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Ségolène Royal rencontre John Kerry à Washington D.C.

Published on 14 avril 2016
Visite de la Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer à l’occasion des Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale, du 14 au 16 avril 2016

Bilan du déplacement à Washington

La Présidente de la COP, Ségolène Royal
Paris, le samedi 16 avril 2016

Ségolène Royal, présidente de la COP, s’est entretenue avec John Kerry, secrétaire d’Etat américain, pour un tour d’horizon des enjeux relatifs à la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat.

La présidente de la COP et le secrétaire d’Etat se sont félicités de la mobilisation des Etats pour le succès de la cérémonie de signature du 22 avril, à laquelle John Kerry a confirmé sa présence. Plusieurs thèmes ont émergé de cette réunion de travail :

  • La consolidation de l’initiative prise sur l’océan dans l’Accord de Paris : Le secrétaire d’Etat a rappelé l’importance de poursuivre la dynamique engagée dans l’Accord de Paris pour préserver l’océan. La présidente de la COP a proposé un travail en commun en vue de la conférence de Washington sur l’océan les 15-16 septembre, la France et les Etats-Unis - les deux premières puissances maritimes au monde - ayant un rôle déterminant à jouer.
  • Les financements verts et la mobilisation des secteurs économiques et financiers. La nécessité de concrétiser les engagements de financements verts pris dans le cadre de l’Accord de Paris a été rappelée, pour assurer la crédibilité de l’action climatique. Ségolène Royal et John Kerry sont convenus d’agir pour la mobilisation des acteurs privés et pour accompagner la dynamique du « Business Dialogue ».
  • L’importance des négociations sur les HFC et à l’OACI. Ségolène Royal et John Kerry ont marqué l’importance des négociations en cours pour arriver à un accord en vue de l’inclusion des hydrofluorocarbures (HFC), puissant gaz à effet de serre, au sein du protocole de Montréal ainsi que des négociations au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour limiter les émissions du secteur de l’aviation. Ils redoubleront d’effort pour que les négociations soient conclues en 2016.

Ségolène Royal a coprésidé l’assemblée de haut niveau de la coalition pour le prix du carbone, en présence du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, du président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, de la directrice du FMI Christine Lagarde et du secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria.

Elle a annoncé que les Chefs d’Etat feraient une déclaration sur le prix du carbone lors de la cérémonie de signature de l’Accord le 22 avril à l’ONU. Dans cette perspective, elle a fait trois propositions pour la coalition en vue d’un prix haut, stable, et coordonné :

  • augmenter la couverture des émissions globales de gaz à effet de serre par des outils de tarification du carbone, avec un doublement d’ici 2020 et un quadruplement d’ici 2030 ;
  • fixer un prix du carbone significatif dans les pays, entreprises, ou territoires pour guider les choix d’investissement des entreprises. Elle s’est félicitée que 450 entreprises dans le monde ont aujourd’hui des prix internes du carbone jusqu’à 30 $ la tonne ;
  • soutenir des projets opérationnels de tarification du carbone dans les territoires volontaires, notamment grâce à l’expertise de la Banque mondiale.

La veille, Ségolène Royal a participé à une conférence télévisée (France 24) sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris avec Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale, les ministres marocain et canadien et le gouverneur de la Banque d’Angleterre Mark Carney. Elle a rappelé l’importance des financements publics, privés et du prix du carbone pour la crédibilité des engagements de l’accord de Paris.

Enfin la présidente de la CoP a participé à une réunion de travail sur l’Afrique (« Business Plan pour le climat en Afrique ») où elle a rappelé que le développement des énergies renouvelables en Afrique constituait pour elle une priorité.

www.developpement-durable.gouv.fr
Contact presse : 01 40 81 78 31


Intervention de la Présidente de la COP, Ségolène Royal, en tant que co-présidente de l’Assemblée de haut niveau sur le prix du carbone

La Présidente de la COP, Ségolène Royal
Banque Mondiale, Washington D.C., le jeudi 14 avril 2016

Mesdames, Messieurs les ministres,
Monsieur le président de la Banque mondiale,
Madame la directrice générale du Fonds monétaire international,
Monsieur le secrétaire général des Nations unies
Monsieur le secrétaire général de l’OCDE,
Monsieur le Premier ministre de Côte d’Ivoire,
Mesdames, Messieurs, Chers collègues, chers amis membres de la Coalition,

Merci au Président Kim d’avoir organisé ce panel, à la directrice Christine Lagarde de confirmer par sa présence son engagement pour le prix du carbone, évidemment au secrétaire général Ban Ki-Moon pour le nombre record de signatures attendues la semaine prochaine à New-York, et au secrétaire général Gurria pour la mobilisation de l’OCDE en faveur de la croissance verte. Je salue aussi Sijbesma Feike, qui co-préside avec moi la coalition, et qui mène une action exemplaire dans son entreprise.

A Paris en décembre dernier, nous avons participé à une mobilisation sans précédent des entreprises, de la société civile et des territoires.
Les articles 109 et 137 de la décision accompagnant l’accord de Paris envoient un signal clair et fort pour entamer une transformation sur le chemin d’une croissance verte qui doit être source de prospérité. En tant que Présidente de la COP21, je suis en charge de mettre en œuvre concrètement l’accord que nous signons la semaine prochaine : pour cette raison, la tarification du carbone est au cœur de mon action.
La coalition du prix du carbone a été une des toutes premières lancées à la COP21 à l’initiative de la banque mondiale avec une participation des chefs d’Etats. J’ai d’ailleurs le plaisir de vous annoncer que les Chefs d’Etats feront une nouvelle déclaration sur le prix du carbone à l’occasion de la cérémonie de signature de l’accord par plus de 150 pays la semaine prochaine. Dans cette perspective, j’ai 3 propositions pour la coalition en vue d’un prix haut, stable, et global :

  • 1. augmenter la couverture des émissions globales par des outils de tarification du carbone ("broadening"). Fixer un prix au carbone, c’est donner une valeur à l’avenir et aux générations futures. En 2015 nous sommes à 12% de couverture, et je propose un doublement d’ici 2020 et encore un doublement d’ici 2030 ;
  • 2. un prix du carbone significatif ("deepening") dans les pays, entreprises, ou territoires. Les entreprises le réclame comme une opportunité pour faire les bons choix d’investissements, c’est un élément clé de l’accord de Paris. Les 450 entreprises dans le monde qui ont aujourd’hui des prix du carbone vont jusqu’à 30 $, voire plus dans certains cas comme DSM aujourd’hui à mes côtés. Cela signifie que c’est le niveau attendu, et nous devons répondre à cette demande dans les politiques publiques ;
  • 3. soutenir des projets opérationnels de tarification du carbone dans les territoires volontaires ("cooperation"). Je salue notamment toute l’action de la banque mondiale, qui permet d’apporter une expertise pour mettre en place un prix du carbone dans de nouveaux territoires et entreprises, et aussi de mutualiser les bonnes pratiques.

Ce soutien explique la montée en puissance de la coalition. Depuis son lancement lors de la COP 21 le 30 novembre, 28 nouveaux gouvernements nationaux et locaux, entreprises ou institution ont rejoint notre coalition, qui compte aujourd’hui 24 pays et plus de 100 entreprises.
Et de plus, 90 pays ont intégré le prix du carbone comme levier d’action pour leurs « NDC ». La coalition pour le prix du carbone doit soutenir ces pays qui souhaitent passer à l’acte, comme la Côte d’Ivoire, représentée aujourd’hui par son premier ministre M Duncan.
Parce que je crois à la politique par la preuve, j’estime qu’il faut toujours commencer par s’appliquer à soi-même ce que l’on préconise pour les autres et cela d’autant plus si l’on veut convaincre. Alors je vous livre ce que la France qui a accueilli la COP21, fait pour contribuer à mener à bien cet agenda sur le prix du carbone :

  • 1. l’extension de la tarification du carbone. En France, grâce à la loi de transition énergétique pour la croissance verte, le prix du carbone s’applique à près de 100% des émissions soit par le marché carbone européen, soit par la contribution climat énergie votée chaque année par le Parlement, sans augmentation de la fiscalité globale : je fais en ce moment des propositions pour que ce soit généralisé en Europe ;
  • 2. le niveau du prix du carbone. Les entreprises ont besoin de visibilité et en France j’ai souhaité leur en donner : nous avons une trajectoire nationale du prix jusqu’en 2030 (22 € aujourd’hui, 30 € l’année prochaine, 56 € en 2020, 100 € en 2030). Au niveau européen, le prix du marché carbone est trop faible (autour de 5 €). Je soutiens donc l’instauration d’un corridor de prix sur le marché européen du carbone, dont les recettes participent à rétablir la justice sociale : en France, les ventes de quotas carbone aux industries servent à financer la rénovation de logements de ménages modestes (50 000 l’an dernier, 100 000 demain)
  • 3. En France, j’ai introduit une mesure de reporting sur l’empreinte carbone, l’article 173, qui s’applique déjà aux investisseurs, et va s’appliquer très prochainement aux autres entreprises. Je réunirai les entreprises pour une nouvelle session du Business Dialogue à Paris le 10 juin : vous êtes tous bienvenus.

La mission de notre coalition est d’accélérer le prix du carbone et de généraliser cet outil, en complément bien sûr des mesures en faveur de l’efficacité énergétique, des renouvelables, et des transports propres. Chaque réseau, les villes, les 70 coalitions créées à Paris, doivent se saisir de cet outil. Je vais les mobiliser.
Un mouvement s’est enclenché. Avec vous je souhaite passer à la phase 2, plus opérationnelle, pour passer des mots aux actes : “the future depends on what you do today” (Gandhi).

Liste des intervenants
Jim Yong Kim, président de Banque mondiale
Christine Lagarde, directrice générale du FMI
Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies
Angel Gurria, Secrétaire général de l’OCDE

1 : Daniel Duncan, Premier ministre, Côte d’Ivoire
2 : Paul Polman, PDG, Unilever
3 : Catherine McKenna, Ministre de l’environnement, Canada
4 : Borge Brende, Ministre des affaires étrangères, Norvège
5 : Andrew Steer, Président, World Resources Institute
6 : Rafael Pacchiano, Ministre de l’environnement, Mexique
7 : Alexander Stubb, Ministre des finances, Finlande
8 : Magdalena Andersson, Ministre des finances, Suède
9 : Guo Wensong, Directeur au Ministère des finances, Chine
10 : Glen Murray, Ministre de l’environnement, Ontario
11 : Gérard Mestrallet, PDG, Engie
12 : Mauricio Cardenas Santamaria, Ministre des finances, Colombie
13 : Kate Hampton, PDG, Children’s Investment Fund Foundation

Conclusion de la Présidente de la Cop21 :
- Tous ici, nous savons que la mise en œuvre concrète du prix du carbone peut se heurter à des blocages puissants et compréhensibles. Mais le prix du carbone est un vecteur d’une transition bénéfique pour tous sur le long terme

‐ Chers collègues, chers partenaires, la raison d’être de notre coalition est d’accompagner cette transition, de montrer l’exemple. C’est ici qu’intervient le volontarisme politique pour convaincre nos partenaires de rejoindre la coalition et créer dans leur pays les conditions favorables à l’introduction d’une tarification du carbone ambitieuse.

‐ Mes priorités, que j’espère reprises par les Chefs d’Etats la semaine prochaine :
1/ une extension du prix du carbone (doublement des émissions couvertes d’ici 2020 - 12% aujourd’hui - et à nouveau doublement de 2020 à 2030) ;

2/ une montée en puissance des prix là où ils existent, à fiscalité constante (en compensant la hausse du prix du carbone par des baisses dans d’autres secteurs) ;

3/ une coopération avec les pays qui souhaitent passer à l’acte.

‐ La coalition doit se mobiliser pour expliquer aux opinions publiques les enjeux du prix du carbone, qui est un acteur de la transition énergétique et qui contribue à répondre à l’urgence de la justice climatique ;

‐ Je vous invite à Paris le 10 juin pour avancer concrètement sur la mise en œuvre opérationnelle de ces objectifs à l’occasion d’un Business dialogue.

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“Turning the Paris Agreement into Action”

La Présidente de la COP, Ségolène Royal
Banque Mondiale, Washington D.C., le jeudi 14 avril 2016

1/ Retour sur l’accord de Paris

‐ Moment très fort dans un contexte difficile.
‐ Nous avons pu avancer grâce à l’engagement de tous.
‐ Cette réussite et cet engagement nous obligent.

En tant que présidente de la CoP je veille à mettre en œuvre au plus vite cet accord.

‐ Avec le SGNU nous avons mobilisé les Etats pour que le plus grand nombres de parties signent le 22 avril, journée de la Terre.
‐ On pouvait craindre une démobilisation. Au contraire, record battu pour le nombre de signatures le premier de l’ouverture à la signature (Convention sur le droit de la Mer 118 signatures en 1982). Nous approchons les 150 signatures.
‐ La prochaine étape : ratification de l’accord avec la cible d’obtenir 55 Etats représentant 55% des émissions pour l’entrée en vigueur de l’accord.
‐ Accélérer la mise en œuvre de la feuille de route de la CoP21, car les actions concrètes existent déjà avec les 70 coalitions, les 10.000 acteurs impliqués sur les 12 thématiques de l’Agenda des solutions.

2/ Concrètement, nous devons mobiliser tous les lieux de décision au service de l’action pour le climat.

‐ Les Etats qui ont la responsabilité de la ratification et des NDC : comment concrétiser les actions pays par pays ; je compte sur vous, ministres des finances pour accompagner ce mouvement !
‐ Les entreprises et les investisseurs : ce sont eux qui sont les garants de la transition énergétique, c’est la grande nouveauté de la Cop21 pour appliquer l’accord de Paris.
‐ Les territoires et les villes avec les grandes coalitions qui se sont formées lors de la CoP 21. Dans le monde, une grande partie des investissements publics dépend des villes et des territoires.
‐ Les ONG et les citoyens, à la fois pour s’assurer que la parole donnée à Paris est respectée et parce que, comme le disait Henri David Thoreau : « personne n’a la responsabilité de tout faire, mais chacun doit accomplir quelque chose »

3/ Finances : trois chantiers nous attendent :

Les financements publics :
Beaucoup a été promis lors de la CoP. Les banques multilatérales ont pris la mesure des efforts à fournir.
Je félicite la Banque mondiale pour le plan d’action présenté à ses administrateurs récemment et notamment sa déclinaison africaine.
Financements privés :
Beaucoup a été fait en peu de temps, comme par exemple la coalition pour la décarbonation des portefeuilles – 600Md$ d’actifs, dépassant largement son objectif initial de 100Md, et plus largement les efforts du gouverneur Carney pour alerter les milieux financiers sur la question du risque climatique.
En tant que présidente de la CoP, je souhaite aussi que l’on prenne la mesure des opportunités de la croissance verte et de l’économie bleue.
Tarification du carbone, avec une grande mobilisation des Etats et des entreprises. Comme présidente de la CoP, je pense que ce grand mouvement doit s’organiser autour de trois principes :

  • Un prix suffisamment élevé pour changer les comportements.
  • Un prix stable et prévisible pour donner de la visibilité aux acteurs économiques et financiers.
  • Un prix coordonné, comme le propose la Banque mondiale, pour en faire un instrument de cohésion et non de concurrence.

Pour la réussite de l’accord, mon message final est simple :
‐ Nous devons agir vite.
‐ Nous devons agir de manière juste, parce que beaucoup de
promesses ont été faites et notre action doit être guidée par la justice écologique.
‐ Nous devons agir ensemble, parce que l’accord de Paris a été un grand moment de consensus de la communauté internationale et nous devons conserver l’esprit de Paris.

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