Skip to main content

« L’OTAN est une manifestation concrète du partenariat qui nous lie aux Etats-Unis et au Canada. »

Published on 19 décembre 2017
Conférence de presse du président de la République en présence de M. Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN (Paris, le 19 décembre 2017)

Mesdames, Messieurs,

J’ai été très heureux donc de recevoir à Paris aujourd’hui Jens Stoltenberg et je le remercie de cette visite.

Nous avions eu l’occasion de nous rencontrer et d’échanger lors de la réunion spéciale des chefs d’Etat et de gouvernement à l’OTAN, le 25 mai dernier, et Jens Stoltenberg est également intervenu jeudi dernier devant le Conseil européen à Bruxelles. Je crois que c’était une intervention très appréciée avant la cérémonie de lancement de la Coopération structurée permanente européenne.

Nous avons discuté à l’instant de l’évolution de notre environnement de sécurité et nous avons ainsi pu aborder l’ensemble des grands sujets qui vont nous occuper dans les semaines et mois qui viennent, alors que nous entrons dans la phase préparatoire du sommet de l’OTAN de juillet 2018. Et je pense notamment à la posture de dissuasion et de défense de l’Alliance, au rôle de l’OTAN en matière de renforcement des capacités de nos partenaires, y compris dans le cadre de la coalition contre Daech, ou encore à l’adaptation des structures de l’organisation.

Je pense que l’OTAN a un rôle extrêmement important à jouer évidemment dans la guerre contre Daech dans la zone irako-syrienne, dans l’après-guerre dans la zone aussi pour continuer à construire des capacités, une sécurité propre justement sur place - mais également en Afghanistan, sur les autres - théâtres d’opérations dans le post conflit, ainsi que sur de nouveaux théâtres d’opérations ; nous avons décidé là-dessus d’échanger de manière très régulière. Plus largement nous avons évoqué l’ensemble des zones de tension au Proche et Moyen Orient et en Afrique, parce que je pense qu’il est important d’avoir cet échange stratégique.

Cette rencontre a aussi été pour moi l’occasion de rappeler la place particulière qu’occupe la France dans l’Alliance. La France considère—et d’ailleurs la revue stratégique dont vous avez dû parler hier soir avec la ministre des Armées vient de le rappeler—que l’OTAN joue un rôle essentiel dans la défense et la sécurité de l’Europe. Et cette organisation militaire est aussi une manifestation concrète du partenariat qui nous lie aux Etats-Unis et au Canada, auquel je suis tout particulièrement attaché.

J’ai pu réaffirmer également au secrétaire général de l’OTAN que la France restera un allié indépendant, exigeant, mais crédible, au sein de l’Alliance ; et la prochaine loi de programmation militaire sera à cet égard un jalon important pour porter à horizon 2025 les ressources de la défense à 2% de la richesse nationale—c’est un engagement que j’ai pris et nous nous mettons en capacité de le tenir. Et nous sommes par ailleurs le troisième contributeur au budget de l’OTAN, nous sommes un des rares alliés à disposer d’un outil de défense éprouvé couvrant l’intégralité du spectre des capacités militaires, et fortement engagés en opération au service de la sécurité de la France, de l’Europe et de l’Alliance.

J’ai également pu réaffirmer la volonté de la France de continuer à contribuer au dispositif de l’Alliance dans le cadre de la défense collective, comme nous le faisons aujourd’hui en Estonie avec la mission Lynx dans le cadre de la présence avancée renforcée—et je me suis d’ailleurs rendu, il y a quelques semaines, auprès de nos troupes sur place et j’ai vu la qualité de l’organisation, du travail qui était mené.

Je voudrais pour terminer rendre hommage au secrétaire général pour nous avoir libérés d’un débat stérile qui avait jusqu’ici fortement handicapé la réflexion collective sur les questions militaires. Le débat consistant à savoir si l’OTAN était compatible avec une Europe de la défense ; et vous avez admirablement montré la semaine dernière en vous exprimant devant les chefs d’Etat et de gouvernement que, oui, d’une manière très décomplexée qui me convient—et vous l’avez rappelé lors de notre échange—une Europe de la défense, c’est une Europe qui se met en capacité de contribuer beaucoup plus efficacement à sa propre sécurité et d’être une composante efficace et crédible au sein justement de l’Alliance.

C’est sous votre impulsion, cher Jens, que les relations entre l’OTAN et l’Union européenne se sont formidablement améliorées et c’est grâce à cela aussi que les deux organisations peuvent aujourd’hui collaborer et que l’Union européenne a pu avancer vers la Coopération structurée permanente que nous avons installé la semaine dernière et à laquelle, vous le savez, je tiens beaucoup, parce que nous avons pu convaincre l’ensemble des Etats membres que cette initiative était compatible avec l’OTAN.

Je me réjouis à nouveau Monsieur le Secrétaire général, cher Jens, de votre présence aujourd’hui, je veux à nouveau vous féliciter comme je l’avais fait le jour même de votre réélection, et vous dire que nous continuerons à travailler étroitement ensemble en toute confiance au service de l’unité et de l’efficacité de l’Alliance et en vue du sommet de juillet prochain. Merci à vous et bienvenue à vous.

      haut de la page