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Changement climatique - Accord de Paris (COP21)

Published on 14 décembre 2015
Succès et mise en oeuvre de l’Accord - réactions et déclarations des autorités françaises

Négociations à Bonn - Maintenir l’esprit de coopération de l’Accord de Paris

Les chefs de délégation des 197 Parties à la Convention Climat se retrouvent pour la première fois depuis l’adoption de l’Accord de Paris dans le cadre d’une session formelle de négociations à Bonn (Allemagne) du 16 au 26 mai.

Ce rendez-vous doit poser les jalons de la mise en oeuvre de l’Accord de Paris. La présidence française se devra d’être la garante de l’équilibre de tous les sujets de négociation afin de maintenir l’esprit de coopération de Paris.

Ségolène Royal, présidente de la COP21, a ouvert les travaux des négociateurs : « Vous êtes désormais plus que des négociateurs, je vous appelle à être des co-constructeurs et des facilitateurs. Il s’agit désormais de bâtir sur les compromis ambitieux, équilibrés et justes qui ont été trouvés en décembre dernier, pour renforcer l’action sur le terrain. Les fondations sont posées, à nous maintenant de construire notre maison commune. »

Cette session verra la première réunion du Groupe Ad hoc de l’Accord de Paris (APA), chargée de la préparation de son entrée en vigueur. Il s’agira en particulier de se pencher :

  • sur la façon de présenter les contributions nationales ;
  • sur le cadre de transparence qui sera élaboré pour assurer le suivi de la mise en oeuvre des engagements, y compris financiers, en matière d’adaptation et d’atténuation ;
  • sur l’élaboration du bilan collectif de ces contributions afin d’évaluer les progrès accomplis avec un premier rendez-vous en 2018.

Les deux organes subsidiaires (de mise en oeuvre, SBI et scientifique et technique, SBSTA) reprendront également leurs travaux dont une partie concernera aussi la préparation de l’entrée en vigueur de l’Accord.

De nombreux ateliers, réunions d’experts et événements parallèles seront organisés afin de faciliter les transferts d’expérience dans de nombreux domaines d’action (déforestation évitée, éducation renforcement de capacités, réflexion sur la valeur sociale et économique du carbone, appui financier, etc.). Enfin, la présidence conduira des consultations, comme elle s’y est engagée, sur les questions soulevées par le groupe Afrique et la Turquie lors de la COP21.

Discours de Mme Ségolène Royal, ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat (Paris, 16/05/2016)

Cher Salaheddine Mezouar,
Chère Christiana Figueres,
Messieurs les Présidents des organes subsidiaires et Mesdames les co-Présidentes du groupe de l’APA,
Mesdames les deux Championnes du climat,
Mesdames et Messieurs les Délégués,
Chers Amis,

Je suis très heureuse d’être parmi vous pour cette première réunion de la convention climat depuis la COP21 et l’adoption de l’Accord de Paris et très honorée de la responsabilité dont j’ai la charge.

Vous voir aussi nombreux est un excellent signe.

Cet accord historique est votre accord. C’est votre engagement personnel, avec le soutien de tous les acteurs de la société civile et de vos leaders politiques, qui a permis d’aboutir à cet accord historique salué par le monde entier. Et je voudrais saluer le travail engagé et intense que vous avez accompli pour préparer l’engagement des chefs d’État.

Le 12 décembre dernier nous avons montré au monde que la communauté internationale était capable de s’unir pour répondre à un défi global - le dérèglement climatique - et de s’engager sur la voie du développement durable. Nous avons montré que le multilatéralisme, le droit international, les principes des Nations unies étaient les meilleures réponses face aux défis globaux que l’humanité affronte pour construire un monde plus juste et plus solidaire.

Nous avons apporté une réponse positive, fondée sur la réalité scientifique du dérèglement climatique, et qui prend en compte les responsabilités et les capacités de chaque pays. Cet accord international prolonge la convention climat de 1992 en mettant en place des mécanismes collectifs qui nous permettront d’atteindre les objectifs que la communauté internationale s’est fixés.

Ce texte adopté dans l’euphorie des dernières heures du 12 décembre a été confirmé et conforté par l’évènement exceptionnel que nous venons de vivre à New York avec la signature de l’Accord de Paris par 175 pays - et même 177 depuis, autour du secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon et du président de la République française François Hollande avec de nombreux chefs d’État.

Ce record de signatures en un seul jour pour un accord international montre que tous les pays prennent au sérieux les engagements pris à Paris et qu’ils ne veulent pas perdre une minute dans leur réalisation.

La prochaine étape est l’adhésion à cet accord par nos procédures nationales, pour une entrée en vigueur de l’Accord, dont tout semble indiquer qu’elle sera rapide. 16 pays ont d’ailleurs déjà ratifié.

L’esprit de Paris ne s’est pas affaibli et il va devenir l’esprit de Marrakech, car l’action a déjà commencé. L’accord nous donne un cap, un horizon à atteindre. C’est un levier extraordinaire pour accentuer l’action avec détermination, cette action qu’il faudra accélérer si nous voulons parvenir à limiter les émissions bien en dessous de 2°C.

Dans la continuité du formidable travail de l’agenda des solutions pour mettre en place les 70 coalitions, il nous faut poursuivre la mobilisation, pour que les politiques, les stratégies, les plans d’investissement et les projets soient - dès aujourd’hui - cohérents avec les objectifs du développement durable et avec les grands objectifs de l’Accord de Paris : la limite des 2 ou 1,5°C ; la neutralité des émissions dans la deuxième moitié du siècle ; le renforcement de la résilience et de la capacité d’adaptation ; la réorientation des flux financiers.

Bien des pays et des régions du monde ont, heureusement, anticipé l’Accord de Paris par des choix énergétiques et des méthodes de développement durable, réductrices de CO2. Les grands compromis politiques sont un nouveau tremplin. Il n’y a plus aucune excuse.

L’impulsion politique pour la ratification et la mise en oeuvre des contributions nationales, des engagements financiers, et des 70 grandes coalitions lancées à Paris sur les 12 actions de l’Action Week, est plus que jamais nécessaire. C’est pourquoi j’en ai fait ma priorité comme présidente de la COP21 jusqu’à Marrakech.

Certains d’entre vous ont pu le constater par eux-mêmes à New York le 22 avril ainsi qu’à Washington lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale : les nouvelles sont encourageantes. L’action avance dans les 70 coalitions de l’agenda des solutions.

  • Plusieurs pays et organisations sont mobilisés pour faire progresser la mise en place de mécanismes de tarification du carbone et d’autres politiques publiques pour orienter les investissements vers les technologies basses émissions.
  • L’Afrique est mobilisée et reçoit le soutien des investisseurs publics et privés pour développer les énergies renouvelables sur le continent.
  • L’Inde met en place une vaste coalition internationale qui a vocation à transformer le solaire pour rendre l’énergie accessible à tous.
  • La question de l’océan est désormais pleinement prise en compte dans la lutte contre le changement climatique.
  • La finance verte s’accélère.
  • D’autres initiatives renforcent la capacité des pays à faire face aux impacts des changements climatiques, comme le développement des systèmes d’alerte.

Mais certaines nouvelles, celles qui nous sont apportées chaque jour par la science, sont préoccupantes : les petites îles chaque jour plus fragilisées, la disparition des récifs de coraux, l’accélération des processus dans l’Arctique sont autant de signaux qui nous rappellent l’urgence de notre devoir. La déforestation, la désertification, la sécheresse, les incendies dans les forêts boréales du Canada, les typhons, ouragans, inondations sont à l’origine de déplacements massifs de population.

Nous devons poursuivre cet effort. Les pays développés, en particulier les plus riches, doivent prendre les devants pour renforcer l’ambition, et concrétiser leurs engagements de soutien aux pays en développement. C’est la justice climatique.

Au-delà des financements, un effort particulier devra être fait pour renforcer les capacités humaines et institutionnelles, surtout dans les pays les plus vulnérables. L’engagement de mettre en place des politiques d’atténuation et d’adaptation pose en effet des défis considérables quand les capacités nationales sont limitées, et il faut préparer, dans chaque pays, le développement, la mise en oeuvre et le suivi des contributions nationales. Nous ne devons laisser aucun pays de côté.

J’apporte tout mon appui dans cet effort de mobilisation large et je rejoindrai les travaux chaque fois que nécessaire. Demain après-midi, je présenterai à l’Assemblée nationale le projet de loi. Laurence Tubiana, dans sa fonction de championne pour le climat, travaillera avec toutes les parties et tous les acteurs, pour renforcer l’action et la mise en oeuvre des engagements pré-2020, organiser le soutien des acteurs non-étatiques, en appui à la mise en oeuvre des contributions nationales.

Permettez-moi de vous dire, car tel est mon rôle ce que j’attends de vous. Depuis l’Accord de Paris, il s’agit désormais de bâtir sur les compromis ambitieux, équilibrés et justes qui ont été trouvés en décembre dernier, pour renforcer l’action sur le terrain. Les fondations sont posées, à nous maintenant de construire notre maison commune. Je vous appelle à être des constructeurs et des facilitateurs.

Vous devrez définir des règles et des mécanismes qui aideront tous nos pays à mettre en oeuvre l’Accord de Paris, et à transformer et développer leurs économies. Il vous faudra l’aborder dans le même esprit qui a permis la réussite de Paris et que les circonstances réclament. Le dialogue informel à Paris, il y a quelques semaines, a montré que vous y étiez prêts, et que nous pourrions aboutir rapidement à des règles de mise en oeuvre qui aident chacun à aller de l’avant et, progressivement, à renforcer l’ambition pour que nous atteignons ensemble nos objectifs.

Dans cette nouvelle mission, vous devrez aller vite, car le monde entier désormais attend que nous mettions en oeuvre l’Accord de Paris. Mais il faudra veiller à agir de manière ordonnée et précise. La mise en oeuvre de l’Accord de Paris doit être la mise en oeuvre de l’ensemble de l’accord de façon complète et équilibrée - on ne peut pas privilégier certains points aux dépens d’autres. Comme elle s’y est engagée, la présidence française, en liaison avec nos partenaires marocains, apportera un appui aux parties et aux présidents des organes subsidiaires et des comités techniques pour assurer la cohérence des travaux que vous allez engager dès cet après-midi. Notre objectif est de créer un espace de dialogue pour que chacun trouve sa place et participe pleinement à la mise en oeuvre de l’accord de Paris. Je reviendrai pour une première réunion de bilan à la fin de la semaine.

Dans le même esprit, la présidence conduira des consultations informelles, comme elle s’y est engagée, y compris sur les questions soulevées par le groupe Afrique et la Turquie après l’adoption de l’Accord de Paris, dont elle rendra compte à la COP22.

La présidence française travaille, sur tous les sujets, en étroite coordination avec la future présidence marocaine, comme nous l’avions fait l’année dernière avec le Pérou. Nous sommes convaincus que cette continuité entre les présidences nous permet de maintenir l’esprit constructif et positif qui s’est installé entre nous. Le succès de Marrakech est un corollaire nécessaire de la réussite de la mise en oeuvre de Paris.

Chers Délégués,

Il va nous falloir utiliser au mieux le temps qui nous reste, en construisant à partir de l’accord dont nous disposons, pour protéger la vie sur la seule planète que nous ayons.

Mon souhait pour l’après-Paris est que la convention climat ne se contente pas de suivre le changement, mais qu’elle l’accompagne et qu’elle l’accélère.

Je compte sur vous tous pour vous saisir de ces dix jours de session dès cet après-midi.

N’oublions pas que nous avons à construire la voie de l’harmonie entre les hommes et la nature, entre ce que nous sommes et ce qui nous entoure, entre les mondes que nous avons reçus et ceux que nous créons ou au contraire détruisons. Le moment est venu de répondre à l’appel de Gandhi : soucions nous du monde que nous ne connaitrons pas et de garantir la paix entre nos peuples par la justice climatique.

Vive notre esprit de solidarité. Vive la planète, notre maison commune !


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Adoption de l’Accord de Paris

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