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François Hollande : « La COP22, c’est la COP des solutions. »

Published on 18 novembre 2016
Conférence de presse du président de la République à l’occasion de l’ouverture de la 22e Conférence (COP22) de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
Marrakech, mercredi 16 novembre 2016

Mesdames, Messieurs,

J’avais trois objectifs dans le cadre de cette COP22. La France, vous le savez, avait présidé la COP21 et avait été très fière qu’à Paris, il puisse y avoir un accord universel contraignant qui engage le monde. Donc, venant ici à Marrakech dans un contexte que chacun connait, où il pouvait y avoir à la fois de l’espoir et des doutes, il était très important qu’au nom de la France, mais aussi au nom des 110 pays qui ont ratifié l’Accord de Paris, je puisse affirmer que cet Accord est irréversible.

Il est irréversible en droit, parce qu’en moins d’un an il a pu entrer en vigueur, irréversible dans les faits, parce qu’il y a un mouvement, une mobilisation des acteurs privés, publics, gouvernements, entreprises, organisations non gouvernementales qui fait que ce mouvement est irrépressible, inarrêtable et inaltérable. Et puis, il est irrépressible aussi parce que dans les consciences, il est maintenant acté que l’enjeu climatique est un enjeu commun et qu’il concerne aussi bien des îles qui sont menacées pour leur propre survie que des grands continents, des pays immenses qui sont touchés par des catastrophes.

Cette affirmation que j’ai pu prononcer a été soutenue et saluée par beaucoup de pays ici présents et c’est là, la confirmation que nous sommes dans un processus irréversible. Je sais bien qu’il y a encore des questionnements : est-ce qu’il est possible de se dégager de l’Accord ? Cela prendrait énormément de temps mais surtout quel serait l’intérêt même des Américains de le faire alors que Barack OBAMA s’est autant engagé, que de nombreux Etats fédérés, de nombreuses régions, de nombreuses entreprises qui aujourd’hui s’expriment veulent être pleinement dans la participation à l’application de l’Accord de Paris ?

J’avais un deuxième objectif, il a été partagé avec le Maroc, qui a cette responsabilité de présider la COP. Je veux saluer sa Majesté MOHAMMED VI parce que nous avons pu travailler ensemble avec la présidente de la COP, Ségolène ROYAL, avec son successeur, pour que nous puissions accélérer et mettre en œuvre les engagements de la COP21.

La COP22, c’est la COP des solutions. Nous avons pu faire en sorte que les règles d’application de l’Accord soient définies et précisées et notamment pour l’adaptation. Les coalitions ont été renforcées, je pense notamment à l’Alliance solaire, à la coalition pour les énergies renouvelables, à celle sur l’innovation, sur le prix du carbone et même sur l’océan qui est devenu une priorité commune à l’occasion de cette Conférence des parties.

Enfin, il y a les financements qui devaient être là-encore au rendez-vous. A Paris, il avait été annoncé 100 milliards en 2020 et il y a de la part de l’ensemble des participants et des acteurs la volonté d’atteindre ce chiffre. La France pour ce qui la concerne, mobilisera cinq milliards et donc nous avons fait plus que notre part. C’était très important aussi que je puisse réaffirmer cet engagement de la France, qui se trouve d’ailleurs dans nos documents budgétaires, qui se trouve également dans la réforme -que nous avons engagée et qui est maintenant accomplie- de l’Agence française de développement.

J’avais un troisième objectif qui était de soutenir avec les pays africains l’initiative pour les énergies renouvelables, et c’est ce que nous venons de faire. Nous avons une dette écologique à l’égard du continent africain et, là-encore, nous devons prendre un certain nombre de responsabilités. Pour les énergies renouvelables, avec les financements qui sont prévus, les projets qui ont été identifiés pour l’agriculture par exemple. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane LE FOLL, a pu aujourd’hui-même présenter le projet de la France. Nous devons faire un travail d’exemple, pour l’accès à l’eau et pour les mécanismes d’alerte. Donc la France veut que l’Afrique puisse être non seulement pleinement partie prenante de l’Accord, mais puisse être la priorité de l’Accord sur le climat et donc de la COP 22.

Nous sommes à Marrakech, au Maroc, il y aura d’autres rendez-vous avec l’Afrique mais ici l’Afrique était représentée au plus haut niveau parce qu’elle avait compris qu’elle était au cœur du projet climatique. C’est également notre intérêt commun. Pas simplement un acte de solidarité, pas simplement une volonté -qui suffirait d’ailleurs- de préserver la planète, mais parce que c’est aussi la sécurité de nos deux continents qui est en cause. Si nous voulons limiter ou réduire ou empêcher l’immigration c’est en luttant contre le réchauffement climatique et en assurant la sécurité du continent. Si nous voulons qu’il y ait un développement en Afrique qui puisse être une source de croissance en Europe c’est à travers le plan que nous pouvons lancer aujourd’hui. Si nous voulons qu’il y ait ce partage des technologies, c’est avec l’Afrique que nous devons l’engager et la France est particulièrement bien placée pour jouer ce rôle.

Donc la France devait être là aujourd’hui et elle sera là demain. Elle sera là demain pour être la gardienne de l’Accord de Paris dans sa lettre et dans son esprit, elle est là et elle sera là pour mettre en œuvre, plus vite même qu’il n’était prévu l’Accord de Paris et pour prendre des engagements supérieurs à ceux mêmes que nous avions annoncés l’année dernière. La France est là et sera là pour l’Afrique et j’aurai encore l’occasion ces prochaines semaines de le dire et de le démontrer. Merci.

Discours à l’ouverture de la 22e Conférence de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques

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