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Situation en Irak et en Syrie

Published on 8 octobre 2014
Déclarations des autorités officielles

Réponse du Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à une question à l’Assemblée nationale

Paris, 19 novembre 2014

Monsieur le député, je répondrai essentiellement aux questions que vous avez posées à propos de Da’ech, le prétendu « État islamique », groupe que j’appelle pour ma part « l’armée terroriste ». Tout d’abord, la pression de Da’ech sur les provinces irakiennes et leurs habitants reste forte. Des attaques récentes ont été menées contre les peshmergas dans le Sinjar. Des actions très dangereuses et très violentes ont aussi eu lieu dans la région d’Al-Anbar, autour de Bagdad.

Cela étant, comme vous l’avez rappelé, les forces irakiennes ont repris récemment la raffinerie de Baïji. Parallèlement, les peshmergas s’organisent pour reprendre des territoires. C’est particulièrement le cas dans la région de Sinjar et autour du barrage de Mossoul. Ces succès n’ont été rendus possibles que grâce au soutien aérien de la coalition. Depuis le début, la France joue dans cette coalition un rôle primordial. C’est ainsi que vendredi dernier, le 14 novembre, nous avons procédé avec succès à trois frappes contre des positions situées autour de Kirkouk. Cette nuit même, la chasse française a mené un raid de grande ampleur, dont les résultats ont été très positifs, autour des mêmes positions proches de Kirkouk.

Les forces françaises aériennes vont être renforcées. Il y avait jusqu’à présent 9 Rafales sur la base d’Al-Dhafra aux Emirats arabes unis. Ils vont être renforcés par six Mirage qui vont être placés en en Jordanie pour compléter notre action. Je rappelle par ailleurs que nous avons une frégate anti-aérienne sur zone et que nous formons les peshmergas et les forces irakiennes au maniement des armes que nous leur livrons. La France assume, monsieur le député, ses responsabilités internationales, et défend sa sécurité.


Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international

Pékin, 19 octobre 2014

(...)
Une bonne nouvelle depuis l’Irak : la constitution, cette fois-ci complète, du gouvernement tripartite puisque les ministères de la défense et de l’intérieur ont été pourvus, ce qui est extrêmement important. Nous avions insisté sur ce point et je m’en félicite, parce que si on veut que l’armée irakienne et l’ensemble des irakiens mènent le combat qu’ils veulent et doivent mener contre Daech, ce groupe terroriste, il faut évidemment qu’ils soient unis.

Cette unité passe par la constitution de ce gouvernement tripartite qui n’avait pour l’instant pu être mis en place que partiellement. C’est une très bonne chose car cela va permettre de mobiliser davantage la population irakienne et ses forces contre le terrorisme.

(...)

Q - Le problème du terrorisme et tout ce qu’il se passe en ce moment en Syrie et en Irak, cela fait maintenant un certain temps que les Chinois connaissent un certain nombre d’attentats, est-ce que la teneur de vos conversations étaient du style « on est dans le même bateau, nous aussi on est agressé par le terrorisme international » ? Est-ce que les Chinois vous ont dit ce qu’ils voudraient faire éventuellement en Syrie et en Irak ? Quelle est leur position sur ce dossier, on a du mal à la cerner ?

R - Nous avons parlé de cela avec mon collègue des affaires étrangères. Il considère, et nous considérons, que le terrorisme n’a pas de frontière et que c’est un danger pour nous tous. Et je leur ai dit, et je vous le redis, que nous condamnions de la façon la plus nette les actions des terroristes qui ont été menées en Chine. J’ai posé la question en ce qui concerne la présence de terroristes d’origine chinoise en Syrie ou en Irak et mon collègue des affaires étrangères a confirmé qu’il y avait des informations en ce sens.

Sur la question générale Irak-Syrie, oui nous en avons parlé. Je pense que sur l’Irak, nous avons des analyses voisines. C’est-à-dire qu’il faut lutter contre ce que l’on appelle Daech de la façon la plus forte, que la lutte doit être menée d’abord par les Irakiens, que cette lutte pour être efficace exige qu’il y ait un rassemblement national, d’où l’importance du gouvernement tripartite - nous avons expressément parlé de cela - et aussi du rôle que pourrait jouer ou ne pas jouer l’Iran.

Sur la Syrie, vous connaissez la position de la France : pour nous les choses sont différentes de la situation en Irak. En Irak, c’est le gouvernement qui nous appelle et ce qui a permis l’utilisation de l’aviation pour déterminer où sont les uns, où sont les autres. Mais la lutte doit être menée par l’armée irakienne, par les Irakiens eux-mêmes, et l’ennemi est clairement identifié, c’est le groupe Daech.

En Syrie, il n’y a non pas un adversaire mais deux adversaires, car l’origine des terroristes c’est largement M. Bachar Al-Assad. On l’oublie peut-être mais c’est lui qui a fait libérer de prisons ceux qui sont maintenant à la tête du terrorisme. Et pendant très longtemps, peut-être même encore aujourd’hui, le pétrole qui était possédé par ces groupes terroristes était acheté par le gouvernement syrien. Aussi, il s’agit de lutter contre Daech, mais en même temps sans faire le jeu de M. Bachar Al-Assad et de toujours avoir en perspective qu’il faudra bien une solution politique. Nous avons parlé de cela.

Pour revenir à la base de votre question : oui le terrorisme est un mal international. Nous constatons d’ailleurs qu’il y a des filières, des ramifications et des contacts très précis entre les groupes terroristes de différents pays. Et c’est encore plus vrai avec le mouvement terroriste Daech, puisque là c’est une espèce de système de franchise. Ce sont des groupes autonomes qui commettent des forfaits et qui se réclament du groupe Daech, qui lui-même a pris comme élément déterminant d’ériger telle ou telle région en califat. Ce qui le distingue d’Al-Qaïda qui était une organisation très centralisée et qui n’avait pas de revendications géographiques à proprement parlé. Nous sommes tout à fait d’accord pour coopérer si nécessaire dans la lutte contre le terrorisme et j’ai pris pour exemple, en particulier, la nécessaire unité que nous devons avoir pour couper les financements de ce mouvement.

Car si ce mouvement a des financements, il faut bien qu’il trouve des financiers. Si c’est à partir du pétrole, cela veut dire qu’il le vend moins cher, mais s’il le vend, c’est qu’il y a des acheteurs. Si nous nous y mettons tous, à la fois les États-Unis, la Chine, la Russie, les pays arabes et les autres pour dire qu’il n’y a pas de possibilité d’acheter ce pétrole sur le marché, nous devrions être efficaces. Il faut absolument le faire car c’est un danger pour nous tous.

Q - À l’égard de la coalition, [vous avez abordé le sujet de la coalition avec la partie chinoise] ?

R - Nous ne l’avons pas abordée en tant que tel. Mais je n’ai pas entendu par ailleurs de condamnation de telle ou telle méthode. (...)./.


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