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Charlie Hebdo - Moment de recueillement à l’ambassade

Published on 8 janvier 2015
Brève allocution de l’ambassadeur de France à Washington, Gérard Araud
Washington, 8 janvier 2015

I will say first a few words in English. The very first thing is that we have been overwhelmed by the outpour of messages expressing the grief, the solidarity of our American friends. I think that in these terrible moments you really see what friendship is, and once more to our American friends—officials, some of them here— we say we are grateful for their presence, but also to individuals, ordinary Americans. All these messages have been for us a great moment in our friendship, in our long history. Thank you very much—especially for the messages we have received not only from President Obama, but also from the Secretary of State. And now I will speak in French.

Comme vous le savez Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, le Président de la République a déclaré un deuil national aujourd’hui et nous a demandé à midi de respecter une minute de silence.

Je voudrais simplement en quelques mots vous dire ce que pourrait être la signification de cette minute de silence. Tout d’abord évidemment une minute de silence pour douze individus qui sont morts. C’est un chiffre, ce sont des visages, c’est difficile de le comprendre mais il est important de ressentir à la fois ces douze vies qui ont été brisées, mais aussi les souffrances de tous ceux qui les entourent : les compagnons, les compagnes, les parents, les enfants, les amis qui portent désormais en eux, en elles cette douleur qu’ils sont seuls à pouvoir porter.

Je voudrais également que dans cette minute nous puissions penser à la France. La France c’est évidemment les morts qui nous ont précédés, c’est évidemment l’histoire qui nous enveloppe. Mais La France c’est vous, c’est chacun d’entre vous. La France de demain, c’est vous, c’est vos enfants qui la font et qui la feront. Cette attaque est contre la France. La France ce n’est pas une religion, la France ce n’est pas une origine ethnique, la France c’est une volonté de vivre ensemble. Et bien cette volonté de vivre ensemble on essaie aujourd’hui de la tuer et c’est à nous de la réaffirmer. Vous savez ce n’est pas facile mais nous devons dans notre vie, dans notre enseignement, dans nos votes, dans nos discussions, nous devons rappeler, prouver que la France c’est la France de la Cathédrale de Chartres mais la France de la révolution, que c’est la France de St Louis et la France de Voltaire. Et aujourd’hui, la France c’est la France de Frank et la France de Ahmed. Tous deux sont morts pour la France, tous deux sont morts pour notre liberté et je vous propose donc de penser à eux dans ces moments.

Je vous prie d’observer maintenant une minute de silence.

Cliquer ici pour voir les photos de la minute de silence

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