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Entretien du Président de la République sur France Inter - Extraits

Published on 5 janvier 2015
Séquence dédiée aux questions internationales de l’entretien du Président de la République sur France Inter
Paris, 5 janvier 2015

Patrick COHEN : On va commencer par les questions européennes. Nous sommes à 3 semaines d’un scrutin important et symbolique en Grèce, qui pourrait voir accéder aux responsabilités le parti de la gauche radicale Syriza. Il a percé en réaction ou en opposition aux politiques d’austérité. Angela MERKEL, la Chancelière allemande, a fait savoir ou a laissé dire ce week-end qu’en cas de victoire de Syriza, elle laisserait la Grèce sortir de l’euro. Est-ce une perspective raisonnable ou acceptable à vos yeux ?

LE PRESIDENT  : On ne sait pas exactement quelle est la réalité de cette déclaration de madame MERKEL. Mais je vais vous dire quelle est la position de la France, donc la mienne. Les Grecs sont libres de décider souverainement de leurs gouvernants. C’est le sens de l’élection qui va avoir lieu à la fin du mois de janvier. Les Grecs sont des citoyens qui doivent se prononcer comme ils l’entendent. Les gouvernants qu’ils vont avoir à choisir auront à respecter les engagements qui ont été pris par leur pays. Mais…

Patrick COHEN : Et les responsables européens aussi…

LE PRESIDENT : Et les responsables européens, quels que soient…

Patrick COHEN : Un certain nombre de signaux ont été envoyés…

LE PRESIDENT : … et les responsables européens, quels que soient les gouvernants. Quant à l’appartenance de la Grèce à la zone euro, c’est à la Grèce seule d’en décider. Il n’y a pas, aujourd’hui, à émettre je ne sais quelle considération qui voudrait que, selon le vote des Grecs, ils seraient ou ne seraient plus dans la zone euro. Je me suis bien fait comprendre : les Grecs sont libres de choisir leur destin. Mais en même temps il y a des engagements qui ont été pris, des obligations qui ont été posées. Tout cela devra être forcement respecté.

Bernard GUETTA : Les Grecs sont libres de choisir leur destin, bien évidemment, monsieur le Président, mais est-ce que la montée de ces nouvelles gauches, pro-européennes et pro-euro, mais radicalement opposées aux politiques d’austérité menées aujourd’hui dans l’Union, est-ce que la montée de ces nouvelles forces en Espagne et en Grèce, est un atout ou un handicap pour l’Union, pour la France et les politiques qu’elle défend au sein de l’Union ?

LE PRESIDENT : Les pays comme l’Espagne et comme la Grèce ont payé un lourd tribut, très lourd tribut, pour que la zone euro puisse être préservée, pour que leur pays puisse y demeurer. D’où la montée d’un certain nombre de ces forces. En l’occurrence, là, des forces de gauche. Elles peuvent avoir un caractère parfois radical, mais c’est important de faire la distinction avec les forces de droite ou d’extrême droite, même si, en Grèce, je n’oublie pas qu’un parti néonazi également a pu prospérer.

Quelle est la première conclusion à tirer, quels que soient les votes qui vont être émis ? C’est que l’Europe ne peut plus être identifiée à de l’austérité, d’autant que maintenant la zone euro a été stabilisée, que l’Union bancaire a été créée et installée, que nous avons, aujourd’hui, des taux d’intérêt particulièrement bas, d’où la priorité que la France a donné à la croissance, ce qui n’empêche pas de réduire les déficits publics. Je m’en suis expliqué. Si nous voulons, maintenant, que ces éventuelles forces puissent être utiles, il faut leur parler et, en même temps, il faut qu’elles prennent conscience que la zone euro ce sont des règles que la France a également respectées.

Bernard GUETTA : « Respectées »…, tente de respecter !

LE PRESIDENT : Avec la flexibilité justement. Il faut que nous puissions être conscients qu’il y a un enjeu qui nous dépasse tous, c’est de savoir ce que nous voulons faire de l’Europe. On parlait tout à l’heure de l’identité de la France, qui est chaque fois mise en cause quand il y a des peurs. Il en est de même pour l’Europe. Qu’est-ce que nous voulons faire de l’Europe ? L’Europe doit être notre protection, à condition, bien sûr, que nous puissions lui donner la force attendue d’elle, c’est-à-dire, à la fois, pour être davantage présente sur la scène internationale et pour porter une politique de croissance. Le plan JUNCKER, de ce point de vue, est quand même une étape importante qui va maintenant être franchie.

Bernard GUETTA : On entend, monsieur le Président, qu’il faut aujourd’hui tenir compte de la montée de ces nouvelles forces et de l’aspiration à plus de croissance, plus d’investissement. Mais on dit beaucoup à Berlin, en ce moment, que madame MERKEL, petit à petit – elle est toujours comme cela madame MERKEL – se rallierait à l’idée de la nécessité d’investissement non seulement dans l’Union, mais aussi en Allemagne, dans son propre pays. Est-ce que vous entendez cette musique monter, est-ce que vous vous attendez à une évolution, même mesurée, de la Chancelière sur cette question ?

LE PRESIDENT : Vous savez, j’ai des relations, depuis 2 ans et demi, avec madame MERKEL. Elles sont de l’ordre de la sincérité et, en même temps, de la franchise et du travail commun. Nous nous disons les choses. Nous ne sommes pas de la même sensibilité, mais nous avons le même enjeu, le même intérêt : faire que l’Europe puisse être plus forte, plus solidaire dans ses choix et plus active dans ses politiques de croissance. Ce qu’elle attend, elle le dit suffisamment, c’est qu’un pays comme la France puisse être compétitif. Ce que nous attendons de l’Allemagne, c’est qu’un pays comme l’Allemagne puisse être davantage dans la relance de la croissance. Nous essayons donc de trouver...

Bernard GUETTA : Trouver la convergence.

LE PRESIDENT : La convergence. Chacun doit…

Bernard GUETTA : Est-ce qu’on la trouve ?

LE PRESIDENT : Oui. Je vais rencontrer madame MERKEL encore, le dimanche 11.

Bernard GUETTA : Ce dimanche ?

LE PRESIDENT : Ce dimanche.

Bernard GUETTA : Sur l’investissement, sur la croissance ?

LE PRESIDENT : A l’initiative du Président du Parlement européen, Martin SCHULZ. Il est allemand, mais il est aussi francophone et francophile. Nous allons parler, justement, de l’avenir de l’Europe, parler de la relation franco-allemande. Avec madame MERKEL, nous nous sommes beaucoup rapprochés à l’occasion de la crise ukrainienne.

Bernard GUETTA : Monsieur le Président, pardon, mais c’est une information très importante que vous nous donnez. Cela veut dire qu’il y a une accélération de cette convergence franco-allemande sur la nécessité de la croissance ?

LE PRESIDENT : Nous devons nous parler, travailler, pour que chacun fasse ce qu’il a à faire dans la situation où chacun de nos pays se trouve. L’Allemagne a des conditions pour que l’investissement puisse repartir davantage. La France doit montrer, et elle le montre, qu’elle est capable d’avoir une économie plus forte, plus souple, plus dynamique. Je vais en faire la démonstration. Dans ces conditions nous devons faire que l’Europe puisse prendre davantage de risques, soit elle-même plus audacieuse. Audacieuse, lorsqu’elle peut intervenir comme médiatrice dans un conflit comme en Ukraine, ce que nous avons fait avec madame MERKEL.

Patrick COHEN : On y vient.

LE PRESIDENT : Audacieuse sur le plan international, il y a suffisamment de sujets, et audacieuse pour elle-même, pour savoir ce que nous voulons faire de la zone euro, comment nous pouvons, non pas simplement faire que des disciplines s’ajoutent à des disciplines, mais que nous puissions avoir un espace économique commun, avec des harmonisations fiscales, sociales. Je note qu’à partir du 1er janvier le SMIC a été introduit en Allemagne. C’était quand même, là aussi, une décision qui a été souhaitée et qui a été prise. On avance donc ensemble, avec nos différences de situations.

Je l’ai évoqué : l’Allemagne est un pays déclinant démographiquement. La France est un pays en croissance démographique. Aujourd’hui cela nous fait un certain nombre de contraintes sur le plan de la lutte contre le chômage : il faut créer plus d’emplois encore. Mais à terme, en 2050, la France sera le pays le plus peuplé d’Europe. Un jour madame MERKEL m’a dit la chose suivante, et j’ai été très attentif, elle m’a dit : « Nous, notre problème, c’est que nous allons perdre 5 millions d’emplois dans les prochaines années, parce que nous avons des salariés qui vont partir à la retraite. Nous avons, certes, une politique migratoire ». L’Allemagne a une politique d’immigration. C’est pour cela que madame MERKEL a eu des mots, d’ailleurs assez forts, sur l’immigration. Elle dit « on va avoir des immigrés supplémentaires, mais nous on est conscient qu’on a une population active qui diminue. Vous, la France, vous avez cette chance, vous avez cette force, d’avoir une jeunesse nombreuse ». Je lui réponds : « oui, mais il faut que cette jeunesse nombreuse ait un emploi. »

Patrick COHEN : Alors, le conflit ukrainien, et la Russie.

Le journaliste : Oui, je voudrais d’abord dire un petit mot des migrants, puisque vous avez parlé avec madame MERKEL de l’immigration. Ces cargos poubelles qui arrivent sur les côtes italiennes, est-ce que l’Europe est en mesure et a la volonté de faire quelque chose pour tous ces désespérés ?

Patrick COHEN : L’Europe et la France.

LE PRESIDENT : Vous avez raison d’insister sur la situation des désespérés, que certains passeurs, cyniques, odieux, abjects, font circuler sur des rafiots et laissent en pleine mer. C’est l’Europe qui a été amenée à les sauver, tant mieux, pour les ramener sur nos côtes. C’est ce qui se passe. Il y a eu trois navires qui ont été délibérément échoués.

Qu’est-ce que doit faire l’Europe ? Elle doit surveiller les frontières extérieures (c’est ce que nous avons mis en place, un système qui s’appelle Frontex) et mettre davantage de moyens. L’Europe doit avoir une politique d’asile par rapport à ces Syriens. Aujourd’hui, qui fait le plus d’efforts pour les Syriens ? Ce n’est pas la France, c’est l’Allemagne et la Suède. Sur les Irakiens, il en est de même. Nous, nous avons un sujet : lorsqu’un certain nombre de ces réfugiés veulent aller au Royaume-Uni, ils sont arrêtés à Calais. Il y a aujourd’hui 2000 personnes dans cette situation, 3 fois plus qu’il y a 1 an. L’Europe doit faire face et organiser une politique d’asile pour répondre rapidement aux demandes faites, pour les accepter lorsqu’elles sont légitimes et les refuser lorsqu’elles ne le sont pas.

Enfin, ce qu’on attend de l’Europe, c’est aussi de régler les crises qui justifient les politiques qui sont maintenant mises en place. Si on ne crée pas de situation permettant qu’en Syrie, qu’en Irak, en Libye, il y ait un ordre public et qu’il y ait une transition politique, nous aurons toujours des populations qui voudront venir en Europe, qui arrivent en Italie, qui arrivent en Espagne, et qui vont ensuite dans toute l’Europe. Ces populations, on ne peut pas les laisser dans cette situation. En même temps, ces populations doivent vivre là où elles ont eu toujours leur vie et leur destin.

Bernard GUETTA : Avant d’en revenir au Proche-Orient, on va faire une question simple. Que veut monsieur POUTINE en Ukraine ? Vous l’avez eu 25 fois au téléphone depuis le début de cette crise, vous l’avez rencontré 2 fois en face à face, que veut monsieur POUTINE ?

LE PRESIDENT : Monsieur POUTINE ne veut pas annexer l’Est de l’Ukraine.

Bernard GUETTA : Vous en êtes sûr ?

LE PRESIDENT : J’en suis certain.

Bernard GUETTA : Il vous l’a dit ?

LE PRESIDENT : Il me l’a dit. Alors, je pourrais ne pas le croire, je vois ce qu’il a fait en Crimée, ce n’est pas la même chose…

Bernard GUETTA : Est-ce qu’il ne veut pas instaurer un protectorat ?

LE PRESIDENT : Ce qu’il veut, c’est rester influant. Ce que veut monsieur POUTINE, c’est que l’Ukraine ne bascule pas dans le camp de l’OTAN…

Bernard GUETTA : Et vous bloquerez cette entrée de l’Ukraine dans l’OTAN ?

LE PRESIDENT : … l’idée étant, pour monsieur POUTINE, de ne pas avoir de présences militaires à ses frontières.

Bernard GUETTA : Bien sûr.

LE PRESIDENT : Ce que, nous, nous voulons de monsieur POUTINE, c’est qu’il respecte l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Ce que nous voulons de monsieur POUTINE, c’est qu’il ne soutienne plus les séparatistes. Ce que nous voulons de monsieur POUTINE, c’est qu’il y ait des relations économiques qui puissent se faire avec l’Ukraine. C’est pour cela que je cherche, depuis des mois, ce qui peut être l’accord, parce qu’il y a eu près de 5.000 morts. 5.000 morts à 2 h 00 / 3 h 00 de Paris… 5.000 morts…

Luc LEMONNIER : Bien sûr.

LE PRESIDENT : Il y a encore des morts, il y a des populations déplacées, donc l’Europe elle ne peut pas rester indifférente. Et le rôle de la France, on pourrait se dire : « Qu’est-ce qu’on va faire en Ukraine, c’est loin, la France c’est plutôt la Méditerranée ». Non. La France et l’Allemagne ont considéré que nous avions à chercher une solution. Ce qui fait que nous avons dès le 6 juin, vous vous souvenez les commémorations, j’avais fait en sorte que POUTINE puisse rencontrer POROCHENKO, le président ukrainien, avec madame MERKEL. Et ça a été l’amorce de quelque chose qui n’a pas suffit puisqu’après il y a eu de nouveau la guerre.

INTERVENANT : Et vous allez à Astana le 15 janvier.

LE PRESIDENT : Et je vais à Astana le 15 janvier à une condition, à une condition, c’est qu’il puisse y avoir de nouveaux progrès. Si c’est pour se réunir, se parler sans qu’il y ait des avancées, ce n’est pas la peine. Mais je pense qu’il y en aura parce que j’ai eu monsieur POUTINE et monsieur POROCHENKO et madame MERKEL avant Noël, et nous avons pu faire que les prisonniers qui étaient retenus par chaque camp puissent être libérés, donc il y a des progrès. Mais pour rester sur la question de Bernard GUETTA, la question la plus importante, c’est qu’il faut parler à POUTINE, je l’ai fait. Mais en même temps il faut parler clairement ; il faut lui dire ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas. Et lui-même doit savoir s’arrêter, et il le paie suffisamment cher.

INTERVENANT : Très cher.

LE PRESIDENT : Aujourd’hui, les sanctions dont on a pu dire : « Elles n’auront pas d’effet », la baisse du prix du pétrole qui à certains égards économiquement nous arrange, et lui l’affaiblit, il n’en dit rien, bien sûr qu’il ne laisse pas penser qu’il a la moindre difficulté, il en a des difficultés.

Bernard GUETTA : Le Proche-Orient…

LE PRESIDENT : Mais si la Russie a une crise, ce n’est pas forcément bon non plus pour l’Europe. Donc je ne suis pas pour la politique du pire, et je pense que les sanctions maintenant doivent s’arrêter, doivent s’arrêter au sens… Elles doivent être levées s’il y a des progrès, s’il n’y a pas de progrès, les sanctions demeureront.

Bernard GUETTA : Le Proche-Orient, si vous permettez. Les militaires américains viennent de déclarer très clairement que pour faire reculer réellement les djihadistes de l’Etat islamique, dont on a arrêté la progression mais qu’on n’a pas fait reculer, il faudrait énormément de temps encore. Est-ce que dans ces conditions, il n’est pas temps de s’allier avec le diable, de s’allier avec l’Iran, de s’allier même avec Bachar el-ASSAD pour combattre les djihadistes de l’Etat islamique ?

LE PRESIDENT : Vous savez, quand vous commencez à vous allier avec le diable, il est rare que le bon dieu vous vienne en aide, donc mieux vaut éviter ce type de relation. Ce que je pense qu’il faut distinguer là encore ; l’Iran -il y a une relation avec l’Iran-, est-ce que nous allons aboutir à un accord fin juin pour la renonciation par l’Iran de l’arme nucléaire ?

Bernard GUETTA : Vous l’espérez mais est-ce que vous y croyez ?

LE PRESIDENT : En tout cas, la France ne cèdera pas là-dessus. Elle sera d’une fermeté totale. S’il n’y a pas de disposition claire sur le renoncement par l’Iran de l’arme nucléaire, il n’y aura pas d’accord du côté de la France.

INTERVENANT  : Et si ça reste flou ?

LE PRESIDENT : Vous savez que le flou n’est pas forcément une qualité, enfin si j’ai bien compris un certain nombre de remarques qui pouvaient être faites à certains égards(…). Mais sur ce point-là, donc sur l’Iran, ferme. En même temps, l’Iran est un partenaire aussi pour qu’il y ait une stabilité en Irak et en Syrie, c’est pour ça que mieux vaudrait qu’il y ait un accord. Mais je ne ferai pas un accord au prix de la paix en Syrie ou en Irak, parce que je pense que ce serait un marché de dupe. Sur le plan maintenant de ce que nous devons faire en Syrie, nous devons soutenir l’opposition. Vous savez, moi, le fait que nous ne soyons pas intervenus en Syrie quand il y a eu les armes chimiques qui ont été utilisées, c’était en août 2013.

Bernard GUETTA : Vous continuez à le regretter !

LE PRESIDENT : Oui. Vous savez, il y a deux situations qui sont à mon avis extrêmement graves pour la paix. C’est lorsque la communauté internationale n’intervient pas en temps utile. Exemple : la Syrie ; il n’y a pas eu d’intervention, on a Daech maintenant, un mouvement terroriste qui s’est installé. Et on commence à se dire : « Finalement, est-ce qu’on ne peut pas discuter avec Bachar el-ASSAD ? ». Et puis la deuxième intervention qui, à mon avis, a des effets parfaitement graves et nuisibles, on le voit en Libye, c’est quand on fait une intervention militaire et qu’on ne la prolonge pas par un dialogue politique. Vous voyez ce qui se passe en Libye.

Le journaliste : Oui, la Lybie. Est-ce qu’on va intervenir ? On a une base avancée qui est en train de se mettre en place à la frontière Niger/ Lybie. C’est la tête de pont d’une offensive de l’armée française dans ce pays ?

LE PRESIDENT : La France, elle intervient déjà dans la région, au Mali, elle fait en sorte que nous puissions soutenir les efforts des pays qui sont concernés par les actions de Boko Haram, qui a encore frappé près du Lac Tchad il y a quelques heures. Mais sur la Lybie, nous sommes effectivement dans une base avancée au Niger. Nous faisons en sorte de contenir le terrorisme qui s’y est réfugié, dans le sud de la Lybie, et la France n’interviendra pas en Lybie, parce que c’est à la communauté internationale de prendre ses responsabilités. Et pour l’instant, elle doit faire en sorte qu’il puisse y avoir un dialogue politique, il n’est même pas installé, et deuxièmement, que l’ordre puisse être rétabli. Donc c’est maintenant à l’ONU de savoir ce que la communauté va faire.

Le journaliste : Et là, la France participerait ?

LE PRESIDENT : S’il y a un mandat clair, s’il y avait une organisation qui puisse être définie et des conditions politiques ; nous n’en sommes pas là.

Le journaliste : Ça n’en prend pas le chemin, l’ONU vient de repousser les négociations.

LE PRESIDENT : Ça n’en prend pas le chemin, donc qu’est-ce que fait la France pour ne pas rester inactive ? Parce que, comme on sait que, au sud de la Lybie, il y a maintenant des foyers terroristes très importants, les mêmes qui d’ailleurs étaient au Mali, les mêmes qui peuvent se retrouver au Nigeria ou ailleurs, c’est un refuge, nous avons installé une base, et je vais vous en faire ici la confidence, si on peut la faire à la radio.

Patrick COHEN : Oui, oui, vous pouvez.

LE PRESIDENT : Pour tous ceux peut-être qui peuvent nous écouter, nous les frapperons chaque fois qu’ils sortiront de ces lieux où ils se sont cachés. C’est pour ça qu’il y a cette base.

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