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La France renforce les mesures de sécurité pour l’Euro 2016

Published on 7 juin 2016
Communiqué du ministre de l’Intérieur, M. Bernard Cazeneuve, sur la sécurité à l’occasion du tournoi européen.

La France accueillera le championnat d’Europe de football rassemblant 24 équipes nationales, à l’occasion de 51 rencontres organisées entre le 10 juin et le 10 juillet 2016, dans les stades des 10 villes hôtes (Paris, Saint-Denis, Lille, Lens, Lyon, Saint-Etienne, Bordeaux, Toulouse, Marseille et Nice).

Cet événement focalisera sur la France une forte exposition médiatique, qui dépassera son seul aspect sportif. A cette occasion 8,5 millions de visiteurs et plusieurs milliers de journalistes sont attendus. La sécurité des équipes, des délégations étrangères et du nombreux public constitue donc un enjeu majeur. La menace terroriste à laquelle la France est exposée implique une exigence de chaque instant, partagée entre l’État, l’organisateur de la compétition et les collectivités territoriales concernées, chacun dans son domaine de compétence.

Le ministère de l’intérieur a signé le 2 septembre 2015, avec la Fédération française de football (FFF), un protocole qui détermine la répartition des attributions entre l’organisateur et l’État. Si la sécurité intérieure des enceintes sportives revient à l’organisateur, la sécurité périphérique de ces mêmes enceintes relève de la responsabilité de l’État. Cette répartition des compétences est également appliquée aux "fans zones" mises en place par chacune des villes hôtes.

Dans le respect de ces principes, l’État mobilisera donc les moyens nécessaires au déroulement de l’Euro dans un cadre hautement sécurisé. Dès le début des travaux préparatoires, le risque terroriste a été identifié comme une menace à prendre en compte. Les attentats de 2015 n’ont donc pas eu pour conséquence de refonder les principes sécuritaires mis en œuvre, mais de les adapter à l’évolution des modes opératoires constatés, en France comme dans les autres pays touchés par des attaques.

Le nombre d’agents de sécurité privée et de stadiers a été revu à la hausse par l’organisateur dans les stades. Pour les « fans zones », plusieurs instructions interministérielles ont renforcé les exigences sécuritaires, par exemple en durcissant les contrôles d’accès avec des palpations systématiques des spectateurs, et le recours à la vidéoprotection dans l’ensemble des "fans zones". Ont également été prescrites des mesures de pré-filtrage, afin de fluidifier les entrées pour éviter les points de fixation sur la voie publique. Ces exigences ont été étendues aux autres espaces de retransmission sur grands écrans, hors "fans zones", qui devront être organisés dans des espaces clos et sécurisés (stades, salles omnisports, parcs d’expositions, salles de spectacles), dont l’accès sera contrôlé dans les mêmes conditions.

Le Gouvernement a décidé d’accorder une participation exceptionnelle représentant le tiers des coûts de sécurité exposés par les villes hôtes pour l’organisation des "fans zones", soit une subvention globale de 8 millions d’euros, dont 2 millions consacrés à la vidéo-protection.

L’État a par ailleurs amélioré les conditions de recrutement des agents de sécurité privée en permettant la création d’un certificat de qualification professionnelle. Le réseau de Pôle Emploi a été particulièrement mobilisé. La contribution exceptionnelle de Pôle emploi et des branches professionnelles a permis de proposer un plan de près de 3 000 formations entièrement gratuites pour les demandeurs d’emploi dans le domaine de la sécurité privée.

Même si aucune menace directe n’a à ce jour été détectée, l’Euro 2016 constitue à l’évidence une cible potentielle pour les groupes terroristes du fait de l’exposition médiatique, de la concentration de foules comme de la présence sur le sol français de ressortissants de nombreuses nationalités. Aussi, une cellule spécifiquement dédiée d’analyse des risques, rassemblant tous les services concourant au renseignement intérieur et extérieur sera activée 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Elle fournira synthèses et analyses en matière de prévention du terrorisme, mais aussi d’ordre public (hooliganisme), afin que les préfets et l’échelon central puissent adapter en permanence les dispositifs opérationnels de terrain. De même, la coopération internationale permettra à chaque pays participant de dépêcher des équipes de policiers nationaux pour encadrer les supporteurs et partager, avec les services de police français, des renseignements opérationnels.

Les villes hôtes pourront compter sur le renfort des effectifs locaux par les 3 400 CRS et gendarmes mobiles spécifiquement affectés au renforcement de la sécurisation des stades et des fans zones. Au total, pas moins de 72 000 policiers et gendarmes seront mobilisés, auxquels il convient d’ajouter 5 200 personnels de la sécurité civile au rang desquels figurent les services de déminage, les services départementaux d’incendie et de secours, très impliqués dans la sécurisation sanitaire de l’événement aux côtés des associations agréées de sécurité civile pour l’activité de secourisme. Les services hospitaliers dans le cadre de la régulation opérée par les SAMU seront également mis à contribution. Enfin, le ministère de la défense contribuera à la réussite de l’Euro grâce aux 10 000 militaires de l’opération SENTINELLE. La prise en compte spécifique du risque terroriste a conduit à prévoir le pré-positionnement, dans chaque stade et aux abords de chaque "fans zone", de groupes constitués du RAID, du GIGN et, à Paris, de la BRI, là encore en soutien des policiers locaux.

Par ailleurs, tous les enseignements sont actuellement tirés des incidents survenus au Stade de France le 21 mai, alors que la configuration "UEFA" du stade était inachevée. La fluidité des accès, la gestion des flux, comme les palpations et les fouilles systématiques de chaque entrant constituent les trois axes sur lesquels les services de la préfecture de police et d’Euro 2016 SAS travaillent actuellement pour adapter le dispositif et corriger les défauts qui ont pu apparaître.

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