Skip to main content

Discours du président de la République Française, Emmanuel Macron, lors de la cérémonie d’accueil à la Maison Blanche

Published on 24 avril 2018
Washington, D.C. - 24 avril 2018
Les remarques du président Macron débutent à 10:30 sur la vidéo.

Monsieur le Président, cher Donald Trump,
Chère Melania,
Chère Brigitte,
Mesdames et Messieurs,
Distingués Invités,

Je vous remercie pour votre accueil et pour l’honneur que vous rendez à la France et à l’amitié franco-américaine. Cette visite d’Etat, la première de votre mandat, consacre la force séculaire des liens qui unissent nos deux pays.

Permettez-moi, avant toute chose, de me joindre à vos condoléances et d’adresser ici les pensées du peuple français à la famille du Président Bush et de me joindre à la tristesse du peuple américain à l’endroit du peuple canadien, suite à la terrible attaque survenue hier à Toronto. Dans ces moments aussi, nous nous tenons ensemble.

Il y a deux siècles, c’est le marquis de La Fayette qui était accueilli ici, de retour aux Etats-Unis, trente ans après la guerre d’indépendance. Il était alors resté près de quatorze mois parmi vous. Mon séjour sera malheureusement plus bref, mais il revêt une signification particulière pour moi, comme pour l’ensemble de mes concitoyens qui nourrissent pour votre peuple, Monsieur le Président, des sentiments anciens, puissants et sincères.

« Dans l’Amérique, j’ai vu plus que l’Amérique », écrivait Tocqueville. Il y avait vu en effet une image de la démocratie elle-même, un idéal qui devait guider nos hommes d’Etat, inspirer le fonctionnement de nos institutions et reconnaitre la place de l’individu libre.

Cher Président TRUMP, l’Amérique incarne pour mon pays tous les possibles, elle est porteuse d’un espoir qui vainc tous les déterminismes et dément les destinées prescrites.

La France, dont on dit qu’elle a retrouvé l’optimisme qu’elle a parfois envié aux Etats-Unis, partage la même aspiration que votre pays à un idéal de liberté et de paix.

Durant les derniers siècles, nous avons tressé nos Histoires au travers de combats communs où, à chaque fois, ensemble, nous avons forgé l’occident et aspiré à l’universel.

Par nos révolutions, dès le début. Nous étions hier soir au Mount Vernon, à la résidence du premier Président des Etats-Unis, George Washington, sur la tombe duquel, avec vous, j’ai tenu à m’incliner. Dans cette demeure, nous avons vu la clé de la Bastille que lui avait envoyée La Fayette, symbole de ce lien indéfectible.

Par nos combats pour la liberté, ensuite, en cette année de commémoration du centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, j’ai souhaité vous offrir un arbre du Bois Belleau, un jeune chêne. De cette forêt du Nord de mon pays où, en 1918, se sont illustrés le courage et le dévouement des soldats américains et en particulier de vos Marines.

Je suis heureux que cet arbre, qui a poussé à côté de la fameuse fontaine Bouledogue, dans la terre où le sang de vos soldats a été versé pour défendre la France, que cet arbre désormais prenne racine ici, devant nous, à la Maison Blanche, en symbole du sacrifice et des combats communs que la France et les Etats-Unis ont menés ensemble.

Ces valeurs, héritées et partagées entre nos deux pays, constituent le socle sur lequel nous devons continuer à bâtir et à écrire ensemble, côte-à-côte, les chapitres de notre histoire contemporaine. Forger l’occident et aspirer à l’universel, tel demeure notre défi aujourd’hui.

C’est ensemble que les Etats-Unis et la France parviendront à vaincre le terrorisme.

La France et l’Amérique y sont toutes deux confrontées, sous des formes diverses, sur nos sols respectifs, au Levant ou en Afrique.

C’est ensemble que nous endiguerons la prolifération des armes de destruction massive, que ce soit en Corée du Nord ou en Iran.

C’est ensemble que nous bâtirons une prospérité nouvelle pour nos peuples, qui passera par la recherche et l’innovation, par un commerce libre et équitable, et par la défense de nos classes moyennes.

C’est ensemble que nous pourrons œuvrer efficacement pour notre planète. Je ne parle pas seulement du climat, mais aussi des océans, de la biodiversité et de toutes les pollutions.

Sur ce sujet, nous pouvons ne pas toujours être d’accord sur les solutions, mais après tout, c’est le lot de toutes les familles, de toutes les amitiés. Mais c’est là aussi que notre avenir et celui de nos enfants se joue.

C’est ensemble que nous pourrons résister à la montée des nationalismes agressifs niant notre Histoire et fracturant le monde. C’est ensemble que nous construirons un nouveau multilatéralisme fort, défenseur du pluralisme et de la démocratie, tandis que se lèvent les vents mauvais.

Car notre culture, notre identité a toujours été d’œuvrer pour nos pays, tout en aspirant à l’universel.

Notre amitié s’est toujours raffermie en se trempant à l’encre des défis qui nous dépassent.

Nous en sommes là. L’Histoire nous appelle. Elle impose à nos peuples de retrouver la force d’âme qui nous a portés dans les moments les plus durs. La France et avec elle l’Europe et les Etats-Unis ont rendez-vous avec leur destin.

Nous n’avons qu’un devoir, Monsieur le Président, cher ami : être à ce rendez-vous.

Merci donc à vous, Monsieur le Président TRUMP et à votre épouse, Melania, pour votre invitation, pour nous offrir l’occasion, avec mon épouse Brigitte, de vous redire notre amitié et pour nous offrir l’occasion d’œuvrer ensemble à ce travail en commun.

Vive les Etats-Unis ! Vive la France ! Merci.

      haut de la page