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Charlie Hebdo - Déclarations du Président de la République

Published on 9 janvier 2015
Déclarations de la Présidence de la République

Allocution du Président de la République, François Hollande

Paris, 9 janvier 2015

Mes chers compatriotes,

La France a été attaquée trois jours de suite : mercredi, avec l’attentat contre CHARLIE HEBDO, qui a fait douze morts et plusieurs blessés graves ; jeudi, avec le meurtre d’une policière municipale et l’agression d’un employé de Montrouge ; et aujourd’hui, avec deux prises d’otages dont l’une à Paris, Porte de Vincennes, qui a fait quatre morts.

La France a fait face. D’abord, j’exprime toute ma solidarité aux familles, aux victimes, aux blessés. La France a fait face, parce que quand elle surmonte une épreuve, c’est une tragédie pour la Nation et c’est une obligation pour nous, d’y faire face.

Les assassins ont été mis hors d’état de nuire grâce à une double intervention : l’une à Dammartin-en-Goële dans un entrepôt, l’autre Porte de Vincennes, dans le magasin casher. Je veux saluer le courage, la bravoure, l’efficacité des gendarmes, des policiers, de tous ceux qui ont participé à ces opérations. Je veux leur dire que nous sommes fiers, fiers d’eux car quand l’ordre a été donné, ils ont porté l’assaut dans le même mouvement et avec le même résultat. Ils l’ont fait pour sauver des vies humaines, celles des otages. Ils l’ont fait pour neutraliser les terroristes, ceux qui avaient assassiné.

Mais la France, même si elle est consciente d’avoir fait face, même si elle sait qu’elle peut disposer avec les forces de sécurité, d’hommes et de femmes capables de courage et de bravoure, la France n’en a pas terminé avec les menaces dont elle est la cible.

Je veux vous appeler à la vigilance, à l’unité et à la mobilisation. La vigilance, c’est d’abord à l’Etat d’en faire la démonstration. Avec le Premier ministre, j’ai encore renforcé tous les moyens pour protéger nos lieux publics et faire en sorte que nous puissions vivre tranquillement sans à aucun moment pouvoir être dans l’objet d’une menace ou d’un risque. Mais nous devons être vigilants.

Je vous appelle aussi à l’unité, car je l’avais exprimé devant les Français, c’est notre meilleure arme. Nous devons démontrer notre détermination à lutter contre tout ce qui pourrait nous diviser et d’abord être implacables à l’égard du racisme et de l’antisémitisme. Car aujourd’hui, dans ce magasin casher, c’est bien un acte antisémite effroyable qui a été commis.

Ne pas nous diviser, cela veut dire que nous ne devons faire aucun amalgame, refuser aucune facilité, écarter toute surenchère. Ceux qui ont commis ces actes, ces terroristes, ces illuminés, ces fanatiques, n’ont rien à voir avec la religion musulmane.

Enfin, nous devons nous mobiliser. Nous devons être capables de répondre aux attaques par la force lorsque nous sommes obligés de l’utiliser, mais également par la solidarité. Cette solidarité, nous devons en montrer toute l’efficacité. Nous sommes un peuple libre qui ne cède à aucune pression, qui n’a pas peur, parce que nous portons un idéal qui est plus grand que nous et que nous sommes capables de le défendre partout où la paix est menacée. Je veux une fois encore saluer nos soldats qui font en sorte que nous prenions nos responsabilités face au terrorisme.

De nombreux chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier ont voulu nous exprimer leur solidarité. Plusieurs m’ont fait savoir qu’ils seront là lors du grand rassemblement de dimanche. Je serai avec eux et j’appelle tous les Françaises et les Français, à se lever ce dimanche, ensemble, pour porter ces valeurs de démocratie, de liberté, de pluralisme, auxquelles nous sommes tous attachés et que l’Europe d’une certaine façon représente.

Dans cette épreuve, je vous l’assure, nous sortirons encore plus forts.

Vive la République et vive la France.


Déclaration du Président de la République au Palais de l’Elysée

Paris, 7 janvier 2015

Mes chers compatriotes,

Aujourd’hui, la France a été attaquée en son cœur à Paris, dans les locaux mêmes d’un journal. Cette fusillade d’une violence extrême, a tué douze personnes et en a blessé plusieurs, des dessinateurs de grand talent, des chroniqueurs courageux sont morts. Ils avaient marqué par leur influence, par leur insolence, par leur indépendance des générations et des générations de Français. Je veux ici leur dire que ce message, ce message de la liberté, nous continuerons à le défendre en leur nom.

Ce lâche attentat a également tué deux policiers, ceux-là mêmes qui étaient chargés de protéger CHARLIE HEBDO et la rédaction de ce journal qui était menacée depuis des années par l’obscurantisme et qui défendait la liberté d’expression.

Ces hommes, cette femme, sont morts pour l’idée qu’ils se faisaient de la France, c’est-à-dire la liberté. Je veux ici en votre nom, dire toute notre reconnaissance aux familles, aux éprouvés, aux blessés, aux proches, à tous ceux qui sont aujourd’hui meurtris dans leur chair par ce lâche assassinat. Ce sont aujourd’hui nos héros et c’est pourquoi demain sera une journée de deuil national, je l’ai décrétée. Il y aura à douze heures un moment de recueillement dans tous les services publics et j’invite toute la population à s’y associer. Les drapeaux seront en berne trois jours.

Aujourd’hui, c’est la République toute entière qui a été agressée. La République, c’est la liberté d’expression ; la République, c’est la culture, c’est la création, c’est le pluralisme, c’est la démocratie ; c’est ça qui était visé par les assassins ; c’est l’idéal de justice et de paix que la France porte partout sur la scène internationale et ce message de paix, de tolérance que nous défendons aussi à travers nos soldats pour lutter contre le terrorisme et le fondamentalisme.

La France a reçu des messages de solidarité et de fraternité du monde entier et nous devons en prendre toute la mesure. Nous devons répondre à la hauteur du crime qui nous frappe, d’abord en recherchant les auteurs de cette infamie et faire en sorte qu’ils puissent être arrêtés, puis ensuite jugés et punis très sévèrement. Et tout sera fait pour les appréhender. Aujourd’hui, l’enquête avance sous l’autorité de la justice.

Nous devons aussi protéger tous les lieux publics et le gouvernement a mis en place ce qu’on appelle le plan Vigipirate attentats, c’est-à-dire que des forces de sécurité vont être déployées partout, là où il peut y avoir le début d’une menace.

Enfin nous devons être nous-mêmes conscients que notre meilleure arme, c’est notre unité, l’unité de tous nos concitoyens face à cette épreuve. Rien ne peut nous diviser, rien ne doit nous opposer, rien ne doit nous séparer. Demain, je réunirai les présidents des deux assemblées ainsi que les forces représentées au Parlement pour montrer notre commune détermination.

La France, elle est grande quand elle est capable dans une épreuve de se mettre au meilleur niveau, c’est-à-dire à son niveau, le niveau qui a toujours fait que la France a pu surmonter des épreuves ; la liberté sera toujours plus forte que la barbarie. La France, elle a toujours vaincu ses ennemis quand elle a su justement faire bloc autour de ses valeurs. C’est ce que je vous invite à faire, le rassemblement, le rassemblement de tous, sous toutes ses formes, voilà ce qui doit être notre réponse. Rassemblons-nous face à cette épreuve et nous gagnerons car nous avons toutes les capacités de croire en notre destin et rien ne pourra nous faire fléchir de la détermination qui est la nôtre.

Rassemblons-nous.

Vive la République et vive la France !


Déclaration de la Présidence de la République

Paris, 7 janvier 2015

A la suite de l’attentat perpétré ce matin à Charlie Hebdo, lors duquel au moins 12 personnes ont été tuées, François Hollande s’est rendu sur place et a dénoncé un acte d’une exceptionnelle barbarie.

Il a annoncé le relèvement du plan Vigipirate à son niveau le plus élevé en Ile de France. Une réunion avec les ministres directement concernés a été organisée aujourd’hui à 14h à l’Elysée.

Le président de la République a déclaré qu’ « aucun acte barbare ne saura jamais éteindre la liberté de la presse. Nous sommes un pays uni qui saura réagir et faire bloc ».

Il s’adressera à la Nation ce soir en direct à 20h.

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