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Mobilisation de la France contre Ebola

Published on 22 octobre 2014
L’action de la France dans la lutte contre l’épidémie Ebola

Visites officielles en Guinée et au Sénégal

Paris, 21 novembre 2014

Le Président de la République, François HOLLANDE, se rendra en Afrique de l’Ouest du 28 au 30 novembre.

Le chef de l’Etat effectuera une visite officielle à Conakry le vendredi 28 novembre, consacrée à la mise en œuvre des actions du plan de lutte contre le virus Ebola en Guinée.

Il sera le samedi 29 et le dimanche 30 novembre en visite officielle au Sénégal, à l’occasion du Sommet de la Francophonie.


Discours de Mme Annick Girardin, secrétaire d’État chargée du Développement et de la Francophonie, à l’occasion de l’inauguration du centre de traitement

Macenta - Guinée, 14 novembre 2014

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Coordinateur national,

Monsieur le Préfet,

Monsieur le Maire,

Monsieur l’Ambassadeur de France en Guinée,

Madame l’Ambassadrice, coordinatrice de la task-force Ebola,

Monsieur le Directeur général de la Croix-Rouge française,

Monsieur le Directeur de l’Agence française de développement en Guinée,

Monsieur le Coordonnateur de Médecins sans frontières en Guinée,

Mesdames et Messieurs les Membres des équipes de Médecins sans frontières, de la Croix-Rouge guinéenne et de la Croix-Rouge française,

Mesdames et Messieurs, Chers Habitants de Macenta et de Guinée forestière.

Permettez-moi de vous exprimer toute ma reconnaissance pour l’accueil particulièrement chaleureux que vous avez bien voulu me réserver, ainsi qu’à la délégation qui m’accompagne.

La Guinée traverse en ce moment, avec cette épidémie de maladie à virus Ebola, des moments particulièrement éprouvants. Mes premiers mots seront donc dédiés aux victimes de cette épidémie : nos pensées vont à leur mémoire et à leurs proches.

Nos pensées vont aussi à ceux qui se mobilisent contre cette épidémie, qu’ils soient Guinéens ou venus d’ailleurs. Ils jouent un rôle crucial pour porter assistance et réconforts aux malades, pour protéger nos sociétés d’une extension de l’épidémie. Je veux leur rendre, ici à Macenta, tout l’hommage qui leur est dû.

Mesdames et Messieurs,

Depuis le début de cette crise, la France se tient aux côtés de la Guinée et des Guinéens dans cette épreuve.

Deux mois après ma première visite en Guinée, ce déplacement à Macenta est placé sous le signe de l’action, avec l’ouverture de ce Centre de traitement Ebola. Le président de la République, François Hollande, a annoncé le 18 septembre dernier que la France mettrait en place un nouveau centre de traitement Ebola en Guinée forestière, en réponse à l’appel du président Alpha Condé.

C’est chose faite. La France tient ainsi son engagement à Macenta.

Naturellement, elle ne le fait pas seule et rien n’aurait été possible sans l’engagement de Médecins sans frontières et de la Croix-Rouge française.

Votre action est remarquable. Vos personnels, Guinéens et expatriés, forcent le respect. Et c’est votre capacité à travailler main dans la main, dans le respect du rôle et des traditions de chacun, qui rend possible notre présence ici aujourd’hui. Notre Ambassadeur, qui s’est rendu à Macenta il y a trois semaines, en a fait le constat très encourageant.

Cette collaboration, que vous avez soulignée, Monsieur le Directeur général de la Croix-Rouge française, sera tout aussi indispensable dans les semaines qui vont venir, au fur-et-à mesure que les personnels guinéens viendront étoffer le dispositif constitué des volontaires de la Croix-Rouge, dans le cadre d’un passage du témoin reçu de MSF.

Je veux aussi remercier le gouvernement de Guinée, qui s’est fortement impliqué, à tous les échelons, pour permettre l’ouverture de ce centre de traitement, pièce importante du plan de riposte national à Ebola.

Je souhaite remercier le Programme alimentaire mondial, dont l’appui a été déterminant dans la construction de ce centre. Au-delà de cette réalisation, que cette agence des Nations unies soit félicitée pour la qualité de son engagement et pour l’esprit avec lequel elle sait travailler en partenariat avec les pays engagés dans des actions bilatérales.

La France, de son côté, a joué tout son rôle.

Elle a mobilisé les crédits indispensables, d’abord 5 millions d’euros sur l’enveloppe du contrat de désendettement et de développement, en accord avec les autorités Guinéennes, auxquels se sont ajoutés, sur décision du président François Hollande, 6 millions d’euros supplémentaires.

Nous avons dépêché des équipes d’experts, des médecins de l’EPRUS et sollicité les compétences de notre ambassade à Conakry. L’Agence française de développement s’est fortement mobilisée.

Au total, l’ouverture de ce centre est exemplaire d’une nouvelle manière d’avancer, où les États du Nord assument leurs responsabilités, mais de manière différente, en faisant travailler ensemble tous les maillons de la chaîne de la solidarité internationale.

Je voudrais revenir un instant sur l’importance que nous attachons à l’enracinement de ce centre à Macenta.

Car nous avons et c’est certainement le plus important, su nouer des rapports de confiance avec vous, les populations de Guinée forestière.

Grâce à votre soutien constant, Monsieur le Préfet, l’adhésion s’est créée, et la pédagogie, fondée sur le respect des personnes, l’a emporté sur la peur, les rumeurs ou l’hostilité.

La Guinée ne comptait jusqu’à ce jour que deux Centres de traitement contre l’épidémie, à Conakry, au sein de l’hôpital Donka, et à Guékédou, tous deux gérés par Médecins sans frontières dans des conditions éprouvantes. Au moment où de nouveaux foyers apparaissent en Guinée forestière, l’ouverture de ce Centre de traitement permettra de soulager l’effort de toutes les équipes qui sont engagées sans répit dans la lutte contre cette terrible épidémie.

Que serait notre action, que serait le sens de nos financements si nous n’avions la conviction que le peuple de Guinée ne rassemble toutes ses forces, « Tous unis contre Ebola » ? Le Docteur Sakoba Keita en est l’incarnation depuis le début de cette longue épidémie, à vos côtés Monsieur le Ministre de la Santé.

Et comment un tel centre pourrait-il remplir son rôle s’il ne pouvait compter sur l’appui des populations de Macenta, Monsieur le Maire, sur la mobilisation de la société civile ?

Et en tout premier lieu des femmes qui, on ne le redira jamais assez, sont les premières victimes de cette épidémie, parce qu’elles soignent, parce qu’elles sont les plus proches des malades et de ceux qui souffrent. Plus de la moitié des victimes d’Ebola sont des femmes. Ce centre, je l’espère, contribuera à changer leur condition.

De même, j’en suis certaine, qu’il offrira aux infirmières, aux soignantes, à celles qui prépareront les tenues de protection, jour après jour, des conditions de sécurité à la hauteur des enjeux de leur mission.

À la frontière du Libéria, Macenta est au coeur de la zone la plus éprouvée. Des patients, je le sais, arrivent des préfectures voisines, de N’Zérékoré, Beyla, et maintenant Kérouané. Par ses capacités (50 lits, mais plus si cela était nécessaire), par la qualité de ses personnels, par les conditions d’accueil et de travail nouvelles qu’il va offrir, ce centre de traitement sera, j’en suis persuadée, d’un appui considérable dans la lutte contre l’épidémie.

D’autres centres de traitement sont en cours de construction, par nos partenaires, et je m’en félicite.

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Préfet, Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes aujourd’hui à un tournant de l’épidémie.

Je voudrais vous dire ici, à Macenta, que la France va accroître encore son action en Guinée.

Le centre de traitement Ebola de Macenta est le premier centre soutenu par la France en Guinée.

Comme l’a annoncé le président François Hollande, nous allons faire davantage, et nous avons commencé à le faire.

- Des équipes de la Sécurité civile française sont à pied d’oeuvre pour préparer l’équipement de deux nouveaux centres de traitement, à Kérouané et à Beyla ; elles participeront aussi à la consolidation du centre de Forécariah, en Basse Côte ;

- La sécurité civile française va également rénover l’école de sous-officiers de Manéah, en banlieue de Conakry, qui accueillera le centre de formation des personnels guinéens, soignants et non soignants, impliqués dans la lutte ;

- En France, nous avons décidé d’ouvrir un centre de formation à la prise en charge des malades d’Ebola pour les personnels expatriés avant qu’ils ne viennent dans la région ;

- Nous avons renforcé les capacités de l’équipe des conseillers placés auprès du Dr Sakoba Keita depuis l’arrivée du Médecin général et Professeur René Migliani, dont je salue ici la présence ;

- Le service de santé des armées est arrivé la semaine dernière à Conakry pour construire un centre de traitement dédié aux personnels soignants ;

- L’Institut Pasteur amplifie ses activités, qui seront à terme durable en Guinée, avec la création d’un centre d’expertise pasteur à Conakry.

Aucun autre pays n’est engagé comme la France en Guinée, par les financements, par le conseil, par la mobilisation des femmes et des hommes sur le terrain comme au plus près du dispositif de décision.

Le moment n’est pas venu de relâcher notre effort conjoint et nous comptons sur vous, comme vous pouvez compter sur nous.

Car l’engagement de la France, c’est d’aller jusqu’au bout de la lutte contre Ebola, avec vous tous qui êtes engagés dans ce combat.

Vive la Guinée, vive la France, vive la solidarité et l’amitié franco-guinéennes !./.


Entretien avec le Professeur Jean-Franois Delfraissy

Communiqué de la présidence de la République

Paris, 28 octobre 2014

Le Président de la République s’est entretenu ce matin avec le Professeur Jean-François DELFRAISSY, coordinateur interministériel de la lutte contre Ebola. L’efficacité de la lutte contre la maladie passe par un engagement déterminé de notre pays en Afrique de l’Ouest.

Le Président a approuvé le plan global de lutte contre la maladie en France et en Afrique de l’Ouest qui lui a été soumis à cette occasion.

Ce plan comprend :

- un nouvel engagement financier immédiat de la France à hauteur de 20 Millions d’euros ;

- l’ouverture en Guinée de 200 lits de soins dont certains seront dédiés à la prise en charge des personnels soignants. Le centre situé en Guinée forestière et géré par la Croix Rouge française ouvrira à la mi-novembre ;

- la mise en place de deux centres de formation des soignants, l’un en France et le deuxième en Guinée ;

- la mise en œuvre d’un premier essai thérapeutique mondial coordonné par l’INSERM en Guinée à partir de la mi-novembre ainsi que l’évaluation de tests de diagnostic rapide mis au point par des entreprises françaises de biotechnologie.

Il a demandé au coordinateur interministériel d’impliquer les différents acteurs de la société civile en France et en Guinée pour renforcer l’efficacité des actions engagées.

Le Président a salué l’action courageuse menée par les ONG et les centres de recherche français sur le terrain, et a réaffirmé sa solidarité avec les autorités et le peuple guinéens.


L’action de la France

La France, dont l’aide bilatérale atteint près de 40M€ (75M€, en comptant l’aide multilatérale), concentre son action en Guinée. La France contribue à renforcer la réponse internationale à cette grave épidémie. Elle agit en lien avec ses partenaires européens et les organisations internationales pour aider les pays de la région à l’endiguer.

1. Les principales actions engagées par la France en Guinée

- ouverture d’un Centre de Traitement Ebola (CTE) en Guinée forestière (5M€), projet qui constitue un élément clé de notre contribution. Les ministères de la Santé, des Affaires étrangères et du développement international, et de la Défense sont chargés de la mise en œuvre du projet, qui sera opéré par la Croix rouge française. L’ouverture du CTE est prévue courant novembre ;
- appui à la création d’un Institut Pasteur de Guinée (4M€) pour le diagnostic des fièvres hémorragiques et la formation de biologistes guinéens ;
- fourniture d’équipements médicaux et de protection individuelle à la Guinée ;
- déploiement d’experts et de personnel soignant, en appui à la prise en charge des malades, et aux capacités des laboratoires ;
- renforcement des services de santé primaire en Guinée forestière (10M€) ;
- renforcement de la coordination de la riposte contre Ebola, notamment via la mise à disposition d’un expert auprès du gouvernement guinéen ;
- appui à la sécurité alimentaire en Guinée, via une contribution au PAM (500 000 euros).

2. Les actions menées par la France en Afrique de l’Ouest

- appui à des laboratoires dans 7 pays d’Afrique de l’Ouest (5M€) ;
- renforcement du système de santé du Libéria (4 M€) ;
- contributions financières aux plans de riposte contre Ebola de la Côte d’Ivoire (9M€) et du Cameroun (400 000 euros).

3. La France est également à l’initiative de la mobilisation européenne

La France été à l’origine de la réunion de haut niveau du 15 septembre qui a notamment débouché sur un engagement de la Commission en faveur d’un mécanisme européen de coordination des évacuations sanitaires et de prise en charge hospitalière.

Cet instrument, suggéré par la France, est considéré comme indispensable par les ONG pour qu’elles continuent leur travail sur place. Ses modalités de mise en œuvre font l’objet d’intenses discussions à Bruxelles.

4. La France est mobilisée au sein des structures internationales de coordination

- détachement d’experts auprès des équipes des Nations Unies ;
- contribution financière exceptionnelle à l’OMS (500 000 euros) ;
- participation au financement des institutions engagées dans la lutte contre Ebola (Banque mondiale, Commission européenne, Banque africaine de développement)./.


Infographie présentant les principaux axes de notre mobilisation


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