Skip to main content

De nouvelles mesures pour soutenir le tourisme

Published on 18 novembre 2016
Parmi les priorités identitifées par le Comité interministériel du tourisme début novembre 2016, la sécurité des touristes, le soutien aux entreprises et à l’emploi, les actions de communication et les mesures sociales en faveur des plus démunis.
• LIRE AUSSI : L’interview de Jean-Marc Ayrault dans « Les Echos » : « Nous pourrions accueillir 5 millions de visiteurs chinois à l’horizon 2020 »

spip_logoLa France est en tête des destinations touristiques dans le monde depuis les années 1980. L’activité touristique représente un apport économique important et un vecteur d’attractivité et de rayonnement de l’Hexagone. Malgré les événements qui ont frappé la France récemment, celle-ci a su rester la première destination mondiale avec 85 millions de touristes étrangers (vs 83,8 en 2014), dont 80 % venant d’Europe.

Toutefois, bien que la France ait réussi à surmonter les attentats, une baisse du tourisme étranger a été constatée, avec un impact sur les clientèles lointaines, notamment d’Amérique du Nord ou asiatiques qui sont les plus forts relais de croissance dans ce secteur.

Une France qui attire

En France, le tourisme représente 7,5 % de la richesse nationale et près de deux millions d’emplois. Il contribue positivement à la balance commerciale de la France (+ 6,8 milliards d’euros en 2015). Au-delà de cet apport économique considérable, le tourisme est un formidable vecteur d’attractivité et de rayonnement pour notre pays. C’est également dans ce cadre que le développement du tourisme domestique (deux tiers des recettes touristiques) doit être soutenu.

Une adaptation constante

Au-delà de la poursuite des mesures structurelles d’amélioration de notre offre et de la redéfinition de notre stratégie de promotion, des mesures conjoncturelles de soutien restent nécessaires. C’est la raison pour laquelle des mesures d’urgence ont été mises en oeuvre, dans le cadre du comité d’urgence économique pour le tourisme réuni le 13 juillet et le 13 septembre par le ministre des Affaires étrangères et du Développement international et dans celui de la cellule de continuité économique sous la responsabilité du ministre chargé de l’Economie, pour soutenir les acteurs et renforcer la promotion.

Le comité interministériel qui s’est tenu ce 7 novembre 2016 est une nouvelle étape de mobilisation et d’engagement du Gouvernement pour le secteur du tourisme.

De nouveaux engagements avec un plan de 42,7 millions d’euros

15,5 millions d’euros pour renforcer la sécurité

  • 10 millions d’euros de plus pour le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) pour renforcer la sécurité des lieux touristiques principalement en équipements de vidéo-protection.
  • 4 millions d’euros de plus pour le Fonds d’urgence au spectacle vivant qui a fait ses preuves pour renforcer la sécurité des festivals en 2016.
  • Renforcement du dispositif de passage automatisé rapide aux frontières extérieures "PARAFE II". Le système PARAFE (Passage automatisé rapide aux frontières extérieures), combiné à une technologie biométrique d’authentification basée sur l’empreinte digitale, simplifie les formalités de passage aux frontières. 87 nouvelles bornes parafes seront installées à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle d’ici à 2020.
  • Création d’une structure de coordination sécurité tourisme dans chaque département. Sous l’autorité des préfets de département, elle associera le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) et le commandant de groupement de gendarmerie départementale et déterminera, avec les organisations professionnelles du tourisme, les exploitants publics et privés de sites touristiques et les transporteurs, les mesures de sécurisation à mettre en oeuvre.

10,5 millions d’euros pour renforcer les actions de promotion auprès des touristes français et étrangers

  • Moyens supplémentaires alloués à Atout France pour mener des actions ciblées avec les collectivités et les acteurs privés auprès des marchés internationaux en renforçant les actions de communication sur internet et les réseaux sociaux pour améliorer l’e-réputation de la "destination France".
  • Dispositif de communication déployé par le Service d’information du Gouvernement (SIG) pour mener des actions sur les réseaux sociaux à destination des touristes français. Digital et reposant sur les réseaux sociaux, ce dispositif financé par le SIG est prévu au 1er semestre 2017, sur plusieurs vagues de communication correspondant aux périodes de choix des destinations des Français.

11 millions d’euros pour venir en soutien aux professionnels et aux salariés du secteur touristique

  • Bonification des prêts pour soutenir la modernisation des professionnels du secteur hôtellerie-café-restaurant (HCR) pour un montant de 1,75 million d’euros.
  • Faciliter le recours à l’activité partielle (les autorisations sont d’ores et déjà passées de 12 à 18,5 millions d’euros, soit une augmentation de 30%).
  • Cofinancement d’actions de développement des compétences avec 3,3 millions d’euros.
  • Mesures de simplification pour les acteurs du commerce : maintien du seuil de 15 000 euros pour le paiement en liquide des articles de luxe pour les non-résidents et lancement d’une étude sur l’assouplissement des règles de détaxe pour les touristes internationaux.

5,7 millions d’euros pour encourager le départ en vacances des Français les plus modestes

  • Dans le cadre de sa politique sociale l’ANCV propose une aide au départ pour les retraités modestes (non imposables) à 70 000 personnes en 2016. Le Comité interministériel a décidé d’appuyer ce programme avec une dotation de 5,7 millions d’euros, pour permettre à 30 000 retraités modestes supplémentaires de partir en vacances en 2017.
  • Développer l’utilisation des chèques-vacances. Dans le cadre du PLFSS 2017, les exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les chèques vacances sont réaffirmées. La mise en oeuvre du chèque-vacance pour les travailleurs non-salariés et pour les employés à domicile sera accélérée et promue auprès de ces publics.

Le 17 novembre 2016, la Conférence internationale du tourisme pour aller plus loin

Les atouts de la France doivent toutefois être cultivés et développés face à une concurrence de plus en plus vive. Si l’on regarde les recettes du tourisme, la France ne figure qu’en 3e position, derrière les Etats-Unis et l’Espagne. La mise en place d’une stratégie est donc un enjeu important pour les territoires français.

Le 17 novembre s’est tenue la deuxième conférence nationale du tourisme organisée par le ministre des Affaires étrangères. Dans ce cadre, les professionnels du tourisme, hôteliers et plateformes de réservation annonceront des mesures en direction de leur clientèle, démontrant l’engagement de tous, professionnels et pouvoirs publics au service du tourisme français.


Interview de Jean-Marc Ayrault dans « Les Echos » : « Nous pourrions accueillir 5 millions de visiteurs chinois à l’horizon 2020 »

Dix jours après la réunion d’un comité interministériel du tourisme (CIT) - le premier depuis 2003 -, le secteur figure à nouveau en bonne place à l’agenda gouvernemental, avec l’organisation ce jeudi de la deuxième Conférence nationale du tourisme, sous la présidence de Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères et du Développement international.

Si le CIT visait à répondre à une urgence sectorielle (sécurité, « coup de pouce » aux professionnels, promotion…) du fait de la chute de la fréquentation internationale, cette conférence sera surtout l’occasion de faire le bilan des actions engagées en octobre 2015 et d’échanges en vue de renforcer le tourisme tricolore. Alors que l’objectif gouvernemental des 100 millions de visiteurs en 2020 semble compromis, Jean-Marc Ayrault souligne, dans un entretien aux « Echos », que « l’image de la France reste bonne ». Pour autant, ajoute-il, « il faut organiser la filière ».

Le nombre de touristes étrangers devrait vraisemblablement passer sous la barre des 80 millions cette année. L’objectif des 100 millions à l’horizon 2020 est-il encore accessible voire crédible ?

La possibilité d’atteindre cet objectif dépend d’un certain nombre de facteurs. A l’évidence, nous étions bien sur le chemin en 2015. A ce stade, le nombre d’arrivées internationales est en recul de 8 % cette année, au regard du cumul sur janvier-octobre. Mais je ne pense pas que le ralentissement soit structurel. Il n’y a pas que les attentats qui ont joué. Il y a eu des mouvements sociaux et des inondations. Ceci étant, le secteur a bien résisté. Et le fléchissement de certains marchés, asiatiques en particulier, est lié à tous ces facteurs. Mais l’Asie ne représente que 3 % de la fréquentation. Pour autant, il ne faut pas sous-estimer le phénomène compte tenu du potentiel de sa clientèle. Nous avons accueilli 2,2 millions de visiteurs chinois en 2015. Ils pourraient être 5 millions à l’horizon 2020. Il y a aussi un enjeu en termes de recettes. La dépense moyenne des touristes asiatiques - de l’ordre de 1.600 euros par séjour - est le double de celle de la clientèle américaine.

Face à la question sécuritaire, quand les mesures récemment décidées seront-elles mises en oeuvre ?

Elles le sont déjà. Parmi les mesures du dernier comité interministériel sur le tourisme, le gouvernement a débloqué 15,5 millions d’euros pour sécuriser les lieux touristiques. Il est insupportable que certains visiteurs étrangers soient une cible de la petite délinquance. Il faut également se soucier de l’accompagnement des groupes.

D’aucuns ont suggéré la création d’une police touristique. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas la formule retenue par le gouvernement. Nos forces de police ont la pleine capacité pour assurer la sécurité de nos visiteurs étrangers. Nous privilégions les partenariats avec les pays tiers comme nous l’avons fait par exemple pendant l’Euro. Nous étudions d’ailleurs un projet en ce sens avec les autorités chinoises. Nous allons également mettre en place un label « sécurité tourisme » pour améliorer la coordination avec les professionnels. La sécurité est appréhendée par nos visiteurs comme étant un élément d’un ensemble. L’image de la France reste bonne, notre capital sympathie n’est pas entamé. Mais il faut organiser la filière, avec les territoires. Le tourisme est une filière majeure, qui représente de 7 à 8 % du PIB et au moins 2 millions d’emplois. Pour renforcer le secteur, il faut examiner les mesures qui relèvent de l’urgence, mais aussi mener une action structurelle.

Où en est justement le plan d’action annoncé à l’automne 2015, et notamment le programme d’investissement de 1 milliard d’euros sur cinq ans ?

Sa mise en oeuvre a bien avancé. S’agissant du volet consacré aux hébergements et aux infrastructures, pour lequel la Caisse des Dépôts doit mobiliser 400 millions d’euros de fonds propres, une vingtaine de projets ont été lancés pour un montant total de 460 millions. A titre d’exemple, 3,5 millions sur 22 millions ont été apportés dans le cadre du projet de transformation de l’ancienne caserne de pompiers de Reims en hôtel. De même, 2,3 millions d’euros sont consacrés au projet de rénovation de l’établissement thermal de Châtel-Guyon sur 24 millions. Autre exemple, l’extension du parc Le Petit Prince, en Alsace, fait l’objet d’un apport de 3 millions sur un total de huit. En parallèle, il est prévu une enveloppe de 500 millions d’euros pour la construction ou la rénovation d’hébergements. Un gros investissement vient d’être engagé avec le projet de Club Med de Samoëns qui bénéficie d’un apport de 26 millions sur un total de 96 millions. Il y a enfin une troisième composante, l’innovation, pilotée par bpifrance. Un fonds de l’ordre de 100 millions est prévu. Bpifrance a notamment donné un coup de pouce à France Hostels, un nouvel acteur dans le secteur des auberges de jeunesse.

CDG Express n’a toujours pas de financement. N’est-ce pas un manque flagrant ?

CDG Express, qui est porté par ADP et la SNCF, est bien un projet majeur. Le renforcement de l’Ile-de-France en tant que grande métropole mondiale nécessite des infrastructures. Je me suis attelé à ce dossier quand j’étais Premier ministre. J’ai noté au cours de mes contacts, en tant que ministre des Affaires étrangères, que les investisseurs chinois sont intéressés par les infrastructures en France.

Interview réalisée par Elsa Dicharry & Christophe Palierse, Les Echos
Le 17 novembre 2016
      haut de la page