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COP21 / Paris 2015 - Archives

Published on 16 septembre 2015


- Conférence de Paris pour le climat - Présidence du GIEC - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 15/10/2015)

- Conférence de Paris pour le climat - Conférence « Climat et défense : quels enjeux ? » - Déclaration de M. François Hollande, président de la République (Paris, 14/10/2015)

- Conférence de Paris pour le climat - Sécurité alimentaire - Communiqué du ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt (Rome, 13/10/2015)

- Engagements pris par de grandes villes américaines et chinoises - Déclaration de M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Président de la COP21 (Paris, 16 septembre 2015)

- Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21, avec « Europe 1 », « I-Télé » et « Le Monde » (Paris, 30 août 2015)

- Semaine des ambassadeurs - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21, pour la clôture de la séance « La société civile au coeur de la préparation de la COP21 » (Paris, 26 août 2015)

- Les engagements des entreprises dans la COP21 - Actualité en France (numéro 7 - août 2015)

- Déclaration conjointe de Laurent Fabius et d’Annick Girardin (Paris, 19 août 2015)

- Loi de transition énergétique - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 14 août 2015)

- Sommet des consciences pour le climat - Allocution de M. François Hollande, président de la République (Paris, 21 juillet /2015)

- Sommet des consciences pour le climat - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21 (Paris, 21 juillet /2015)

- Sommet des consciences pour le climat - Toast de M. François Hollande, président de la République (Paris, 20 juillet /2015)

- Première consultation ministérielle sur le climat - Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21 (Paris, 21 juillet 2015)

- Publication de l’encyclique « Laudato Si » sur la question écologique

- Déclaration conjointe d’Angela Merkel et de François Hollande - Appel pour l’Action sur le Climat dans le cadre du Dialogue de Petersberg (19 mai 2015)

- Clôture de la 6ème édition du Dialogue de Petersberg sur le climat (19 mai 2015)

- Action de l’Etat de Californie en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre en vue de la COP21

- La France a été officiellement nommée pays hôte de la 21e conférence climat en 2015 (Paris 2015) lors de la 19e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques de Varsovie (COP19).

- Une Conférence des Parties aux enjeux sans précédent


Déclaration de M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Président de la COP21

Engagements pris par de grandes villes américaines et chinoises

Paris, 16 septembre 2015

Je salue les engagements ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris cette semaine par un ensemble de grandes villes américaines et chinoises.

A quelques semaines de l’ouverture de la Conférence de Paris, cette mobilisation montre de la détermination des villes et des régions à contribuer au succès de la COP21. Elle montre aussi la volonté des Etats-Unis et de la Chine de renforcer leur coopération sur les questions climatiques.

J’encourage les autres métropoles du monde à rejoindre ce mouvement positif.


Déclaration conjointe de Laurent Fabius et d’Annick Girardin

Paris, 19 août 2015

A près de 100 jours du début de la COP21, nous saluons les récentes contributions nationales de trois pays africains, le Bénin, Djibouti et la République démocratique du Congo. Ces trois pays ont bénéficié d’un soutien de la France dans la préparation de ces contributions, conformément à l’engagement pris à Lima d’aider les pays qui en ont besoin à préparer cette étape importante vers la conférence de Paris.

Les documents produits par le Bénin, Djibouti et la République démocratique du Congo portent à 56 le nombre de contributions nationales désormais déposées auprès du secrétariat de la convention-cadre sur les changements climatiques. Ces trois États proposent de maîtriser leurs émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de mener des actions d’adaptation au dérèglement climatique.

Nous saluons le dynamisme des pays africains et leur engagement dans la préparation de la COP 21.


Loi de transition énergétique - Communiqué de la présidence de la République

Paris, 14 août 2015

La loi sur la transition énergétique pour la croissance verte vient d’être validée par le Conseil constitutionnel. Elle correspond à un engagement majeur que j’avais pris devant les Français.

Elle place la France à l’avant-garde de la lutte contre le réchauffement climatique.

C’est un texte ambitieux qui se donne pour objectifs de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990, de porter la part des énergies renouvelables à plus de 30% de la consommation énergétique finale d’énergie en 2030 et de baisser à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité à horizon 2025.

Cette loi stimulera la croissance verte en favorisant l’activité dans le bâtiment, les énergies renouvelables, l’économie circulaire et les transports propres. Elle aura aussi une dimension sociale avec l’objectif « zéro gaspillage » et la lutte contre la précarité énergétique.

La France avec cette loi s’inscrit pleinement dans la mutation énergétique du nouveau siècle. Elle introduit les outils indispensables à la réussite de la transition énergétique et fait de la France une référence à la veille de la Conférence de Paris sur le climat./.



Sommet des consciences pour le climat - Allocution de M. François Hollande, président de la République (Paris, 21 juillet /2015)

Monsieur le Président de la République d’Irlande,

Votre Altesse,

Monsieur le Président du Conseil économique, social et environnemental,

Mesdames, Messieurs qui représentez la diversité du monde, des convictions, des religions, des continents, des territoires,

Vous êtes rassemblés ici, à la veille de la Conférence de Paris qui se tiendra en décembre prochain et qui décidera de l’avenir de notre planète pour longtemps.

Je veux ici vous dire quel est l’enjeu. L’enjeu c’est de conclure un accord qui puisse être global, contraignant, différencié, qui s’applique partout et qui puisse être respecté.

Cet enjeu s’ajoute à d’autres objectifs qui sont notamment discutés ou qui vont l’être lors de l’Assemblée générale des Nations unies au mois de septembre prochain, à l’initiative du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Nous appelons ces objectifs ceux du millénaire, c’est-à-dire du développement. Ces deux négociations - celle du climat, celle du développement - se conjuguent l’une et l’autre pour porter notre planète au niveau qui est celui du respect.

Nous avons besoin de tous pour parvenir à ces accords. Nous avons besoin des chefs d’État et de gouvernement qui représentent la légitimité, besoin des acteurs locaux qui s’engagent, besoin des entreprises ; mais nous avons aussi besoin des citoyens du monde. Nul ne peut prétendre les représenter. Ils sont eux-mêmes uniques et multiples : des milliards d’individus qui s’interrogent sur ce qu’est la destinée humaine.

D’une certaine façon, c’est vous qui les représentez. Ils se reconnaissent dans les convictions que vous portez, dans les cultes que vous pratiquez, dans les philosophies que vous partagez, dans les cultures que vous incarnez.

Nous appelons conscience ce qui relève de l’individu dans ce qu’il a de plus essentiel, ce qui l’anime, ce qui lui donne un sens. Quel est le rapport qu’il entretient avec les autres, avec le monde, avec sa propre vie ? C’est pourquoi il nous a été recommandé par Nicolas Hulot d’avoir ce Sommet, de mettre la conscience au plus haut et de faire appel à toutes celles et tous ceux qui dans le monde peuvent inspirer, mais peuvent aussi communiquer, parler, exprimer ce qu’ils pensent de ce que nous avons à faire au mois de décembre prochain.

Il est vrai que la science nous est précieuse et qu’elle nous indique aujourd’hui sans qu’il y ait de contestation possible que si rien n’est fait, la planète se réchauffera à un niveau et avec une telle intensité que notre monde sera de plus en plus difficile à vivre, qu’il y aura cette succession de catastrophes, de cyclones, d’inondations, de désertifications.

La science nous permet aussi de fixer des objectifs et c’est grâce au GIEC - à ce groupement international d’experts de plus haut niveau - que nous savons que nous devons limiter le réchauffement à 2 degrés d’ici la fin du siècle.

Pour y parvenir, nous avons besoin d’un accord sur le climat, d’un accord ambitieux car nous savons que si rien n’est fait, ce n’est pas 2 degrés mais 4 degrés qui seront l’indicateur du réchauffement de la planète ; que même aujourd’hui, avec un accord qui pourrait être celui que l’on entrevoit avec les négociations et avec les contributions qui ont été déposées par chacun des États, nous sommes encore au-dessus de 2 degrés, sans doute 3 degrés.

Comment faire ? Un accord sur le climat signifie renoncer à utiliser 80% des ressources d’énergies fossiles facilement accessibles dont nous disposons encore. Nous pouvons le vivre comme une contrainte - cela en est une - mais aussi comme une opportunité pour bâtir un monde plus sûr et plus équitable et développer grâce aux progrès technologiques les énergies solaires, éoliennes, géothermiques, hydroliennes, c’est-à-dire les énergies renouvelables qui deviendront à terme la norme et non plus, comme aujourd’hui, l’exception.

C’est un changement considérable que nous pouvons ouvrir avec un accès à l’énergie pour tous, puisque ces énergies dites renouvelables sont d’une certaine façon celles que nous pouvons produire sans nuire, sans prélever.

C’est donc aussi un enjeu d’équité, de partage, de développement. Comme l’ont dit mes prédécesseurs, changer de modèle énergétique ne se fera pas en un seul jour, or nous devons faire en sorte qu’il puisse y avoir des innovations, des idées nouvelles. Grâce à cette mobilisation, grâce à vos témoignages, nous pouvons déjà traduire dans des objectifs réalisables ce que vous avez pu faire.

Les émissions générées par l’exploitation des terres représentent environ un quart des émissions globales de gaz à effet de serre. C’est une réalité, mais alors mieux gérer les sols, les surfaces agricoles, les prairies, les zones humides, les forêts, tout cela peut rapidement absorber et stocker 7 à 10 gigatonnes d’équivalents carbone et cela, chaque année, jusqu’en 2030. C’est-à-dire la moitié du total de réduction des émissions de CO2 dont nous avons besoin les dix ou vingt prochaines années. Ces actions, de plus, auront comme effet de stimuler la fertilité des sols participant à la sauvegarde de récoltes pour quelque 500 millions de petits agriculteurs, et contribuer à la sécurité alimentaire. Je prends cet exemple car il est le plus probant : en économisant l’énergie, en stockant ce que nous pouvons faire, en assurant la fertilité des sols, nous répondons à deux enjeux, celui d’abord de limiter les émissions de gaz à effet de serre, et l’autre, qui est de nourrir la planète sans risque pour elle-même.

C’est le sens de l’initiative « 4 pour 1 000 », lancée par le ministre de l’agriculture français, Stéphane Le Foll, qui consiste justement à récupérer et à absorber les émissions de gaz à effet de serre par les terres agricoles. Voilà ce que nous pouvons faire chacun à notre niveau, mais c’est un enjeu aussi pour la sécurité et la paix du monde. Vivre dignement là où on est né, ne pas avoir à quitter son pays pour chercher une subsistance, c’est l’un des droits fondamentaux de l’être humain, mais c’est aussi la garantie d’un monde plus sûr, car nous sommes aujourd’hui frappés par les déplacements massifs de populations.

Il y a des réfugiés des guerres, des réfugiés qui fuient le terrorisme, mais il y a également des déplacés et des réfugiés climatiques, obligés de partir, de quitter leur village, de se séparer parfois de leur famille parce qu’il n’est plus possible de vivre et de se nourrir. Voilà ce qui est en jeu à Paris en décembre. Cet enjeu est si grand qu’il exige - je vous l’ai dit - la mobilisation de tous, et je me réjouis de l’engagement dont votre présence porte témoignage. Vous n’êtes pas les seuls, même si finalement, avec les consciences, nous pourrions déjà être en paix. Vous n’êtes pas les seuls parce que vous ne devez pas être seuls.

Il y a d’abord eu à Paris un rassemblement de chefs d’entreprise qui ont apporté, eux aussi, leur contribution. Parfois par philanthropie, cela peut arriver, mais aussi par une bonne compréhension de l’intérêt économique et faire en sorte que leurs investissements, leurs décisions, leurs choix puissent être compatibles avec une planète préservée, d’où leurs propositions audacieuses - enfin, elles auraient paru audacieuses il y a quelques années, nécessaires aujourd’hui - d’introduire un prix du carbone, pour que dans les arbitrages que la finance ou les entreprises auraient à faire, il puisse y avoir l’intégration de normes climatiques et ainsi une forme de conciliation entre l’intérêt privé et l’intérêt général.

Si les entreprises s’engagent, c’est parce qu’elles sont aussi conscientes du risque. La concurrence est exacerbée de voir des pays émergents venir sans contraintes prélever sur les ressources de la planète, et en même temps, ces pays émergents nous disent qu’ils ont vocation eux aussi à prendre leur part dans la mondialisation, d’où la nécessité d’avoir des règles communes. Il y a eu également à Paris puis à Lyon, des rassemblements d’élus locaux, des régions, des territoires, venant du monde entier ; parce que là aussi, il n’y aura pas d’effectivité de l’accord qui sera signé - je l’espère - en décembre si ceux qui sont au plus près de la vie des populations ne s’engagent pas eux aussi pour économiser l’énergie, pour construire des villes différentes, pour imaginer des modes de transport, pour préserver la nature, pour faire en sorte qu’il puisse y avoir des espaces qui puissent être réservés à la population.

Nous devons donc, là encore, les associer. Puis il y a eu - toujours à Paris - grâce à l’UNESCO - et je salue sa Directrice générale - un rassemblement de 2.000 scientifiques qui ont eux aussi considéré que l’année 2015 pouvait être cruciale et que des solutions économiques réalisables étaient possibles, permettant d’offrir une perspective raisonnable pour limiter le réchauffement. Voilà cette mobilisation.

Lorsque Nicolas Hulot m’a suggéré d’organiser un Sommet des Consciences pour le Climat, il m’avait dit qu’il s’agissait d’en faire un moment de pause, - nous y sommes - de réflexion, - je l’espère - en amont de la Conférence sur le climat de décembre prochain pour répondre à une crise de civilisation qui ne dit pas son nom.

Lui-même avait souhaité que les autorités morales et religieuses puissent venir aider les États, ce n’était pas une proposition simple dans un pays comme la France, laïque, et qui considère que c’est le temporel qui doit l’emporter sur le spirituel, mais c’est une conception qui n’est pas la bonne de la laïcité. La laïcité, c’est de permettre justement à toutes les convictions, à toutes les religions, à toutes les philosophies, aux croyants comme aux non croyants, de participer à la réflexion commune. Je vous remercie d’avoir accepté cette invitation, pour nous aider à retracer un chemin dans un monde caractérisé par une profusion de science et, comme le disait Nicolas Hulot, un déficit de conscience.

C’est dans cet état d’esprit aussi que j’ai lu l’Encyclique du Pape François, qui propose à tous les êtres humains d’entrer en dialogue avec tous, en ce qui concerne notre maison commune. Ce texte cite les précieuses réflexions conduites par d’autres religions sur le thème de l’écologie, et il rend aussi hommage à votre contribution cher Patriarche Bartholomée, qui m’avez accompagné aux Philippines il y a peu.

Le Sommet des Consciences prend également acte de cette contribution. Il part du constat que la crise climatique et plus largement la crise écologique ne se réduisent pas à ces dimensions scientifiques, technologiques, économiques et politiques, mais qu’il s’agit d’une crise du sens. La cause profonde de la dégradation de l’environnement et du climat, c’est un mode de vie, un mode de production, un mode de consommation qui n’est plus compatible avec le développement humain.

C’est un rapport à la planète qu’il faut repenser entièrement et donc un choix éthique qui doit être partagé. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de nous mettre au plus haut niveau de réflexion. Depuis plusieurs années, chaque Conférence sur le climat donne lieu à des rassemblements, à des déclarations interreligieuses visant à unir tous les croyants quelle que soit leur confession mais aussi les non-croyants et avec eux, tous les êtres humains habitant la planète pour répondre au défi qui leur est posé.

Il y a un lien profond entre le respect de la nature et la promotion de la culture. Chaque fois que la nature est attaquée, la culture est mise en cause et chaque fois que la nature peut être promue, la culture y prend sa part. Là aussi, nous avons des exemples. La France offre cette particularité d’avoir été en 1861 le premier pays au monde à préserver un espace naturel. C’était la forêt de Fontainebleau et c’était à la demande des peintres de Barbizon, non pas parce qu’ils voulaient être tranquilles, mais parce que c’était pour eux leur domaine d’inspiration. Comme vous l’avez dit, monsieur le Président, la beauté du monde est aussi celle qui permet la création - non pas la création du monde, mais la création par le monde des oeuvres qui vont rester pour l’éternité.

Il y a donc un combat commun de la culture, de la pensée et du respect de la nature. Il est important de lancer un appel ; je ne cesse d’en faire partout où je me déplace : aux Philippines, à Fort-de-France, dans le Pacifique sud. Aujourd’hui c’est vous qui allez lancer un appel pour faire en sorte que chaque citoyen où qu’il vive, quelles que soient ses convictions ou ses croyances, puisse prendre part au destin commun et puisse signer lui aussi cette exigence qu’un accord puisse être conclu à Paris. Il est temps en effet de redonner du sens au progrès. C’est quand il n’y a plus de conscience du progrès que la peur envahit et la peur est la mère nourricière de tous les extrémismes, de tous les fanatismes, de tous les particularismes et parfois hélas, de tous les fondamentalismes.

Nous devons redonner confiance dans l’avenir, penser que le monde peut être meilleur, qu’il y a des risques, des catastrophes à prévenir mais qu’il est possible de gagner une fois encore cette bataille. Il a été dit que le monde avait été capable, après le second conflit qui avait au cours du XXème siècle désolé la planète, d’inventer un système des Nations unies, d’inventer des règles, des principes. Aujourd’hui, c’est le même processus qu’il faut ouvrir. Nous sommes devant un risque de conflit avec nous-mêmes et donc nous devons faire émerger des règles pour la planète et c’est le sens de la Conférence de Paris.

Il est donc temps de proposer des voies nouvelles. La question posée à la grande famille humaine est celle de son destin commun. Nous aurons à revenir sur des modes de vie, des habitudes, mais ce qui est en jeu c’est la possibilité d’amener une population qui n’a jamais été aussi nombreuse à un niveau de vie jamais atteint. Est-ce que c’est possible ? Est-ce que c’est possible d’avoir une planète habitée par de plus en plus d’êtres humains où il serait possible de vivre mieux ? C’est le devoir qui pèse sur nous. Une planète où nous serions plus nombreux mais plus malheureux ; une planète où il y aurait plus de riches mais encore davantage de pauvres ; une planète où il y aurait des conflits qui pourraient être ceux de ceux qui peuvent vivre et de ceux qui ne le peuvent plus. Voilà les risques et voilà l’enjeu : donner espoir. L’espoir pour des populations qui veulent garder leurs traditions, pour celles qui veulent pleinement s’engager dans la modernité. L’espoir est toujours à la portée de l’homme.

Le 9 juillet 1849, le grand poète Victor Hugo qui était aussi député s’exprimait ainsi : « Je ne suis pas, Messieurs, - car à l’époque il n’y avait que des messieurs dans l’Assemblée nationale française - de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère ». Celle d’hier était insupportable, celle d’aujourd’hui est intenable et celle de demain sera ingouvernable si nous ne faisons rien. Pour les citoyens du monde - et j’en suis fier - la France reste un symbole des libertés, des droits de l’Homme, et c’est sans doute pourquoi le 11 janvier dernier, quand mon pays a été frappé par le terrorisme, il y a eu autant de chefs d’État et de gouvernement, autant de peuples dans le monde qui ont été solidaires de la France.

Oui, la France est un pays de liberté qui parfois pense qu’elle peut ouvrir des chemins nouveaux et je pense qu’en décembre 2015, comme en 1789 quand la Révolution française a produit un immense espoir au monde, l’Histoire peut s’écrire à Paris cette fois-ci pour l’avenir de la planète, parce que c’est toujours de liberté qu’il s’agit. La liberté pour nos enfants, la liberté de vivre tout simplement.

Merci d’y contribuer aujourd’hui./.


Sommet des consciences pour le climat - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21 (Paris, 21 juillet /2015)

Mesdames, et Messieurs, Chers Amis,

Tout d’abord je voulais vous prier de m’excuser car je n’ai pas pu assister à l’ensemble de cette formidable journée, bravo à Nicolas pour cette organisation et il est très modeste mais c’est lui qui en est l’initiateur. Mais, il se trouve qu’au même moment, je présidais - puisque je vais présider la COP21 - une réunion d’une cinquantaine de ministres et de chefs de délégation venus du monde entier pour préparer cette COP21.

Et j’ai trouvé que dans la simultanéité entre ces deux évènements, différents d’une certaine façon mais convergents pour lutter contre le changement climatique, il y avait là sûrement l’amorce de ce qu’il faut faire.

En ce qui concerne le sommet des Consciences tout a été dit et il faut que vous sachiez que, venant d’un responsable politique, lorsque vous exprimez vos voix, qu’elles soient parlées ou chantées, ce sont des voix qui portent et qui font beaucoup pour faire progresser la cause de la lutte contre le changement climatique.

Dans le même moment, j’ai réuni une cinquantaine de ministres et de chefs de délégation venus du monde entier pour préparer cette COP21 du mois décembre. Et je voudrais, sans vous lasser, vous dire où nous en sommes et vous dire pourquoi je suis plein d’espérance. Pendant ces deux jours, nous avons travaillé dans un esprit très positif. Nos points de vue se sont rapprochés, nous avions choisi de traiter deux sujets fondamentaux. D’abord quelle est l’ambition ? Notamment celle de ne pas dépasser 2°c voire 1,5°c et quand on voit plus loin il y a d’autres ambitions qu’il faut avoir. Cet accord va-t-il être seulement à partir de 2020 voire 2030 ? Ou bien va-t-on trouver un mécanisme pour faire en sorte que cet objectif soit réévalué en permanence à la hausse et que l’on n’ait pas à recommencer cette tâche tous les cinq ou dix ans ? Et la réponse a été oui.

Il fallait aussi se mettre d’accord, et là c’est plus difficile, sur les moyens financiers et technologiques qui sont nécessaires. Là, il y a encore des points à améliorer et j’ai convoqué une nouvelle réunion au début du mois de septembre pour que nous abordions ces sujets si difficiles.

Nous avons parlé aussi d’un terme qui est un peu barbare mais tout à fait essentiel qui est celui de la différenciation. C’est vrai que les États ne sont pas dans la même situation par rapport à leur responsabilité passée vis-à-vis de l’augmentation des températures et de gaz à effet de serre et n’ont pas la même possibilité d’action. Cette notion de différenciation se retrouve dans toute une série de sujets : différenciation dans les objectifs, dans les moyens de contrôle, dans les sources de financement. Et là j’ai constaté aussi, avec une grande satisfaction, que les points de vue étaient en train de se rapprocher. La conclusion que je tire à l’issue de ces deux journées de travail avec des personnalités représentatives c’est que les choses avancent.

J’ai dit qu’il y avait deux réunions simultanées. Celle-ci et celle que j’appellerais celle des gouvernants. Une erreur, et vous ne l’avez pas commise, serait de séparer ces deux espaces alors que la solution se trouve dans leur rapprochement et je dirais, en employant un terme qui a dû être utilisé aujourd’hui, dans leur communion. S’il n’y a que la conscience, qu’elle soit exprimée par de grandes voix ou qu’elle soit simplement ressentie par chacun d’entre nous, c’est nécessaire, c’est le terreau qui permet de faire tout croître. Mais il n’y a pas de débouchés immédiats, puisque, dans le système institutionnel qui est le nôtre, ce sont les gouvernements qui, le moment venu, prendront les décisions. Le 11 décembre, j’y pense souvent, j’aurai un texte et je devrai poser la question aux 196 parties réunies que ceux qui sont d’accord pour l’adopter veuillent bien lever la main et il faut qu’il n’y ait aucune main levée contre.

Pour parvenir à cela, il est essentiel d’avoir la prise de conscience de grandes voix comme les vôtres et de centaines de millions d’individus. Mais il faut que ces voix il faut les faire passer aux gouvernements. Si les voix ne sont pas là, les gouvernements n’auront pas l’énergie nécessaire, ni le courage. Mais si les gouvernements ne sont pas là, les prises de conscience existeront mais ne déboucheront pas sur une décision concrète. C’est très important et significatif que ces deux réunions aient eu lieu en même temps.

Maintenant, avant de conclure ce court propos - et je reconnais qu’Arnold est bien meilleur comme Terminator que moi -, je voulais réfléchir avec vous : pourquoi sommes-nous en bien meilleure position pour répondre à cette question existentielle du climat qu’il y a seulement quelques années ?

Je crois qu’il y a à la fois trois ou quatre raisons, à la fois très fortes et très simples.

La première raison, c’est que, malheureusement, le phénomène du dérèglement climatique s’est amplifié. Nous apprenions qu’au mois de juin, ce dernier mois avant celui-ci, les études américaines avaient montré que la chaleur était la plus élevée depuis l’année 1880. Nous savons que 2014 est l’année qui a été, par sa température, la plus élevée et que 2015, malheureusement, risque encore de battre le record.

Donc, il y a la détérioration de ce que je préfère appeler le dérèglement climatique que le réchauffement climatique car, dans certaines régions, ce ne sera pas un réchauffement, ce sera au contraire l’inverse. Mais, partout, ce sera un dérèglement climatique, c’est-à-dire un « climate disruption », avec des conséquences que vous avez bien sûr énoncées tout au long de cette journée. Eh bien, ce dérèglement est tellement fort, il a tellement empiré qu’évidemment la prise de conscience est beaucoup plus forte.

Le deuxième élément, c’est cette prise de conscience de la population, de grandes voix et, d’une façon générale, un mouvement qui fait que, lié au constat scientifique - Ségolène Royal a dit des choses très justes -, personne ne peut plus contester.

Dans cette enceinte - je ne sais pas si l’on a eu l’occasion il y a deux, trois, quatre ans de discuter de ces sujets -, mais si on avait eu l’occasion, malgré l’immense qualité des membres de cette assemblée - non pas aujourd’hui mais en général -, il y aurait eu des voix pour contester. Et lorsque nous avions des réunions sur ce sujet, la moitié de la réunion consistait déjà à essayer de convaincre ceux qui ne croyaient pas au dérèglement climatique de les convaincre. Et puis, il restait un quart de la réunion pour contester leur point de vue consistant à dire : « oui, il y a peut-être un dérèglement climatique, mais cela n’a rien à voir avec l’activité humaine », et ensuite il restait un quart d’heure pour la fin.

Aujourd’hui, grâce au travail remarquable des scientifiques et sauf dans quelques pays encore - j’ai un grand pays en particulier à l’esprit - pour des raisons idéologiques, mis à part ce grand pays, la science a montré le constat ; il est incontestable.

Donc, il y a une accélération du dérèglement climatique, il y a les apports scientifiques, il y a une prise de conscience générale, il y a des grandes voix politiques qui se sont faits entendre : lorsque la Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre du monde, s’engage résolument - et j’en ai encore la démonstration tout au long de ces deux jours de travail - pour dire « il faut vraiment agir », lorsque le président des États-Unis, lorsque beaucoup d’autres s’engagent vraiment, c’est un changement considérable qui fait que, désormais, les choses se présentent sous des auspices beaucoup plus favorables.

Mais cela n’est pas terminé parce que c’est très complexe, parce qu’il y a beaucoup d’intérêts qui agissent là contre, parce qu’une chose est d’être d’accord, autre chose est d’exprimer son accord au-delà des clivages idéologiques traditionnels. Donc, il faut que, d’ici le mois de décembre, notre travail commun soit de plus en plus actif.

On me pose souvent la question : « Mais vous allez présider la COP, est-ce que cela va être un succès ? ». Je réponds souvent par cette formule que j’aime du grand Léon Blum : « Je le crois parce que je l’espère ». Mais, au-delà, si je réfléchis bien, pourquoi les éléments du succès sont-ils réunis ? Parce qu’il y a, à la fois, la science, la conscience, la constance et la circonstance. La science, on vient de le dire ; la conscience, c’est vous et c’est nous tous ; la constance, c’est celle dont vont devoir faire preuve les gouvernants qu’il ne faut donc pas dauber mais qu’il faut encourager ; et puis, la circonstance, c’est que, à Paris, il y a, d’ici peu de mois, cette grande réunion que nous n’avons pas le droit de ne pas réussir.

Donc, comme aurait dit notre ami Ban Ki-moon, « les planètes sont alignées ». C’est pourquoi je crois au succès grâce à vous tous, grâce à nous tous. Merci./.


Sommet des consciences pour le climat - Toast de M. François Hollande, président de la République (Paris, 20 juillet /2015)

Mesdames et Messieurs qui représentez ici les forces spirituelles, je veux vous dire tout le plaisir qui est le mien de vous accueillir ici, à Paris, à l’Élysée. C’est une réunion que nous voulions dans le cadre de la préparation de la Conférence sur le climat qui va se tenir - vous le savez - en décembre prochain.

Je remercie Nicolas Hulot qui a pris l’initiative de ce rassemblement assez original ; vouloir que l’ensemble des cultes, que l’ensemble des personnalités, l’ensemble des forces spirituelles - et nous en avons oubliées - puissent ici se réunir et notamment demain pouvoir envoyer un message au monde entier. Rien n’aurait été possible sans votre participation. Nous pouvons convoquer l’esprit mais faut-il encore qu’il soit incarné dans des personnalités. Je veux ici vous exprimer toute ma gratitude pour votre mobilisation, avec ce but que nous nous sommes assigné : mieux protéger notre planète.

Cet événement - qui vient d’ailleurs après d’autres et avant d’autres - confirme une prise de conscience mais aussi une volonté collective de pouvoir être utile pour que les chefs d’État et de gouvernement le moment venu - c’est-à-dire au mois de décembre - puissent eux-mêmes prendre leurs responsabilités. Nous nous retrouvons dans une semaine particulièrement cruciale puisque c’est en ce moment même que se tient une importante session ministérielle pour préparer les conclusions de la négociation sur le climat.

Je sais aussi que partout dans le monde, et vous y êtes souvent à l’initiative, il y a des réunions qui se font pour informer, pour diffuser, pour mobiliser l’ensemble des opinions publiques. Les religions, les forces spirituelles, les philosophes sont particulièrement utiles dans cette période. Bien sûr que les scientifiques apportent leur expertise et je veux saluer ici le GIEC, qui est la grande organisation scientifique qui permet d’avoir un constat et d’avoir hélas une projection sur ce que serait notre planète si rien n’était fait pour la protéger.

S’il y a des experts, s’il y a des scientifiques, il doit y avoir aussi au-delà de la science, la conscience. Et c’est le sens de ce Sommet qui va se tenir demain et qui va réunir des personnalités, des autorités venant du monde entier. Le message qui devra être porté, - et je vous fais confiance - c’est de vous adresser à ce qu’il y a de plus profond dans chacun d’entre nous, c’est-à-dire en réalité ce qui à un moment nous élève, nous dépasse et fait que nous regardons au-delà même de notre propre vie.

Votre démarche place les enjeux du climat au seul niveau qui compte, celui de la morale, celui de l’éthique, de la civilisation, du mode de vie que nous devons promouvoir pour laisser un monde viable à nos enfants ou aux générations futures. Au début de l’année, j’étais aux Philippines car je voulais témoigner notre solidarité à l’égard d’un pays qui a été victime de catastrophes qui ont profondément modifié la vie dans un certain nombre d’îles des Philippines. M’accompagnaient le Patriarche Bartholomée et la sénatrice Legarda, pour justement être au plus près des victimes du dérèglement climatique. Avec le président philippin, nous avons lancé l’Appel de Manille pour mobiliser les gouvernements et les opinions publiques.

Je ne sais pas si nous avons été encore entendus, mais vous, vous avez reçu cet appel et vous y répondez aujourd’hui. Votre démarche invite chaque responsable public, chaque délégué à la COP21, à réfléchir au sens de ce qu’il va faire. Non pas participer à une négociation comme les autres, non pas chercher un accord comme on essaye d’en trouver sur l’agriculture ou sur l’énergie. Non ! Ce que nous devons prendre en compte à la Conférence de Paris, c’est bien plus que ces sujets sectoriels, c’est l’avenir même du monde.

L’encyclique « Loué sois-tu » du Pape François a eu un retentissement considérable et bien au-delà du cercle des croyants. Ce texte, en effet, nous appelle à remettre en cause ce qui n’est pas durable, soutenable, dans notre mode de vie. Je sais que les autres religions du monde s’impliquent directement dans des actions en faveur de l’environnement et du climat. Vous venez vous-même de pays, de cultures très différentes et vous vous rejoignez néanmoins - au-delà de vos convictions, de vos origines, de vos parcours, de vos sensibilités, de vos philosophies - pour appeler à agir comme membre de la famille humaine.

Le succès de la Conférence sur le climat doit être le succès de toutes celles et de tous ceux qui veulent vivre ensemble et qui veulent s’adresser à ce qu’il y a de plus beau dans la conscience humaine, c’est-à-dire le sens de sa destinée, le sens aussi de ce qu’on laisse à ses enfants, la trace que l’on veut aussi mettre au bénéfice des générations qui viennent. Cette trace ne s’effacera pas si la Conférence de Paris est un succès.

Merci./.


Première consultation ministérielle sur le climat - Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21 (Paris, 21 juillet 2015)

Cette première consultation ministérielle informelle sur le climat, organisée par le Pérou et la France, présidentes des COP20 et 21, a permis des progrès en vue de l’adoption d’un accord ambitieux sur le climat à Paris à la fin de l’année.

À 132 jours de la COP, l’objectif de cette consultation informelle au niveau ministériel était de renforcer l’impulsion politique sur les grandes questions du futur accord.

Je salue la présence d’une quarantaine de délégations étrangères - dont 26 à niveau ministériel - appartenant à l’ensemble des groupes de négociation. Je me félicite de la teneur des débats que nous avons eus durant ces deux jours.

La réunion a été constructive. Tous les participants sont engagés pour trouver des compromis sur les grandes questions politiques. Les discussions ont été ciblées sur plusieurs points délicats, par exemple comment construire un plan pour rester en dessous de 1,5 ou 2 degrés ou comment refléter les différences entre pays. Chaque pays a rappelé son engagement à faire son maximum pour réussir la COP21 à Paris. C’est-à-dire construire un nouvel accord universel légalement contraignant permettant de rester en dessous de 1,5 ou 2 degrés, renforcer les capacités d’adaptation, et mobiliser les moyens de mise en oeuvre (finance, technologies, renforcement des capacités) qui permettront d’atteindre ces objectifs.

L’objectif est ambitieux, mais je suis confiant. Nous sommes tous conscients des enjeux et résolument tournés vers la recherche des solutions indispensables.

Je préparerai la présidence française avec comme mots d’ordre : transparence, ambition, compromis./.



Publication de l’encyclique « Laudato Si » sur la question écologique

Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international et président de la COP21 (18 juin 2015)

Je salue la publication de l’encyclique « Laudato Si » de Sa Sainteté le Pape François, première encyclique de l’histoire de l’Eglise catholique consacrée à la question écologique.

Son titre, tiré des écrits de Saint François d’Assise, et son statut - il s’agit du document de la valeur la plus élevée que puisse produire le souverain pontife -, témoignent de l’importance accordée à la protection de l’environnement par le Pape.

En cette année décisive pour la lutte contre le dérèglement climatique, ce geste sans précédent contribuera à renforcer la mobilisation de la communauté chrétienne et plus largement de l’ensemble des citoyens du monde qui sont sensibles aux messages du Pape. C’est donc une contribution importante pour le succès de la COP21.



Déclaration conjointe d’Angela Merkel et de François Hollande - Appel pour l’Action sur le Climat dans le cadre du Dialogue de Petersberg (19 mai 2015)

La France, qui assure la présidence de la COP 21, et l’Allemagne celle du G7, sont fermement résolues à déployer tous les efforts en vue de parvenir, à la fin de l’année à Paris, à un accord de l’ONU sur le climat qui soit ambitieux, global et contraignant. Nous invitons tous les pays à nous rejoindre dans cette entreprise en apportant leur contribution en fonction de leurs responsabilités et capacités communes mais différenciées et compte tenu de leurs situations nationales respectives. Nous nous sommes engagés à contenir le réchauffement climatique mondial au moins sous la barre des 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Des mesures urgentes et un cadre mondial ambitieux sont nécessaires pour nous donner les moyens d’atteindre cet objectif. Il faut un basculement radical des investissements sur des infrastructures et des technologies sobres en carbone et une utilisation des terres respectueuse du climat. Nous devons également renforcer la capacité, notamment des pays particulièrement vulnérables, à faire face et à s’adapter aux risques et aux dégâts inévitables dus au changement climatique. Nous sommes convaincus que les investissements, les stratégies et la législation mis en place pour réaliser cette transformation seront des facteurs de prospérité, de croissance et de développement durable dans le monde entier.

La France et l’Allemagne demandent que des mesures soient prises en particulier dans les domaines suivants :

Etablir une vision commune et mettre au point des mesures concrètes visant à transformer en profondeur l’économie et la société mondiales, pour atteindre la décarbonisation totale avant la fin du siècle et, d’ici 2050, la réduction des émissions à un niveau compatible avec les recommandations du cinquième rapport d’évaluation du GIEC, au vu des préoccupations exprimées par de nombreux pays vulnérables et de leur volonté de maintenir le réchauffement planétaire sous la barre des 2°C ou 1,5°C conformément à l’accord de Durban.

Soumettre des contributions prévues au niveau national (CPDN) ambitieuses et transparentes bien avant la conférence de Paris sur le climat.

Faire progresser des stratégies nationales et régionales à long terme en faveur d’un développement sobre en carbone et résilient, comme convenu lors de la COP 16 à Cancun.

Mobiliser, au profit des pays en développement, un financement de la lutte contre le changement climatique qui devra atteindre 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, provenant de diverses sources, tant publiques que privées, destinés aux mesures d’atténuation et d’adaptation, comme s’y sont engagés les pays développés lors de la COP 15 de Copenhague.

Renforcer notre appui au développement sobre en carbone et à la résilience face aux changements climatiques dans le cadre de notre aide au développement.

Mettre en place des initiatives en faveur de l’investissement dans des technologies sobres en carbone, en particulier les énergies renouvelables, l’efficacité des ressources et l’utilisation durable des terres, en nous attachant plus spécifiquement à développer les énergies renouvelables en Afrique.

Renforcer la capacité d’adaptation et la résilience des pays particulièrement vulnérables face aux impacts du dérèglement climatique, notamment des petits Etats insulaires en développement, et en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en généralisant les mécanismes assurantiels et les systèmes nationaux d’alerte précoce.

Instaurer des marchés carbone et un prix du carbone au niveau national et régional afin de fournir de fortes incitations économiques à la décarbonisation.

Animés d’une ambition commune que nous entendons partager avec tous nos partenaires au sein de l’ONU, nous nous emploierons, avant la fin de notre siècle, à décarboner intégralement l’économie mondiale. Nous nous engageons à apporter notre juste part, à prendre des mesures ambitieuses et à promouvoir une collaboration tournée vers l’avenir dans tous les domaines susmentionnés.

Nos pays continueront à jouer un rôle moteur dans cette transformation profonde de nos économies et de nos sociétés vers une décarbonisation totale. Nous nous engageons, avec la transition énergétique en France et « l’Energiewende » en Allemagne, à réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95 % d’ici 2050 par rapport aux chiffres de 1990.



Clôture de la 6ème édition du Dialogue de Petersberg sur le climat (19 mai 2015)

A moins de 200 jours de la Conférence Paris Climat (COP 21), le Président de la République, François Hollande, se rend à Berlin le mardi 19 mai 2015, à l’invitation de la Chancelière allemande Mme Angela Merkel pour coprésider la clôture de la 6ème édition du Dialogue de Petersberg sur le climat (17-19 mai 2015). C’est la première fois qu’un Chef d’Etat assumant la présidence de la Conférence des parties, intervient dans ce cadre. Ce dialogue réunit de façon informelle des ministres d’une quarantaine de pays (en particulier BRICS) qui représente la diversité des groupes de négociation.

Le 6ème Dialogue de Petersberg est la quatrième étape des discussions ministérielles depuis le début de l’année 2015, dédiées à la préparation du Sommet sur le climat, après les rencontres de Lima en mars, celles au Forum des économies majeures sur l’Energie et le Climat à Washington en avril et les réunions informelles sur l’ambition de l’accord à Paris, début mai.

Ce dialogue donne au Président l’occasion de mettre en valeur la coopération étroite entre la France et l’Allemagne pour faire du Sommet Climat de Paris un succès.

Ce 6ème Dialogue de Petersberg est également le dernier rendez-vous informel avant la reprise des négociations formelles à Bonn le 1er juin prochain et au Sommet du G7 du 7 au 8 juin prochain à Elmau (Allemagne), sous la présidence de Mme Angela MERKEL, qui réaffirmera l’importance de la mobilisation pour le sommet climat Paris de décembre.

De grands sujets politiques sont à l’ordre du jour de cette session du dialogue de Petersberg :

l’équilibre du futur accord entre adaptation et réduction des émissions,
la portée des contributions nationales (36 à ce jour),
les financements (Fonds vert),
l’agenda des solutions (innovations, technologies, etc.).

Le Président insistera sur la nécessité d’un futur accord universel contenant des engagements juridiquement contraignants par consensus des 196 parties, avec une juste répartition des efforts prenant en compte les niveaux différenciés de développement et de responsabilité. Son
objectif étant de parvenir à une alliance de Paris pour le climat, où la décarbonisation des économies est une nécessité mais surtout un facteur de développement.

Le Président de la République et Mme Angela Merkel se rendront à la chancellerie pour un déjeuner de travail. Ce sera l’occasion d’échanger plus largement sur leur vision de l’Union économique et monétaire et de revenir sur l’actualité européenne (Grèce, Royaume-Uni, prochain Conseil européen en juin).

Après la session avec la communauté du Pacifique Sud en novembre 2014, après l’appel de Manille avec la communauté du Pacifique Sud en février 2015, après l’appel de Fort de France la semaine dernière, l’agenda du Président de la République sera fortement ancré d’ici l’été dans plusieurs grands évènements de préparation de la COP21 :

- 20 mai : Sommet des entreprises pour le Climat – Unesco (Plus de 1000 entreprises présentes) ;
- 21 mai : Déjeuner sur le financement des enjeux de la COP21 (Paris) ;
- 4 & 5 juin : Conférence méditerranéenne sur le climat MED COP21 (Marseille) ;
- 7 & 8 juin : Sommet du G7 (Elmau, Allemagne) ;
- 27 juin : Pré-campagne de lancement de la COP21 du Bourget ;
- 1er & 2 juillet : Sommet mondial des Territoires pour le climat (Lyon).

Présentation du dialogue de Petersberg

Lancé en 2010 par la Chancelière Angela Merkel, au lendemain de l’échec de la Conférence de Copenhague, le Dialogue de Petersberg a pour objectif de contribuer à faire progresser les négociations politiques à haut niveau sur le climat. Il réunit sous l’égide du ministre allemand de l’environnement et du pays assumant la présidence de la Conférence des parties (COP) – en 2015, la France –des ministres d’une quarantaine de pays. Ces derniers représentent la diversité des groupes de négociation de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).

Ce rendez-vous annuel vise notamment à faciliter le travail engagé par les présidences successives des COP sur un mode informel, afin de bâtir une confiance mutuelle et de mieux préparer la voie au compromis dans les négociations du processus onusien. La création du Dialogue de Petersberg traduit la volonté de donner une impulsion politique en vue des sessions de négociation formelles.

Il s’articule autour de deux objectifs : d’une part contribuer à faire progresser les négociations internationales en vue de l’obtention de résultats ambitieux et d’autre part mettre l’accent sur la mise en oeuvre concrète et immédiate des actions de lutte contre le changement climatique.

Le Dialogue de Petersberg contribue ainsi à approfondir le débat sur les questions clefs pour les accords sur le Climat : la vision partagée entre les pays, les actions des pays développés et des pays en développement, l’adaptation et le financement.

A la différence du G20 ou du Forum des Économies Majeures, cette enceinte permet à d’autres pays clés au-delà des grandes puissances mondiales de s’exprimer. Les présidents des différents sous-groupes de pays à la négociation sont notamment présents, permettant ainsi d’affiner des positionnements et donc des regroupements qui transcendent les clivages Nord-Sud.


Action de l’Etat de Californie en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre en vue de la COP21

Déclaration de M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du Développement international et président de la COP21 (Paris, 29 avril 2015)

Je salue la présentation par l’Etat fédéré de Californie d’un objectif ambitieux de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 1990. Cette annonce est importante, compte tenu du poids de la Californie dans l’économie mondiale et dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Cette annonce confirme l’engagement de la Californie en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique. Elle constitue également un signal fort de l’engagement des autorités infranationales pour le succès de la COP21.

J’espère que de nombreuses régions et villes du monde suivront cet exemple.


La France a été officiellement nommée pays hôte de la 21e conférence climat en 2015 (Paris 2015) lors de la 19e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques de Varsovie (COP19).

La COP21, que l’on appelle aussi Paris 2015, sera l’une des plus grandes conférences internationales organisées sur le territoire français.

Dans ce cadre, la France se trouve face à un double défi :

  • en tant que pays hôte, elle se doit d’accueillir pendant deux semaines, dans les meilleures conditions, des milliers de délégués et d’observateurs sous les auspices des Nations unies ;
  • en tant que pays assurant la présidence de la COP, elle devra assurer un rôle de facilitateur auprès de toutes les parties de la négociation, pour établir un climat de confiance, rapprocher les points de vue et permettre une adoption de l’accord à l’unanimité.


Une Conférence des Parties aux enjeux sans précédent

Cette conférence apparaît cruciale car elle doit aboutir à un accord international sur le climat qui permettra de contenir le réchauffement global en deçà de 2°C.

Sur la base des travaux de la COP20 à Lima, il s’agira d’aboutir en décembre 2015 à un ensemble de décisions.

Tout d’abord, un accord ambitieux et contraignant face au défi du dérèglement climatique qui s’appliquerait à tous les pays.

Ensuite, des contributions nationales (iNDC), qui représentent l’effort que chaque pays estime pouvoir réaliser. Le financement de la lutte contre le changement climatique sera également une composante cruciale, dont une étape a été franchie avec la première capitalisation du Fonds vert à hauteur de 9,3 milliards de dollars - dont près d’un milliard de la France. Enfin, les initiatives développées au niveau-infra-étatique, par les collectivités locales, les organisations de la société civile et les entreprises vont amplifier la mobilisation et viendront s’ajouter aux contributions des Etats.

En effet, la future présidence française a fait le choix de soutenir en vue de Paris 2015 un agenda des solutions. Il s’agit de l’ensemble des initiatives complémentaires à l’accord international, entreprises au niveau local par les gouvernements, les autorités locales comme les acteurs non étatiques et contribuant à renforcer les engagements des Etats en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’adaptation aux impacts du dérèglement climatique et de financement. Cet agenda des solutions repose sur un échange de bonnes pratiques, de transfert de connaissance et des technologies nécessaires à une transition vers des économies bas carbone.

En savoir plus :
Le site internet de la COP21

La COP21 sur Youtube

Rubrique « Climat » sur le site du ministère des Affaires étrangères et du Développement international

Actualités 2014 liées au dérèglement
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