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Remarques de Mme Ségolène Royal, lors de l’arrivée de l’Hermione à Yorktown

Published on 5 juin 2015
Remarques de Madame la Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, lors de l’arrivée de l’Hermione à Yorktown, en Virginie (5 juin 2015).

Gouverneur McAuliffe,
Président Shepperd,
Cher Miles Young,
Chers amis de l’Hermione
Mesdames et Messieurs

Je suis très heureuse de me joindre à vous ici aujourd’hui pour accueillir l’Hermione au nom du Président de la République française et du Gouvernement français et en tant que ministre en charge de la mer et du développement durable.

Cette aventure extraordinaire se concrétise en partie grâce à l’appui de ma région Poitou-Charentes. Aujourd’hui, un rêve devient réalité, un rêve de milliers de bénévoles dirigés par Benoît Donnelly, impliqué depuis plus de dix ans, le rêve de territoires comme le Poitou-Charentes, le Département de Charentes-Maritime, et la ville de Rochefort ; le rêve de 50 petites sociétés spécialisées dans tout l’artisanat nécessaire pour reconstruire le navire comme il était en 1780 : pour la menuiserie, les voiles, la ferronnerie et la fonderie de canons. Le rêve de 4 millions de visiteurs sur le site de construction au cours des dix dernières années ; le rêve des étudiants en formation professionnelle à qui j’ai demandé de faire le mobilier pour le navire ; un rêve que je voudrais partager avec tous nos amis américains, grâce au dévouement de Miles Young et de son équipe.

Un grand merci à Yorktown pour son accueil chaleureux ! Et bravo à l’équipage de l’Hermione ; à son capitaine, Yann Cariou ; à ses marins expérimentés ; et à ses 100 jeunes volontaires !

Lafayette était à peine âgé de vingt ans quand il a traversé l’Atlantique pour la première fois pour rejoindre les insurgés américains. A Paris, il a plaidé pour la cause du pays qu’il considérerait à jamais comme sa seconde patrie. Il est retourné à bord de L’Hermione, apportant avec lui de bonnes nouvelles : l’arrivée imminente des troupes et des navires de guerre envoyés par la France. La victoire de Yorktown, obtenue par les troupes américaines et françaises combattant ensemble, a scellé le sort de la guerre.

De retour en France en 1782, Lafayette a ardemment partagé son admiration pour les institutions américaines. Il a nommé son fils George Washington et a baptisé une de ses filles Virginie en hommage aux vaillants Virginiens.

Le voyage de L’Hermione est un des moments clés du fondement de l’alliance fraternelle entre les Etats-Unis et la France, une alliance qui n’a jamais failli lorsque des enjeux vitaux étaient en jeu : d’abord la question de la liberté dans le Nouveau Monde ; puis, dans deux conflits différents, la libération de la France et de l’Europe. Comme l’a dit le président Obama lors du départ d’Hermione des côtes françaises : "pendant plus de deux siècles, les États-Unis et la France ont résisté, unis dans la liberté obtenue sur les champs de bataille où une révolution a été gagnée, sur les plages où la libération d’un continent a commencé, plusieurs générations de nos peuples ont défendu les idéaux qui nous guident à savoir : surmonter l’obscurité de l’oppression et de l’injustice avec la lumière de la liberté et de l’égalité, encore et encore ".

Maintenant, monsieur le gouverneur, je vais vous remettre la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen que j’ai confiée à l’équipage de l’Hermione quand elle a pris la mer depuis Rochefort le 18 avril. Ce texte fondateur de notre République a été largement inspiré par votre déclaration d’indépendance.

C’est Lafayette qui le premier a proposé à notre Assemblée constituante, en 1789, d’adopter la Déclaration des droits de l ’Homme. Je voulais apporter symboliquement ce texte important jusqu’à la terre qui lui a donné son impulsion initiale

Comme l’a écrit Lafayette :" Pour que la liberté s’épanouisse, il faudra toujours que des hommes se lèvent et secouent l’indifférence et la résignation."

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