barkhane et qui, autour de cinq pays africains, permet de contenir et de prévenir les tentatives terroristes. Et à cet égard, je voulais remercier les Etats-Unis pour leur soutien dans notre action sur cette zone, à la fois, comme tu l’as dit, par l’échange de renseignements, le soutien financier et le partage de capacités. Nous avons convenu que cette coopération se poursuivrait.

S’agissant du Sahel, j’ai redit à Chuck Hagel l’inquiétude de la France devant la situation en Libye. Les groupes djihadistes prospèrent dans des zones de non-droit, ils reconstituent leurs forces, et mènent toutes sortes de trafics illicites. Et nous estimons que la communauté internationale devra se saisir rapidement de cette question pour faire en sorte que ce déploiement, cette diffusion, puisse se ternir car elle favorise les recrutements et elle favorise aussi le développement du terrorisme dans cette zone sahélo-saharienne.

J’ai fait savoir à Chuck Hagel que mon souci, le souci de la France, était le risque de connections entre tous ces groupes terroristes qui agissent dans l’ensemble de la zone qui va du Nigeria au Proche-Orient, qu’il faut enrayer ces risques de connections.

Enfin, nous avons évoqué évidemment la situation en Irak et en Syrie. La France a pris ses responsabilités dans la lutte indispensable contre Daech, la France est partenaire, active, dans la coalition internationale. Nos forces armées agissent sur le théâtre, à la fois pour soutenir les forces kurdes et irakiennes contre le prétendu Etat islamique. Nous livrons des équipements, nous formons des forces, et depuis le 15 septembre, l’armée de l’air française mène des opérations de soutien aérien dans le cadre de la coalition au profit des forces irakiennes et des forces kurdes. A la fois permettant du renseignement, de la reconnaissance et de la destruction d’objectifs. Le Président de la République française a décidé hier en Conseil de défense de renforcer le dispositif avec trois avions de chasse supplémentaires et des moyens de renseignement supplémentaires, en particulier la mise en place d’une frégate de défense aérienne dans la zone. Et j’ai rappelé à Chuck Hagel que dans cette lutte anti-terroriste, il fallait que nous considérions ensemble qu’elle devait s’inscrire dans la durée, et que dans la durée, la France y tiendra toute sa place. Merci.

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