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« Les valeurs de la France et de l’olympisme sont jumelles. »

Published on 4 octobre 2016
Allocution du président de la République M. François Hollande à l’occasion de la visite à Paris de M. Thomas Bach, président du Comité International Olympique
Paris. le 2 octobre 2016

Monsieur le président du Comité International Olympique, cher Thomas BACH,

Nous sommes très heureux de vous recevoir ici à l’Elysée en présence des ministres, en présence de la maire de Paris, chère Anne HIDALGO, de la présidente du conseil régional d’Ile-de-France, Madame Valérie PECRESSE et des présidents de Paris 2024 car il ne vous a pas échappé que nous sommes candidats pour Paris 2024 ! Nous voulions vous en faire la surprise par cet événement !

Nous saluons aussi le président du comité national olympique, Denis MASSEGLIA, Madame la présidente du comité paralympique, chère Emmanuelle ASSMANN et beaucoup d’entreprises, de mécènes, d’organisations qui se sont portés également pour la candidature de Paris 2024.

Vous avez devant vous l’équipe de France, pas toute l’équipe de France car nous aurions pu rassembler encore plus largement mais voici l’équipe qui se mobilise pour cette candidature. Je sais que vous avez commencé une visite à Paris, vous connaissiez déjà très bien Paris car vous êtes un ami de la France et vous venez très souvent à Paris et en Ile-de-France mais il s’agissait non pas d’une visite touristique, pas même d’une visite gastronomique même si rien n’a manqué mais il s’agissait de vous présenter les lieux, les sites, là où pourrait, si le comité international olympique en décide, se produire les Jeux olympiques en 2024.

Il était très important qu’il puisse être fait la démonstration que nous avons déjà des équipements très importants, que nous avons déjà des lieux qui peuvent accueillir de grandes compétitions et que nous avons des projets d’installation pour le village olympique, pour un certain nombre de compétitions qui pourraient se produire ici en Ile-de-France, nous n’avons pas pu vous emmener à Marseille mais ça viendra parce que Marseille est liée à la candidature de Paris dès lors qu’il y aura un certain nombre de compétitions qui s’y produiront ou qui s’y produiraient. J’essaye d’éviter et vous connaissez la subtilité de la langue française le conditionnel pour mettre tout au futur mais je ne veux pas anticiper !

Vous avez devant vous l’équipe de France au sens où ici ce sont les sportifs qui portent la candidature, ce ne sont pas des élus : ce n’est pas le président de la République, le Premier ministre ou les personnalités qui veulent un moment diriger la France. C’est toute la France qui est rassemblée autour des sportifs et avec une unité qui est exceptionnelle. Vous savez qu’en France, c’est très différent dans d’autres pays, mais en France il y a toujours des sensibilités, des diversités, des clivages dans les familles politiques, avec aussi un certain nombre de courants philosophiques, mais s’il y a un sujet qui rassemble toute la France, c’est la candidature pour les Jeux olympiques à Paris 2024. C’est très important que vous en preniez la mesure et que vous en ayez conscience parce que c’est véritablement un engouement et un engagement qui se sont produits à cette occasion.

Au début, il fallait qu’il y ait une réflexion : est-ce que nous pouvions valablement présenter une candidature ? Et le jour où cette candidature a été décidée, il y a eu ce bloc qui s’est formé, qui est indestructible, vous allez le voir, qui permet à la France et à Paris de porter avec une autre ambition cette candidature.

Quels peuvent être les arguments ? Je ne vais pas ici les développer, ce sont les sportifs qui sont, je l’ai dit, les mieux qualifiés pour le dire, mais nous voulons donner une orientation à cette candidature autour de l’innovation et je crois que beaucoup d’entreprises pourront en porter témoignage. Innovation dans tout domaine, autour de la culture et du patrimoine parce que c’est Paris, parce que c’est la France et autour de l’excellence environnementale parce que c’est à Paris qu’a été signé l’accord sur le climat, accord qui va d’ailleurs pouvoir entrer en vigueur dès la fin de l’année compte tenu des ratifications qui sont déjà réunies.

Ensuite parce que les valeurs de la France et les valeurs de l’olympisme sont jumelles et nous saluons avec la même vigueur le respect, l’universalité, la fraternité et ce que le sport peut apporter, peut apporter notamment à la jeunesse. Vous avez voulu aussi donner cette priorité aux candidatures qui devaient être présentées, que la jeunesse soit à chaque fois la génération qui puisse s’enthousiasmer pour les Jeux, qu’il puisse y avoir auprès de toutes les jeunesses du monde la même envie de partager les émotions et les réussites et faire que nous puissions dans un monde qui est fracassé par l’intolérance et par la haine que nous puissions justement soulever une espérance, une espérance commune à travers eux les Jeux Olympiques.

Nous voulons aussi vous rappeler, mais vous le savez, que la France est capable d’organiser des grands événements, encore récemment avec l’Euro 2016. Nous avons été capable d’organiser 40 championnats du monde et continentaux, tous sports confondus ces dernières années. Donc nous avons non seulement les capacités, non seulement le savoir-faire, la technologie pour de grands événements, mais nous pouvons leur assurer la sécurité.

La sécurité, ça a été une des questions qui nous a été posée et c’était bien légitime lorsque nous nous sommes retrouvés à Rio. L’équipe de France était déjà réunie là et présentait tous les arguments pour Paris et la sécurité. Nous avons été capables de l’assurer pour les événements dont j’ai parlé. La sécurité, c’est notre priorité majeure, chacun peut en comprendre les raisons, je ne sais pas ce que sera le monde en 2024 mais il sera forcément, lui aussi, dangereux et il n’y a aucun pays, aucune capitale qui puisse penser qu’il sera protégé, immunisé.

Nous sommes devant cette réalité depuis longtemps, mais nous avons toutes les conditions pour réussir à protéger un événement comme les Jeux Olympiques 2024 et nous avons, si je puis dire, à cause des événements qui se sont produits, une forme de préparation qu’aucun autre pays ne peut avoir, compte tenu de ce qui nous a frappés et des moyens que nous avons dégagés. Je suis sûr, au-delà des élections qui se produiront jusqu’en 2024, que tous les présidents de la République ou présidentes de la République auront à cœur de poursuivre ce que nous avons engagé et qui venait d’ailleurs après déjà bien des décisions. Non pas que la sécurité doivent être le seul enjeu mais c’est la condition préalable que nous devons assurer à tous les athlètes, tous les sportifs et au monde entier et nous pouvons le faire.

Nous pouvons le faire parce que nous avons aussi une conception de la sécurité qui est celle de donner à chaque homme et à chaque femme une place dans la société, un rôle que nous pensons être la condition même de la vie en commun : la citoyenneté. Voilà, c’est toutes ces valeurs que nous voulons partager et c’est pourquoi je suis très heureux que vous puissiez être là parmi nous. Vous nous avez d’ailleurs chaque fois témoigné dans les moments difficiles ou dans les moments de joie, parce que vous étiez là aussi pour la COP21 ; vous nous avez toujours témoigné du soutien du mouvement olympique et nous en avons été très sensibles ; vous avez chaque fois allumé la flamme de l’espoir, alors pardonnez-nous de vous le dire : si la flamme de l’espoir, peut-être la flamme olympique en 2024, nous l’accueillons avec beaucoup de plaisir.

Merci Monsieur le président !

J’ai un cadeau à vous faire, je vous laisse le découvrir mais il a quelques liens avec les Jeux Olympiques.

Thomas BACH : Voilà le drapeau olympique ! Nous l’avons déjà porté ensemble, non ?

LE PRESIDENT : C’est le drapeau olympique d’il y a presque un siècle, enfin d’il y aura presque un siècle lorsque en 2024, il y aura les Jeux Olympiques à Paris !

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