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Voeux du Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères et européennes

Published on 10 janvier 2012
Paris, 10 janvier 2012

Messieurs les Ministres,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux, avec Henri de Raincourt, Jean Leonetti et Edouard Courtial, d’accueillir au Quai d’Orsay, comme c’est la tradition, l’ensemble des cadres qui dirigent ce ministère, mais aussi, et je crois que c’est une innovation, l’ensemble des jeunes agents qui l’ont rejoint l’an dernier et constituent l’avenir de la diplomatie française.

Permettez-moi d’abord, Monsieur le Secrétaire général, de vous remercier des vœux que vous avez exprimés au nom de tous les agents : vos paroles me vont droit au cœur. Au cours des derniers mois, j’ai pu mesurer la qualité de nos relations et l’esprit de confiance dans lequel nous travaillons ensemble. Je voudrais aujourd’hui vous en remercier.

Permettez-moi également, à l’aube de cette nouvelle année, de rappeler la manière dont le Quai d’Orsay a abordé 2011. Face à des critiques injustes formulées à son encontre sur fond de baisse régulière de ses moyens, vous redoutiez que la confiance de la France dans son outil diplomatique ne s’altère et que la place de ce ministère au sein de l’État ne soit pas reconnue comme elle le mérite. Vous aviez surtout le sentiment que votre engagement n’était pas estimé à sa juste valeur et que nos compatriotes méconnaissaient les objectifs et les servitudes de votre mission.

C’est dans ce contexte que j’ai eu le bonheur de retrouver cette maison. Vous le savez, j’avais conservé à son égard un attachement particulier. Dès mon arrivée, je vous ai confirmé l’enthousiasme que j’éprouvais à conduire à nouveau, sous l’autorité du président de la République, une diplomatie en mouvement, une diplomatie de progrès, une diplomatie au service de la France et des droits fondamentaux de la personne humaine. Je vous ai aussi exprimé ma confiance.

Cette confiance, l’année 2011 a montré à quel point vous en étiez dignes.

Elle m’a permis de vérifier qu’après quinze ans, l’immense potentiel humain de cette maison était resté intact. Elle m’a permis de redécouvrir l’engagement et le professionnalisme dont vous faites collectivement preuve pour remplir les missions exigeantes qui sont celles de ce ministère :

- Promouvoir nos valeurs, notre culture et aussi nos intérêts ;

- Déchiffrer et anticiper les grandes évolutions du monde contemporain ;

- Proposer des idées nouvelles et faire de la France l’un des moteurs de l’action internationale ;

- Enfin, protéger nos concitoyens partout dans le monde.

À l’occasion des nombreuses crises qui se sont succédé l’an dernier - politiques, économiques, humanitaires ou environnementales -, les Français ont pu mesurer l’efficacité et la réactivité de notre dispositif diplomatique. Ils ont pu apprécier votre dévouement au service de notre pays.

Je tiens d’abord à rendre hommage à ceux d’entre vous qui ont été en première ligne pour gérer ces crises. Je pense bien sûr aux agents du Centre de crise, auxquels j’ai eu l’occasion de rendre à plusieurs reprises hommage, mais aussi aux agents de nos postes diplomatiques et consulaires qui, en Tunisie, en Libye, en Égypte, au Yémen, en Côte d’Ivoire, au Japon, en Iran, en Syrie et dans bien d’autres pays encore, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour accomplir leur mission. Je sais que certains d’entre eux, encore récemment en fonctions à Damas, à Téhéran ou à Tripoli, sont parmi nous aujourd’hui. Je voudrais leur adresser mes remerciements tout particuliers pour leur engagement et leur sang-froid dans les périodes difficiles qu’ils ont vécues.

J’associe naturellement à ces remerciements l’ensemble des agents du ministère qui, dans nos postes ou à l’administration centrale, ont été au cœur des grands dossiers de l’année écoulée. Je pense à la direction générale de la Mondialisation, qui s’est mobilisée sans relâche dans le cadre de la Présidence française du G8 et du G20, à la direction « Afrique du Nord Moyen-Orient », que le « printemps arabe » a maintenue sous tension tout au long de l’année 2011, à la direction de l’Union européenne, à laquelle la crise de l’euro n’a guère laissé de répit, et à la direction des Français de l’étranger et des affaires consulaires, qui prépare activement les élections qui se tiendront dans quelques mois. Je pense aussi aux acteurs de notre dispositif culturel, qui ont franchi en 2011 une étape majeure dans la réforme profonde engagée il y a 2 ans, avec la création de l’Institut français, de France expertise internationale et de Campus France, et avec le rattachement expérimental d’une partie du réseau à l’Institut français. Mais je pourrais citer l’ensemble des directions et opérateurs de ce ministère, qui dans le domaine politique, économique et culturel, contribuent au succès de la politique étrangère de la France et au rayonnement de ses valeurs dans le monde.

Si la voix de la France est aujourd’hui plus entendue que jamais, c’est grâce à vous tous. C’est aussi parce que nous avons veillé à ce que notre ministère dispose de moyens qui soient aussi proches que possible des ambitions qu’il se fixe.

Cette détermination, je l’ai affirmée dès mon arrivée au Quai d’Orsay, non sans mesurer pleinement les rigueurs d’un contexte budgétaire déjà très contraint et sans chercher à éveiller d’inutiles espoirs. Ne nous voilons pas la face : nous savons tous que nous ne sommes pas sortis de la période d’ajustement. S’il faut nous battre sans relâche pour préserver nos moyens, il nous faut aussi poursuivre l’indispensable effort de rationalisation que nous avons engagé. Au terme de cette année qui a été difficile, je me réjouis que de premiers résultats aient d’ores et déjà pu être atteints.

S’agissant de nos effectifs, vous le savez, un arbitrage du Premier ministre a permis qu’il soit pris acte des efforts consentis par le Quai d’Orsay au cours des dernières années, notamment en 2010. Nos objectifs de suppression d’emplois en 2011, 2012 et 2013 ont ainsi pu être revus à la baisse et notre ministère a retrouvé un peu d’oxygène, même si les efforts qui restent à fournir pourront apparaître douloureux.

S’agissant de nos dotations budgétaires, nous avons obtenu que notre ministère conserve en loi de finances 2012 des marges précieuses, liées à une évolution favorable de nos contributions obligatoires. C’est grâce à ces marges que nous avons pu préserver les moyens de fonctionnement de nos postes, renforcer les dotations consacrées à la sécurité de notre réseau et recréer une ligne dédiée à l’entretien de notre patrimoine immobilier.

S’agissant de la rémunération de nos agents, là encore, nous avons obtenu des progrès. Je pense à la réforme des indemnités de résidence, entrée en vigueur en septembre dernier : en réponse à une demande du Premier ministre, elle a permis d’améliorer le dispositif de manière réaliste, sans remettre en question le principe d’une indemnité de résidence universelle et forfaitaire à traitement fiscal inchangé. Je pense également à la revalorisation des traitements des agents de catégorie C en administration centrale, jusque là tenus à l’écart des revalorisations successives mises en œuvre au cours des dernières années. Je me réjouis que nos arguments aient finalement pu être entendus par le Budget. Pour les agents de recrutement local, qui sont des agents à part entière de notre ministère et dont je connais le dévouement, des efforts deux fois supérieurs à ceux de 2010 ont été accomplis l’an dernier. Je sais que ces efforts accrus n’ont pas été jugés suffisants au regard des besoins constatés. Conscient des vives préoccupations qui ont été exprimées, j’ai demandé à la direction générale de l’Administration de placer ces agents en tête de ses priorités de gestion pour 2012.

Enfin, s’agissant de la question du cadre de travail, nous n’avons pas ménagé nos efforts. Déjà, nos nouveaux bâtiments de la Convention et de la Courneuve constituent un incontestable progrès. Nous voulons aller plus loin. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité lancer deux chantiers prioritaires : la rénovation de l’ancien bâtiment des archives, pour laquelle j’ai obtenu que les crédits nécessaires aux études soient engagés dès cette année ; la restauration de l’Hôtel du ministre, élément majeur de notre patrimoine qu’il est de notre devoir de préserver.

Beaucoup a été accompli en 2011. Mais de nombreux défis restent à relever dans les mois qui viennent. Ces défis, vous les connaissez : la crise de la dette européenne, qui nous impose d’avancer vers une Europe plus intégrée et plus forte ; le printemps arabe, que nous devons accompagner pour favoriser l’enracinement de la démocratie sur la rive sud de la Méditerranée ; les élections en Afrique, qui exigent la vigilance de la communauté internationale ; l’Afghanistan, où nous allons progressivement entrer dans une nouvelle phase avec le retrait progressif de nos troupes ; et toutes les grandes échéances qui nous attendent, telles que Rio + 20. Je sais pouvoir compter sur vous tous pour redoubler d’efforts pour les relever.

Si j’ai souhaité que ces vœux 2012 soient l’occasion d’organiser une rencontre entre l’encadrement de notre ministère et la « génération 2011 » des nouveaux agents - toutes catégories et statuts confondus -, ce n’est pas seulement pour dresser le bilan de l’année écoulée et tracer des perspectives pour l’année à venir. C’est aussi pour réfléchir ensemble, à plus long terme, sur les évolutions en cours et à venir des métiers que vous avez choisis et qui sont à mes yeux parmi les plus beaux métiers qui soient.

Je voudrais donc m’adresser plus particulièrement à vous, les jeunes agents. Je sais la curiosité de l’autre, la soif de découverte et le goût des voyages qui vous animent. Je sais aussi que pour vous, l’intérêt général, le sens de l’État et la volonté de servir la France ne sont pas de vains mots. Car la diplomatie n’est pas seulement un métier. C’est avant tout une mission, une vocation. Pour tout vous dire, je vous envie d’être au seuil d’un parcours professionnel aussi varié et aussi exaltant, à une période cruciale de l’histoire de l’Europe et du monde. Je veux vous souhaiter la plus chaleureuse bienvenue. Je veux vous dire aussi que vous avez eu raison de rejoindre le Quai d’Orsay. En intégrant ce ministère, ce ne sont pas des carrières, ce sont des vies que vous avez choisies. Je ne connais pas beaucoup de métiers qui offrent l’exemple d’un tel engagement.

À cet égard, je voudrais vous faire part de trois réflexions que je retire de ma nouvelle expérience au Quai d’Orsay, comme de mes échanges avec les diplomaties de nos partenaires.

La première, c’est que les métiers de la diplomatie ont, contrairement à ce qui est dit parfois, de très beaux jours devant eux. Bien sûr, les nouvelles technologies de l’information et de la communication facilitent chaque jour davantage les échanges et l’accès direct à l’information. Mais elles rendent plus indispensable que jamais la mission de décryptage, d’analyse et d’explication qui incombe au diplomate. Internet entretient parfois l’illusion d’un monde de communication transparente et immédiate, affranchi des contraintes de distance. Mais nous constatons sans cesse que rien ne saurait remplacer le long et méticuleux travail d’influence qu’accomplissent nos postes au quotidien et qui est le seul gage d’une relation de confiance avec nos partenaires.

Demain comme hier, la France aura besoin d’un outil diplomatique moderne et ambitieux, à la hauteur de ses intérêts dans le monde. Elle aura aussi besoin d’un vivier d’experts et de spécialistes des autres cultures, des autres langues, des autres civilisations.

Ma deuxième réflexion, c’est que l’internationalisation croissante de l’action publique a vocation à renforcer structurellement la place de notre ministère dans l’appareil d’État. J’ai souvent entendu circuler l’idée selon laquelle le développement de directions ou de services internationaux dans l’ensemble des administrations de l’État aurait tôt ou tard raison du Quai d’Orsay. La réalité, c’est que plus l’internationalisation de l’action publique se confirme, plus le besoin de disposer d’un ministère investi d’une mission transversale d’analyse, de conception, de coordination d’initiative se renforce. J’observe que la loi relative à l’action extérieure de l’État a été l’occasion pour le législateur de rappeler le rôle de coordination et d’animation de l’ensemble des services de l’État qui est celui de nos chefs de poste. Mais il y a évidemment une condition pour que notre Département conserve et développe cette fonction : c’est la recherche de l’excellence, qu’il s’agisse des compétences d’analyse et d’écriture, de la capacité de négociation ou de la compréhension des structures internationales.

Ma troisième réflexion concerne le renouvellement généralisé des conditions d’exercice du métier de diplomate.

J’évoquais à l’instant la fonction de décryptage et d’analyse de l’information qui est celle des chancelleries. Cette fonction est sans doute la plus ancienne et la plus emblématique des missions du diplomate. Mais chacun peut constater qu’elle s’exerce aujourd’hui dans des conditions qui n’ont plus rien de commun avec celles qui prévalaient il y a quelques décennies seulement. Alors que l’information était autrefois concentrée dans des cercles restreints, elle est désormais extrêmement diffuse. Dès lors, la principale qualité du diplomate consiste non plus seulement à se procurer les éléments qu’il recherche, mais à évaluer quels sont les éléments vraiment utiles dans la masse des données disponibles. Le « printemps arabe » l’a bien montré : la capacité à ausculter des sociétés complexes et à percevoir les mouvements qui les animent est une qualité indispensable à la conduite de notre diplomatie.

La mission de négociation a elle aussi été l’objet de mutations profondes. Alors que la primauté du droit international, et notamment communautaire, sur la quasi-totalité de nos règles de droit interne est désormais pleinement reconnue, le négociateur se trouve aujourd’hui investi d’une fonction de quasi-législateur. À Paris, à Bruxelles, dans les enceintes multilatérales et dans bien d’autres lieux encore, la diplomatie participe étroitement à l’élaboration de normes dont les effets intéressent directement nos concitoyens.

En matière de communication, là encore, les bouleversements sont évidents. Le temps est loin où le travail d’influence et d’explication politique s’exerçait en direction des élites du pouvoir et de la presse. Aujourd’hui, c’est tout autant aux opinions publiques que doivent s’adresser les diplomates pour faire progresser les positions de leur pays. Pour y parvenir, ils disposent d’outils de communication toujours plus nombreux et sophistiqués. Par-delà les murs de la salle de presse du Quai d’Orsay, c’est maintenant sur Internet, au sein des réseaux sociaux, dans les think tanks et autres relais d’opinion et d’influence que les diplomates doivent être présents pour promouvoir nos valeurs et défendre nos objectifs.

Ce constat d’un renouvellement généralisé des méthodes de travail et d’action peut être étendu à l’ensemble des métiers exercés au sein de notre ministère.

C’est notamment le cas de la mission consulaire, que vous serez toutes et tous conduits à assurer au cours de votre carrière.
Aujourd’hui comme hier, notre réseau consulaire est là pour administrer et protéger les Français partout dans le monde. Cette mission a pris une ampleur que nul n’aurait pu prévoir. Au-delà de la nécessité de servir des communautés en accroissement constant, notre dispositif doit désormais être prêt à apporter aide et protection aux Français dans le monde en toutes circonstances : en cas de crise politique ou de conflit armé, bien sûr, mais aussi en cas de crise environnementale, voire de perturbation sociale ou météorologique majeure. Je me rendrai à Nantes dans quelques jours pour présenter mes vœux au personnel de ce site, où servent de nombreux agents de la direction des Français de l’étranger et des affaires consulaires. Mais je voudrais d’ores et déjà dire aux agents de l’administration consulaire - à Paris comme en postes - que j’ai pleinement conscience de la lourdeur de leur tâche. Ils sont en première ligne pour assurer le soutien aux communautés françaises et la gestion d’une politique migratoire qui soit à la fois humaine, rigoureuse et efficace. Je voudrais leur exprimer ma confiance et mon appui.

Cette mission toujours plus exigeante, la direction des Français de l’étranger et des affaires consulaires et le Centre de crise l’assurent en développant des outils toujours plus performants. Je pense évidemment à notre site internet France diplomatie qui, avec sa page « conseils aux voyageurs », est l’un des sites publics les plus fréquentés par nos compatriotes. Je pense aussi au dispositif Ariane, qui permet désormais à tout Français se rendant à l’étranger de communiquer au ministère des données relatives à son séjour.

Les fonctions de soutien et d’appui aux missions ne sont pas restées à l’écart de ces bouleversements. J’en veux pour preuve l’évolution de notre filière informatique, parallèlement à l’essor des technologies numériques et de cryptologie. Loin des missions qui incombaient autrefois au « chiffre », notre filière « systèmes d’information » supervise et administre des réseaux toujours plus nombreux et complexes. Face à des menaces qui se rappellent régulièrement à nous, elle assume en outre une fonction de sécurité essentielle.

L’organigramme de la direction des Systèmes d’information avait subi d’importantes transformations peu de temps avant mon arrivée. Je n’ai pas souhaité le modifier à nouveau. Il lui revient de faire évoluer nos outils et nos méthodes. C’est la raison pour laquelle je lui ai demandé de me présenter prochainement des propositions sur la correspondance diplomatique de demain. Je souhaite que les agents du ministère, et notamment les plus jeunes, soient pleinement associés à cette réflexion.

Dans le domaine de la coopération culturelle et du développement, là encore, c’est peu de dire que les métiers ont évolué en profondeur. Ceux d’entre vous qui ont connu le ministère de la Coopération, puis les différentes évolutions qui ont affecté les organigrammes de notre ministère, mesurent le chemin parcouru dans la façon de concevoir et de mettre en œuvre notre politique d’influence.

Si les objectifs de cette politique restent les mêmes - renforcer l’influence de la France dans les domaines de l’action culturelle et de la coopération scientifique, universitaire et administrative et articuler cet effort avec les autres volets de notre politique étrangère - les modalités de sa mise en œuvre ont évolué. À Paris, les missions se sont recentrées sur la conception de nos stratégies d’influence, sur l’élaboration de partenariats et sur l’exercice d’une fonction de tutelle sur des établissements aux missions diverses, tels que l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, l’Agence française de développement et les nouveaux opérateurs que j’évoquais tout à l’heure. Dans le réseau, de nouvelles compétences ont quant à elles dû être développées pour coordonner l’action de ces opérateurs, renforcer l’autonomie financière de nos centres et instituts ou organiser des événements culturels qui nécessitent des solutions de financement innovantes.

Je n’achèverai pas ce tour d’horizon sans réserver un sort particulier aux métiers de gestion et d’administration. Je ne suis pas de ceux qui considèrent ces fonctions comme secondaires. Par ma formation, mes mandats locaux, mes responsabilités gouvernementales, je suis bien placé pour savoir qu’il n’y a pas d’administration efficace sans une approche exigeante, humaine et imaginative de la gestion de nos ressources et de nos moyens. Dans le cadre du processus permanent de réforme de l’État, la filière de gestion et d’administration a d’ailleurs vu sa place considérablement renforcée dans la gouvernance du Département. C’est vrai en administration centrale, où l’expertise du gestionnaire devient cruciale pour le succès des politiques mises en œuvre. C’est vrai aussi dans les postes, où la création en 2011 des services communs de gestion répond à la nécessité d’une professionnalisation de la gestion au bénéfice de tous les ministères présents à l’étranger.

Ce propos n’est évidemment pas exhaustif. De la coopération au protocole, des archives à l’analyse juridique, j’aurais pu évoquer bien d’autres métiers, bien d’autres fonctions que vous serez peut-être amenés à exercer au cours de votre carrière au sein de ce ministère.

Toutes ces missions seront pour vous une source d’enrichissement et d’enthousiasme. En administration centrale ou en poste, au sein de l’Union européenne ou dans le reste du monde, en ambassade bilatérale ou au sein d’une représentation multilatérale, elles vous permettront de vivre des expériences uniques et exaltantes.

Je le disais l’été dernier aux auditeurs de l’Institut diplomatique et consulaire : ici, au Quai d’Orsay, il n’y a pas de parcours-type, il n’y a pas de chemin tracé à l’avance. Il n’y a que de larges horizons vers lesquels chacun dessine sa propre voie, au gré de son expertise, de ses aspirations et évidemment, de ses qualités. À cet égard, je souhaite que notre ministère engage une réflexion sur la manière de renforcer la place de la femme dans ses rangs. Nous avons notamment beaucoup à faire en termes d’attractivité, et ce en amont même de nos procédures de recrutement. C’est tout le sens de la mission que j’ai confiée à l’ambassadrice Maryse Bossiere, qui me remettra dans deux mois un rapport sur cette question.

Mesdames, Messieurs,

En cette année qui commence, je voudrais vous redire mon bonheur de travailler avec vous. Je voudrais aussi vous dire ma fierté de diriger ce ministère, un ministère en mouvement, riche de son expertise, de son « savoir-être », de sa capacité de proposition et d’initiative, aussi, fort d’agents passionnés qui ne ménagent pas leurs efforts pour porter la voix de la France dans le monde.

Je vous adresse, à toutes et à tous, mes vœux de succès, pour l’année 2012 comme pour l’ensemble de votre carrière au Quai d’Orsay. J’associe à ces vœux l’ensemble de nos agents, à Paris, à Nantes et dans l’ensemble de nos réseaux. J’y associe vos familles, vos proches, qui partagent pleinement le choix de vie professionnelle qui est le vôtre et qui sont vos meilleurs soutiens dans les périodes de crise.

Nous savons tous que 2012 sera une année très exigeante. Je sais pouvoir compter sur votre engagement et votre professionnalisme pour continuer à donner le meilleur de vous-même, au service de notre pays, du rayonnement de ses valeurs et de la défense de ses intérêts. Vous savez la considération que je vous porte. Je vous remercie de la loyauté qui est la vôtre.

Bonne année 2012 à tous./.

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